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L’invitéeComment convaincre les femmes de se lancer en politique?

Françoise Piron souhaite une répartition des sexes plus égalitaire parmi nos élus.

Une femme qui souhaite se lancer dans une carrière s’entend dire un jour ou l’autre: «Tu verras, tu devras être deux fois meilleure qu’un homme!» «Meilleure», tout le monde comprend, «deux fois meilleure», cela devient tout de même un peu abstrait. Si on entend peut-être moins cette remarque, son esprit persiste toujours. Récemment encore, lorsqu’il s’agissait de commenter le départ d’une femme syndic de la région, vous pouviez lire dans un éditorial que «la casquette de syndique s’est peut-être révélée trop grande pour elle».

En soi, il n’y a rien de stigmatisant dans cette conclusion, et elle aurait même pu être judicieuse, si cela n’était pas sujet à comparaison avec un homme à la fin de l’article. En effet, s’agissant de qualifier un autre membre de l’exécutif fraîchement arrivé à bord, le journaliste notait… qu’il en avait la stature. Comprenez donc bien. Après dix ans à la tête de la Ville, on doute de ses capacités à elle. En fonction depuis à peine deux mois, on lui reconnaît déjà une envergure plus ample.

«Aurait-on parlé cuisine et chiffon pour dépeindre le départ annoncé d’un homme politique?»

Là, pour la femme, il ne s’agit plus d’être deux fois meilleure qu’un homme. Faites le calcul: dix ans pour elle, soit cent vingt mois, contre deux mois pour lui, cela donne quoi au juste? Notons, en passant, le titre figurant à la une du journal: «L’histoire d’un tablier à rendre». Aurait-on parlé cuisine et chiffon pour dépeindre le départ annoncé d’un homme politique?

Le plus ennuyeux dans cette affaire, ce ne sont pas tant les propos d’un homme journaliste en particulier. Il ne s’agit pas non plus de débattre d’appartenance politique. Mais de décrire le sort réservé aux femmes qui se lancent en politique et qui assument une charge. Il est tout de même peu glorieux qu’en 2020 on continue à réduire l’engagement d’une femme dans une fonction politique à une histoire de largeur de casquette et de tablier. Et que, parallèlement, pour un homme, il suffit qu’il débarque pour convaincre qu’il va réussir. Quelque chose nous échappe encore…

Instant crucial

Comment voulez-vous persuader plus de femmes de se lancer en politique? Là est la question. En cette veille de campagne pour les élections municipales, nombre de groupes politiques cherchent à réunir autant de femmes que d’hommes sur leur liste électorale pour tendre vers plus de parité dans la sphère politique. Il est donc crucial d’encourager les femmes à se lancer en politique. Ce sont des petites choses, anodines en soi, qui font le plus grand tort à cette volonté de parité.

Conscientes qu’il y a encore du travail pour que la mixité soit véritablement ancrée dans la société, nous avons décidé de créer un intergroupe composé de femmes au Conseil communal de Lausanne. Il s’agit d’œuvrer pour un espace de parole et d’actes plus respectueux entre les femmes et les hommes en politique. Ceci passe par des mots, des écrits et des attitudes plus responsables, à vous de jouer!

2 commentaires
    Mendriziotto

    Pas n:importe quoi, parce que dans le canton de Vaud et Genève non merci, Mais des karin Keller Suter oui, Mais des cloches des feministes non Elles ont montré leur limites à poil,