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Conférences à Morges
L'incontinence, ce mal tabou qui touche un demi-million de Suisses

Illustration vectorielle d’un jeune homme souffrant d’incontinence urinaire, debout avec douleur à l’aine.
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En bref:
  • L’incontinence en Suisse reste largement taboue, affectant pourtant des centaines de milliers de personnes.
  • L’isolement et la honte empêchent souvent les patients de chercher de l’aide.
  • Des traitements efficaces existent, mais nécessitent d’oser demander de l’aide médicale.
  • L’incontinence touche aussi des jeunes, souvent liée à des facteurs neurologiques ou physiques.

L’incontinence a beau toucher plus d’un demi-million de personnes en Suisse, elle reste largement taboue. Les individus concernés préféreraient souvent éluder le sujet, et cela même face au corps médical. Afin de lever le voile sur cette souffrance dissimulée, la Société suisse d’aide aux personnes incontinentes organise ce jeudi une soirée de conférences à l’hôpital de Morges.

«Depuis tout petit, on nous fait comprendre que le pipi et le caca sont des choses privées, soulève Nuno Grilo, médecin au service d’urologie du CHUV et invité de l’événement. On nous apprend à être pudiques et à nous cacher derrière une porte pour faire nos besoins. Cela ne rend pas service plus tard, lorsqu’il s’agit de partager ses soucis avec autrui.»

La crainte de déranger, mêlée à un sentiment de honte et à une méconnaissance des traitements existants, implique que de nombreux patients traînent leur condition durant des années. Or, les conséquences d’une incontinence non traitée peuvent être dramatiques sur le plan psychologique. «La peur est constamment présente, et la qualité de vie des patients se trouve donc considérablement réduite», alarme Karin Kuhn, directrice de l’organisme à but non lucratif.

Risques d’isolement extrême

C’est également le constat dressé par Céline Duvoisin, médecin cheffe en chirurgie et spécialiste en proctologie à Morges. «Il est fréquent que les individus souffrant d’incontinence fécale s’isolent complètement, quitte à refuser des invitations ou à s’interdire des voyages, déplore-t-elle. Les rares fois où ils sortent, par exemple pour faire leurs courses, ils prennent avec eux des rechanges et des protections et repèrent les toilettes sur le chemin.»

«On entre ensuite dans un cercle vicieux car cette isolation et ce manque d’activité entraînent une perte des facultés physiques, rebondit Nuno Grilo. L’incontinence urinaire ne s’améliore pas spontanément. Si on ne cherche pas de solutions, elle s’aggrave progressivement.»

Traitement et prévention

La bonne nouvelle, c’est qu’une panoplie de traitements existe – aussi bien pour l’incontinence anale qu’urinaire - et que ceux-ci promettent des résultats encourageants. Mais encore faut-il oser demander de l’aide. «On fait régulièrement face à des personnes qui pensent que l’incontinence urinaire est une fatalité et qu’il n’y a pas de solution. Parfois, même leur médecin généraliste ou spécialiste leur a dit qu’il fallait apprendre à vivre avec.»

Certaines habitudes préventives peuvent néanmoins être prises. «On préconise une hydratation correcte, une attente moindre avant d’aller aux WC, de même qu’une retenue sur le tabac, le café ou les denrées pimentées, détaille Nuno Grilo. Des séances de rééducation du plancher pelvien peuvent aussi être effectuées chez un physiothérapeute spécialisé.»

Dans le cas de figure où ces mesures conservatrices ne fonctionnent pas, d’autres pistes peuvent être suivies. «Pour soigner l’incontinence d’effort (ndlr: fuite survenant à l’occasion d’un effort), on trouve des chirurgies plus ou moins invasives, explique l’urologue. Dans le cas d’une incontinence d’urgence (ndlr: perte involontaire d’urine due à une contraction soudaine et incontrôlable de la vessie), on peut opter pour des traitements médicamenteux qui visent à calmer l’hyperactivité de la vessie, des injections de botox et la neuromodulation, soit sur forme de patches collés au niveau de la cheville, soit d’un «pacemaker vésical.»

Les jeunes pas toujours épargnés

Bien que dans l’imaginaire populaire, l’incontinence soit généralement associée à la vieillesse, elle est en fait multifactorielle. Il n’est donc pas rare qu’elle atteigne des patients plus jeunes. «Par exemple des personnes souffrant de problèmes neurologiques ou ayant subi un traumatisme de la colonne vertébrale ou obstétrical», énumère la proctologue Céline Duvoisin. Son confrère Nuno Grilo mentionne quant à lui l’arrivée de la ménopause, l’accouchement ou encore le vieillissement des muscles du plancher pelvien.

«Incontinence urinaire et fécale – une souffrance dissimulée.» Manifestation publique et gratuite organisée par la Société suisse d’aide aux personnes incontinentes. Hôpital de Morges, jeudi 30 janvier 2025 dès 17 h 45.

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