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Occasion ratéeComment le site de la Providence a filé sous le nez de Vevey

La Municipalité, qui a toujours marqué son intérêt, s’étonne de la vente au groupe Orllati. Et assure qu’elle veillera au respect de l’intérêt collectif.

Finalement, le groupe Orllati a acquis les parcelles du site de la Providence, à la grande surprise des autorités veveysannes.
Finalement, le groupe Orllati a acquis les parcelles du site de la Providence, à la grande surprise des autorités veveysannes.
Gérald Bosshard

La nouvelle a déconcerté plus d’un Veveysan. Comme l’a relaté «24 heures» ce jeudi, la Fondation des hôpitaux de la Riviera a vendu les 11’000 m² du site de la clinique de la Providence à la société Orllati Real Estate SA. Celle-ci y prévoit des logements d’utilité publique, une crèche et des appartements protégés.

Au final, l’une des toutes dernières parcelles d’importance file sous le nez de la Ville dont l’intérêt était connu depuis des années en vue d’y construire un EMS et des logements protégés en partenariat avec la Fondation Beau-Séjour. Plusieurs édiles s’en sont étonnés lors du Conseil communal de jeudi soir.

À commencer par Patrick Bertschy (PLR), intéressé à connaître les dessous de l’affaire et de savoir pourquoi la Ville n’avait pas exercé son droit de préemption. Le plan des investissements prévoyait d’ailleurs une ligne – sans montant – pour un achat du site.

La Municipalité «surprise»

Le municipal du logement Michel Agnant a avoué ne pas s’expliquer le pourquoi de cette transaction sans contact préalable. «Nous en sommes désolés, mais nous ne sommes pas restés les bras croisés», a-t-il ajouté en rappelant l’intérêt marqué de la Ville ces dernières années et l’engagement d’un consultant externe sur ce dossier. Élina Leimgruber et le municipal Jérôme Christen ont confirmé «des contacts réguliers». «En apprenant la nouvelle en octobre, nous avons été surpris», a ajouté la syndique.

Contacté ce vendredi, Pierre Rochat, président de la Fondation des hôpitaux de la Riviera, ne souscrit pas: «La Commune savait parfaitement que des investisseurs avaient manifesté leur intérêt. Oui, elle avait dit qu’elle était potentiellement intéressée, mais elle n’a jamais articulé de montant. Je n’ai pas eu le sentiment non plus que la Ville voulait ou pouvait acquérir. Par ailleurs, quand une Commune voit un investisseur de qualité se profiler, elle doit laisser faire, elle ne peut pas tout acheter. De mon point de vue, elle fait une bonne affaire.»

Pas rentable pour la Ville

Concernant le droit de préemption, Patrick Bertschy a toutefois insisté jeudi soir: la Ville a-t-elle misé? Michel Agnant a expliqué qu’en vertu de la LPPPL, la Commune aurait été appelée à réaliser 100% de logements d’utilité publique. Sous-entendu: les projections ne laissaient pas entrevoir une rentabilité satisfaisante.

Ce n’est donc pas un manque de réaction qui est en cause, ni, a priori, le prix d’achat du site, sur lequel la Commune aurait pu imaginer de s’aligner. Du reste, quel est-il? Le municipal se refuse à donner le chiffre, tout comme la fondation. Mais de source bien informée, le montant s’élève autour des 26 millions.

Des garde-fous

De son côté, Antoine Dormond (Les Vert.e.s) s’est dit «déçu». Et inquiet: «Risque-t-on une nouvelle verrue urbanistique?» a-t-il lancé. Et d’insister sur l’importance de préserver la qualité paysagère de ce poumon vert. Notamment: la revalorisation de la rivière Oyonne et la préservation de l’arborisation.

«Nous allons être très vigilants sur la suite des opérations, a assuré Michel Agnant. Des négociations sont en cours.» Jérôme Christen a ajouté que «les exigences que nous avons eu envers la Fondation seront les mêmes pour les acquéreurs et nous insisterons pour que soit respecté l’intérêt public du projet».

4 commentaires
    Yvan Dressompert

    Le municipal se trompe en disant qu’il faudrait réaliser 100% de logements d’utilité publique (LUP). C’est 70% seulement selon la loi s’agissant d’un immeuble acquis selon le droit de préemption