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France Condamné à 20 ans de prison pour une attaque à l’acide sur son ex-femme

La justice française a reconnu coupable de complicité d’actes de torture un Albanais de 52 ans qui avait commandité le vitriolage de son ex-épouse en 2006 à Chambéry.

L’accusé n’a eu aucun mot de réconfort pour son ex-épouse, absente à l’audience
L’accusé n’a eu aucun mot de réconfort pour son ex-épouse, absente à l’audience
Keystone 

Un Albanais de 52 ans, jugé en France pour avoir commandité l’agression à l’acide sulfurique de son ex-femme en 2006, a été condamné samedi à 20 ans de réclusion criminelle.

Brûlée au visage et au corps

Nexhmédin Dardha, reconnu coupable de complicité d’actes de torture ou de barbarie aggravés, a accueilli le verdict impassible à la cour d’assises de la Savoie (est).

De nationalité albanaise mais ayant longuement vécu en France depuis les années 1990, il s’est déclaré «innocent» des faits reprochés.

Il n’a eu aucun mot de réconfort pour son ex-épouse, absente à l’audience et pour qui «la peur et la douleur sont toujours là», comme l’a précisé le conseil de cette dernière Me Frédéric Verron, dans sa plaidoirie.

Le 14 septembre 2006, l’ex-femme de l’accusé avait été aspergée d’acide sulfurique par un individu ganté et encagoulé, devant chez elle, à Chambéry, dans les Alpes françaises, alors qu’elle rejoignait son véhicule, entourée de ses deux filles.

La victime avait été brûlée au deuxième et troisième degrés, au visage et au corps.

«Je vais t’effacer car tu m’as humilié»

Immédiatement, l’ex-époux de la victime et père des deux enfants avait été soupçonné d’être le commanditaire de cette agression, depuis l’Albanie où il avait trouvé refuge. L’absence d’accord d’extradition avec la France l’avait protégé jusqu’à son interpellation en 2019 lors d’un voyage en Italie. Il avait été ramené en France dans le cadre d’un mandat d’arrêt international.

Deux hommes de main de l’accusé ont été condamnés en 2009 à dix et cinq ans de prison dans le cadre de cette affaire, lors d’un premier procès.

En commanditant le vitriolage de son ex-épouse, «il a dit «je vais t’effacer parce que tu m’as humilié»», avait déclaré l’avocate générale Nathalie Hermitte dans son réquisitoire, alors que la victime, dont l’accusé avait divorcé en 2004, avait refait sa vie avec un autre homme.

Il la considérait comme «une femme à abattre», comme l’avait révélé l’enquête.

En 2006, la victime avait déjà porté plainte à deux reprises contre son ex-mari, pour sabotage de son véhicule et menaces de mort. Elle a depuis changé d’identité, comme ses enfants, pour des raisons de sécurité.

AFPE