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Ville sauna, Manaus met les joueurs à l’épreuve

La capitale de l’Etat de l’Amazonas propose des conditions climatiques particulières.

L’Italien Immobile, l’Anglais Rooney et les Portugais Beto et Ronaldo ont sué à Manaus.
L’Italien Immobile, l’Anglais Rooney et les Portugais Beto et Ronaldo ont sué à Manaus.
AFP/REUTERS

Qu’il soit midi ou minuit, la température avoisine les 30 degrés. Même lorsque le soleil brûlant s’est couché, le ressenti reste identique: une touffeur désagréable et des vêtements qui collent à la peau. Rien de surprenant si l’on songe que le taux d’humidité s’élève à 80%. Posée au milieu de la forêt amazonienne, Manaus est une ville sauna qu’aucune route ne relie au reste du Brésil. Pourquoi la FIFA l’a-t-elle inscrite au nombre des douze cités hôtes de cette Coupe du monde? La question se pose avec une acuité toute particulière pour ceux qui doivent y jouer, dont la Suisse, bien sûr, arrivée hier soir et qui affrontera demain le Honduras dans des conditions qui, pour elle, pourraient représenter un adversaire supplémentaire.

Manaus, c’est une histoire à peine croyable. Créée en 1669 par les Portugais, désireux alors de contrôler le trafic des marchandises dans la plus grande forêt tropicale du monde, elle a connu un essor fulgurant avec la découverte du latex - et donc la production de caoutchouc - au milieu du XIXe siècle, coïncidant avec le développement de l’industrie automobile. Après une période de marasme, un nouveau boom s’est produit quand Manaus a obtenu le statut de ville franche. Le nombre d’habitants est alors passé de 300 000, dans les années 1950, à 1,8 million. Ce qui en fait la 12e ville du Brésil en termes de population, mais le troisième pôle industriel du pays, après São Paulo et Rio.

La ville a grandi dans un fameux désordre, mélange de tours de 20 étages et de bidonvilles, les richesses nouvelles côtoyant sans vergogne la pauvreté viscérale. Hérité du passage de ceux qui furent alors les «barons du caoutchouc», le Teatro Amazona est posé au centre-ville, copié sur l’Opéra Garnier (Paris), symbole surtout d’une époque et de la folie des hommes. Cette salle de spectacle (700 places) a été bâtie avec les plus beaux matériaux venus d’Europe, dont le marbre de Carrare, les lustres de Murano ou encore 36 000 tuiles vernies qui forment la coupole au motif du drapeau brésilien. En serpentant dans les rues bondées, on finit par atteindre le port. Il est flottant – le niveau de l’eau varie d’une dizaine de mètres entre saison des pluies et saison sèche – et représente la porte d’entrée sur un autre monde, le lieu de rencontre entre citadins et gens de la forêt qui font le commerce des fruits et du poisson sur le Rio Negro, confluent du fleuve Amazone.

82% d’humidité Quant au stade de football, il est superbe! Mais à quoi servira donc l’Arena Amazonia - 42 618 places pour une enceinte qui a coûté quelque 200 millions d’euros - une fois le Mondial terminé, sachant que les meilleures équipes de la ville ne jouent qu’en division inférieure, attirant à peine quelques milliers de personnes? La question s’était posée en Afrique du Sud. Elle conserve tout son sens dans plusieurs villes du Brésil. Les Suisses ont donc grimacé au moment du tirage. Parce qu’il s’agit d’un long voyage, mais surtout parce que les conditions sont particulièrement éprouvantes. Certaines études indiquent que, par grande chaleur, la performance d’un joueur - ses courses surtout - peut être affectée à hauteur de 20%. Gilets rafraîchissants, bacs de glace, et bien sûr hydratation importante, des mesures existent mais il n’y a pas de miracle à attendre. Les joueurs suisses devront se faire violence.

Les Américains l’ont fait dimanche soir, affichant des ressources à la fois morales et physiques leur permettant de renverser le score en seconde période face au Portugal. Outre plusieurs pauses boissons au cours de la rencontre, on a vu des joueurs changer de maillot en seconde période, ou encore s’essuyer des jambes devenues lourdes au fil des minutes. Au moment de quitter le stade, il faisait encore 32 degrés. Le bulletin météo pour demain indique 27 degrés «seulement» au moment du coup d’envoi, avec un risque d’orage et surtout un degré d’humidité à… 82%. L’épreuve qui attend les Suisses s’inscrit vraisemblablement au-delà de la seule performance sportive.

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