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Élections communales à YverdonComment la gauche veut reprendre la main

Trois socialistes et deux Verts se lancent à la conquête de l’Exécutif yverdonnois. Ils taclent la majorité bourgeoise en place, «dominante» et à la politique «qui a fait son temps».

Le camp rose-vert, ici sur sa photo de campagne, affiche une formation destinée à reprendre la majorité et à capitaliser sur son électorat potentiel. La liste est toutefois plus risquée que ce que les partis auraient pu présenter.
Le camp rose-vert, ici sur sa photo de campagne, affiche une formation destinée à reprendre la majorité et à capitaliser sur son électorat potentiel. La liste est toutefois plus risquée que ce que les partis auraient pu présenter.
@Romain Keller

Voici donc le bataillon de choc destiné à reprendre la majorité de la Municipalité d’Yverdon. Minoritaire depuis 2016, le camp rose-vert a présenté ce mercredi cinq candidats, trois socialistes et deux écologistes, soutenu par une alliance de gauche comprenant le POP et Solidarité et Écologie.

Attendus, le municipal des Énergies Pierre Dessemontet et la municipale de la Culture Carmen Tanner prétendent à un nouveau fauteuil. Le discours est offensif et peu collégial. «Nous nous sommes rendu compte que dans d’autres communes il y avait une plus grande recherche de consensus. Ici, la majorité ne cherche pas toujours l’accord de tout le monde. Nous voulons apporter une autre façon de faire de la politique, plus profitable à tous les Yverdonnois», note le député. Les autres candidats critiquent le «tout à la voiture», l’attitude «dominatrice» ou dépassée du PLR «qui ne comprend pas les enjeux actuels».

«Redessiner des projets dont la Ville hérite»

Défendant son bilan minoritaire (le chauffage à distance, la diversité de l’offre culturelle et la politique sociale), la gauche «se donne toute latitude pour redessiner les contours des projets dont la Ville hérite, sans pour autant les annuler», note Carmen Tanner. Une allusion au projet de parking souterrain de la place d’Armes, qui a notoirement divisé roses et Verts.

L’édile sera accompagnée de Benoist Guillard, ingénieur, conseiller communal de 47 ans, figure de Pro Vélo et des Parents d’élèves. Un homme de dossier, juge son parti, confiant. Son nom circulait depuis des mois.

Des surprises

Deux surprises toutefois. Le PS représente Jean-Claude Ruchet. Le municipal de la Cohésion sociale, élu de terrain apprécié mais aussi critiqué dans son camp pour son manque de proactivité. Son dicastère est secoué depuis cet automne par la plainte portée par la Ville contre un de ses hauts fonctionnaires pour abus de fonction, plainte depuis enterrée par le Ministère public. Deux audits sur le service sont en cours et d’aucuns auraient souhaité le remplacer. Risqué? «Il est motivé et il a toute notre confiance», répète la coprésidente Pascale Fischer.

S’y ajoute Brenda Tuosto, 31 ans, ancienne conseillère communale de Grandson. Autrefois chez les Jeunes verts, elle a travaillé dans l’administration yverdonnoise sur la route de contournement et œuvre actuellement sur la mobilité de la ville de Bienne. «Inconnue et parachutée» souffle déjà la droite; «excellente candidate», défend la gauche, qui compte sur le vote femme. Pressentie de longue date, la présidente du Conseil Natacha Ribeaud Eddahbi a récemment décidé de ne pas se présenter «cette fois» pour raisons professionnelles et personnelles.

Avec des profils plus risqués qu’attendu, la gauche devra sans doute faire plus d’efforts pour réveiller son potentiel électoral, soit 52% des bulletins cumulés aux fédérales de 2019. Le camp rose-vert-rouge milite pour une relance post-Covid – 75 francs de bons d’achat par Yverdonnois – une lutte contre les îlots de chaleur ou encore une politique «plus attractive» pour la ville et son centre, n’hésitant pas à aller sur le terrain du camp d’en face.

4 commentaires
    Cineman

    On est dans la mouise