Tremblement de terre de l’OvailleCorbeyrier et Yvorne se souviennent des 300 victimes
Le 14 mars 1584, un éboulement dû à un fort séisme a détruit les deux villages. Une remémoration a lieu ce jeudi.

Le 11 mars 1584, un tremblement de terre de magnitude 5,9 secouait le Chablais. Ressenti jusqu’à Lausanne, il annonçait, surtout, le grand malheur qui, trois jours plus tard, allait fondre sur Corbeyrier et Yvorne, ensevelis sous 2,7 millions de mètres cubes de gravats. Le terrain recouvert par les éboulis porte aujourd’hui le nom d’Ovaille qui vient du vieux français «orvale» ou «orvaille» signifiant tempête, ouragan ou désastre.

Le 14 mars 1584, les deux villages furent détruits par l’effondrement d’un des compartiments du massif de la tour d’Aï. L’avalanche de gravats est descendue de la combe de Luan par le vallon de Corbeyrier. La surface d’où s’est détachée la masse de rochers, au-dessous du petit plateau de Plan Falcon, est encore visible. Il s’agit d’une moraine de graviers, de sable et d’argile qui s’est transformée en lave torrentielle.
Un secteur instable
«Le tremblement de terre n’est pas la cause principale de l’éboulement, précise Jean-Luc Epard, professeur de géologie à l’Institut des sciences de la Terre de l’Université de Lausanne. Il a accéléré l’effondrement d’un secteur détrempé et instable.»
Selon une étude de l’UNIL, la catastrophe fit plus de 300 victimes, dont le souvenir est ravivé ce jeudi, lors d’une réunion mise sur pied par la Municipalité d’Yvorne. La lave torrentielle recouvrit plus de 700 animaux, 69 maisons, 126 granges et cinq moulins. Le village d’Yvorne fut reconstruit plus au sud-est. Et, sur les éboulis de calcaire, on fait depuis longtemps ce que beaucoup considèrent comme le meilleur chasselas d’Yvorne. Même si l’Ovaille appartient officiellement à la Commune de Corbeyrier.
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