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Coloscopie du «foot business»

LONDON, ENGLAND - MAY 21: Antonio Conte, Manager of Chelsea and Roman Abramovich, Chelsea owner pose with the Premier League Trophy in the changing room after the Premier League match between Chelsea and Sunderland at Stamford Bridge on May 21, 2017 in London, England.  (Photo by Darren Walsh/Chelsea FC via Getty Images)
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Il est de bon ton de vomir son dégoût du foot business lorsqu’une star signe un contrat mirobolant. Ou qu’un transfert est valorisé en dizaines, voire en centaines de millions de francs.

Il est tout aussi tendance de souligner avec aplomb que ces billets font perdre le sens de la réalité à ces joueurs, souvent très jeunes, qui ne connaissent plus le prix du pain ou de l’électricité. Pour une poignée d’entre eux, ce rôle de bouc émissaire du peuple est assurément mérité.

Ce qui est injuste, c’est de s’arrêter à ces têtes qui dépassent. Car elles ne doivent pas être tenues pour seules responsables des dérapages d’un secteur.

Certaines stars du football perdent la boule. Mais peut-on vraiment leur en vouloir quand ceux qui «s’occupent» de leurs carrières dérapent au quotidien?

C’est ce que montre avec acuité notre enquête réalisée avec un consortium international de médias, nourrie par des millions de documents provenant de six entreprises basées à Chypre. «Cyprus Confidential» a permis de décortiquer les pratiques souterraines d’un sport qui profite des projecteurs des stades pour faire ce qu’il veut dans l’ombre.

Roman Abramovitch, président à succès de Chelsea durant dix-neuf ans, tout le monde connaît. Les dépenses inconsidérées – plus de 2,3 milliards – en transferts de l’oligarque russe sanctionné par la communauté internationale pour sa proximité avec Vladimir Poutine, aussi. Mais la manière dont il a agi loin des yeux des autorités du football et des fans, ça, peu de monde en a conscience.

C’est une véritable coloscopie des intestins du foot business que nous vous proposons (pages 26 et 27 du «Matin Dimanche» du 19 novembre). Elle permet d’identifier plusieurs cellules cancéreuses qui constituent la tumeur. Celles-ci se développent, ici, dans une galaxie de sociétés écrans basées dans les îles Vierges britanniques, le Delaware, à Chypre, à Dubaï ou en Russie, dans une sorte de carrousel invisible qui permet de faire tourner les millions. Commissions occultes et bonus secrets, trafic de joueurs harponnés alors qu’ils sont parfois mineurs, arrangements entre puissants, prêts entre amis pour favoriser un transfert ou un club, la panoplie des dérives semble sans limite.

Alors oui, certaines stars adulées perdent la boule. Mais peut-on vraiment leur en vouloir quand ceux qui «s’occupent» de leurs carrières dérapent au quotidien? C’est surtout à leur niveau que le foot business est réellement écœurant.