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Faune sauvage en ville
Un jeune chamois repêché dans le Léman

Agé d’environ 1 à 2 ans, le chamois s’est égaré à la route de Chatacombe, avant de fuir vers le lac.

«C’était vers 10 h, mardi, j’étais affairé sur le lac dans mon bateau de travail, quand j’ai aperçu un animal qui courait sur la pelouse de la piscine de Corseaux-Plage. Ça m’a surpris, je me suis rapproché et j’ai vu que c’était un chamois! Il a fini par sauter à l’eau et est parti à la nage direction Saint-Gingolph. J’ai appelé le surveillant de la faune pour savoir comment procéder», relate le garde-port de Vevey, encore un peu émotionné par cette rencontre insolite.

S’est ensuivi un sauvetage tout aussi singulier. Après avoir fabriqué un lasso, le garde-port se lance à la poursuite du jeune ongulé, qu’il réussit à ramener à bord sain et sauf après une bonne quinzaine de minutes. «Il respirait fort et son cœur battait vite. J’ai donc mis mon t-shirt sur sa tête pour lui cacher les yeux, ce qui lui a permis de s’apaiser. Ensuite, j’ai pu lui attacher les pattes pour éviter qu’il ne ressaute dans l’eau, et on est retourné vers la rive.» Arrivés entre-temps, le surveillant de la faune Jean-Marc Duc et deux agents de Police Riviera lui portent assistance.

Dans les vignes

Peu auparavant dans la matinée, le jeune chamois, un mâle de 1 à 2 ans et demi, avait été aperçu à la route de Chatacombe à Corseaux, un quartier résidentiel. «Il a surgi vers l’arrêt de bus et semblait désorienté. Un chamois ici, c’est assez incroyable», commente une habitante.

«Il y en a une belle population dans la zone de Puidoux à Villeneuve, nous apprend Jean-Marc Duc. Parfois certains, des jeunes en général, s’aventurent dans les vignes, surtout en cette période de l’année. Il arrive qu’ils soient dérangés par des travaux par exemple, prennent la fuite et s’égarent». Les cas restent toutefois rares. Parmi les derniers en date, l’escapade en 2022 dans les rues lausannoises de celui qui fut baptisé «le Prince de Bel Air», lieu où il avait été capturé avant d’être ramené en lisière de forêt. En 2013, toujours à Lausanne, un autre était tombé nez à nez avec une patrouille de police au parc de Milan. Endormi à la seringue hypodermique, il avait été remis en liberté au Mont-Pèlerin.

Pour le chamois corsalin, l’aventure s’est également bien terminée, puisqu’il a été relâché le matin même aux Pléiades. «D’habitude, on leur met une marque auriculaire pour pouvoir l’identifier par la suite. Mais là, je n’avais pas le matériel adéquat avec moi et ne voulais pas le retenir encore», note Jean-Marc Duc. Quant au garde-port, il en garde une entaille à la main, sans gravité: «Juste un petit coup de corne. Je ne pensais pas qu’elles étaient si pointues!»

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