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AboNeuvième art à Genève
Comment va se dessiner le Musée de la BD

Une projection graphique du futur Musée de la bande dessinée. La nouvelle institution ne devrait pas ouvrir ses portes avant fin 2026, début 2027.
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Dans les starting-blocks, ils n’étaient pas moins de 80. Une ribambelle de bureaux d’architecture suisses et étrangers intéressés par l’appel d’offres lancé dans le cadre de la rénovation de la Villa Sarasin au Grand-Saconnex, écrin du futur Musée de la bande dessinée. Au final, c’est l’atelier d’architecture genevois Ykra, installé dans le quartier de Plainpalais, qui a été choisi par le Canton, la Ville du Grand-Saconnex et l’Association pour un musée de la bande dessinée (AMBDI). Une décision signifiée mi-février. 

«Nous voulons respecter la sève historique de cette maison patriarcale.»

Youri Kravtchenko, fondateur et directeur de l’atelier d’architecture genevois Ykra

Que s’est-il passé depuis? «On a travaillé d’arrache-pied», résume Youri Kravtchenko, le fondateur et directeur d’Ykra. Le point sur le concept proposé par une équipe spécialisée tout à la fois dans la construction et la transformation de bâtiments, la décoration, la scénographie et la conceptualisation-fabrication de meubles et d’objets inédits. Présidé par le conseiller d’État Thierry Apothéloz, le comité de pilotage du futur musée a demandé à Ykra de foncer. Enfin, façon de parler. «Les délais sont plus serrés que ceux d’un projet architectural classique», admet Youri Kravtchenko. Il n’empêche que l’ouverture du Musée ne s’effectuera pas avant fin 2026, début 2027.

Projection graphique du futur Musée de la bande dessinée.

D’ici là, comment le bâtiment de style florentin construit entre 1830 et 1833 va-t-il se transformer en institution muséale? Avant d’évoquer l’intérieur de la Villa Sarasin, il faut parler de son pourtour. «On a repensé les aménagements extérieurs, afin d’utiliser les attraits du parc Sarasin, actuellement sous-exploités», détaille le patron d’Ykra. «Par ailleurs, l’entrée sera revue, avec un accès facilité pour les personnes à mobilité réduite. Cela implique un perron élargi, et la création d’une terrasse susceptible d’accueillir un café/librairie.»

Acheminements améliorés

La végétation va également évoluer. Objectif: améliorer les acheminements entre la Ferme et la Villa Sarasin, depuis le chemin Edouard-Sarasin qui longe les deux bâtiments. Les accès pour les bus seront également rectifiés. Faut-il s’attendre à d’importantes modifications à l’intérieur de la Villa? Transformée une première fois en 1957 (ajout d’un escalier, pièces divisées), la belle demeure a été rénovée en 1993, sans faire l’unanimité. «Nous voulons respecter la sève historique de cette maison patriarcale, ne pas aller à l’encontre du bâtiment, en conservant ou en retrouvant ses parties d’origine», assure Youri Kravtchenko. Idéalement, et comme le projet initial d’Ykra le souligne, le visiteur devrait ressentir «la sensation (plus ou moins fictive) d’être invité à la visite privée d’une maison d’un.e hôte (plus ou moins fantasmé.e)». 

La Villa Sarasin dans son état actuel.

Pour autant, il s’agit dans un contexte historique de donner à la Villa un visage de musée. Pour ce faire, Ykra a choisi l’option d’une «boîte à outils» scénographique - réversible et flexible - apte à la conception d’expositions aussi multiples que différentes. Capable d’accessoiriser à la guise les salles selon plusieurs modalités d’intervention, cette «boîte à outils» se composera d’un escalier tournant, de mobilier et de systèmes d’éclairage. Dans le détail: portes, spots, rideaux, stores extérieurs, vitrines, socles, étagères, cimaises et autres supports audiovisuels offriront aux futurs commissaires d’exposition toutes sortes de possibilités d’installation. 

Un fragment de l’intérieur de la Villa Sarasin, lors d’une exposition organisée par Artgenève en 2019. 

La possibilité d’obscurcir complètement le bâtiment existera également, «ce qui n’est pas le cas dans de nombreuses institutions équivalentes, alors même que cela fait partie des concepts muséaux modernes», précise notre interlocuteur.

Code couleur

Surprise: des fresques historiques ont été découvertes à différents endroits de la Villa Sarrasin. Youri Kravtchenko et Ykra comptent bien en tenir compte: «On aimerait revenir à un état général où la colorimétrie est plus soutenue, en cohérence avec la bande dessinée.» Conséquence: les pièces du futur musée ne seront pas à dominante blanche. «Chacune aura son code couleur, par exemple le parme, le sauge ou un camaïeu de bleu. Ces teintes sont à même de changer, d’évoluer avec le temps. Rien n’est imposé.»

L’intérieur d’une des salles du futur Musée de la bande dessinée, avec son code couleur.

Pour ce work in progress, Ykra a travaillé en étroite collaboration avec un comité de pilotage motivé dont l’architecte Laurent Chenu. Au sein de ce bureau fondé en 2012 et réputé notamment pour la création du Café de La Plage au Grand Théâtre et pour l’aménagement du Buffet de la Gare à Lausanne, une large équipe de collaborateurs est impliquée. Parmi elles, l’architecte Raphaël Bonbon, mobilisé à 100% par le projet. Des comptes à rendre? Oui, au fameux comité de pilotage, dans lequel figure notamment Zep. Pour Youri Kravtchenko, «c’est un exercice d’équilibrisme entre les choix, les doutes, et les rêves de chacun». Avec, toujours – c’est le mantra d’Ykra – l’envie d’y insuffler de la narrativité. Comme dans une bonne BD… 

Plan de coupe du futur Musée de la bande dessinée.