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En fêtant ses Bleus, Paris prend une douce revanche

Marquée dans sa chair ces dernières années, la Ville Lumière a réservé un triomphe aux nouveaux champions du monde.

Une foule impressionnante s'est réunie sur les Champs-Elysées à Paris pour accueillir les champions du monde.
Une foule impressionnante s'est réunie sur les Champs-Elysées à Paris pour accueillir les champions du monde.
Reuters
Une foule impressionnante s'est réunie sur les Champs-Elysées à Paris pour accueillir les champions du monde.
Une foule impressionnante s'est réunie sur les Champs-Elysées à Paris pour accueillir les champions du monde.
Keystone
La foule a afflué en masse sur les Champs-Elysées dès 9 heures lundi.
La foule a afflué en masse sur les Champs-Elysées dès 9 heures lundi.
Keystone
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Les Bleus ont gagné. Les Parisiens les ont attendus des heures lundi après-midi, patients et joyeux, «collectifs» à l’image de l’équipe de Didier Deschamps.

Le resto chic Fouquet’s s’est barricadé derrière des planches de bois, le drugstore Publicis répare les dégâts causés la veille par des casseurs. L’avenue des Champs-Élysées, débarrassée pour un soir de son vernis touristique, est prête à accueillir les champions du monde dans son plus simple appareil.

«C’est le premier rassemblement auquel j’assiste depuis «Charlie», au lendemain des attentats de janvier 2015, témoigne Bouchra, 24 ans, venue de Saint-Cloud. Voyez, ce n’est pas vraiment la même ambiance.» Sur la pancarte que Bouchra brandit fièrement, on peut lire: «Et à la fin, c’est toujours N’Golo Kanté qui gagne.» Kanté, le «petit» de l’équipe, (1,69 m), «l’homme aux trois poumons, celui qui ne lâche rien», commente Bouchra, conquise par le côté antistar du milieu de terrain des Bleus.

La marque parisienne

Ils sont des dizaines de milliers à se masser sur l’avenue en pente douce, à regarder du côté de la Concorde, attendant les Bleus, les leurs, ceux de 2018. Pour Paris, c’est une douce revanche. Sur cette équipe de 1998, plus marseillaise, «zidanaise». Les Bleus de la deuxième étoile sont pour un bon tiers Parisiens, du moins Franciliens.

Si l’ambiance était moins collective, on verrait les communes d’île-de-France porter haut leurs couleurs. Bondy d’abord, en Seine-Saint-Denis, qui a vu grandir le phénomène Mbappé. Roissy-en-Brie, où a «explosé» Paul Pogba. Fontenay-sous-Bois, où s’est formé Blaise Matuidi. Ou encore Suresnes, ville de Kanté, Colombes pour Nzonzi, Éragny pour Kimpembé, etc. Autant de banlieues parisiennes dont on a dit tant de mal et qui préparent l’avenir du foot français.

«Les Bleus de 2018 sont plus forts que ceux de 1998. Ils sont plus collectifs et puis ils valent 1 milliard»

«Les Bleus de 2018 sont plus forts que ceux de 1998, jurent Yves et Naïm, du FC Puteaux. Ils sont plus collectifs et puis ils valent 1 milliard.» Allusion à la somme de leurs valeurs marchandes. Yves et Naïm n’étaient pas nés en 1998 et sont fiers d’avoir enfin «leur» Coupe du monde.

«Revanche» aussi, si l’on peut dire, sur des années sombres, celles des attentats parisiens. Cela fait du bien de se retrouver autrement que dans le deuil. Simplicité, collectif, joie sont les mots du jour.

Un slogan dépassé

Black-blanc-beur? Le slogan n’a plus cours. «C’est dépassé, aujourd’hui c’est plutôt le melting-pot, on a tous intérêt à se mixer», prêche Will Iat, du groupe French Urban Touch, venu de Villepinte célébrer la victoire des Bleus. Et c’est vrai que la foule est métissée, diverse, multiple. On peut rêver.

«Giroud symbolise bien cette équipe, où règnent la discrétion, l’abnégation. Il ne marque pas mais fait marquer les autres»

Sur les Champs-Élysées garnis de drapeaux tricolores, les numéros 7 de Griezmann – achetés sans doute avant le Mondial – dominent. Mais on voit aussi fleurir les 10, celui porté par Mbappé, les 9, qui est sur le maillot de Giroud. Derrière le collectif, chacun choisit sa couleur, sa tendance. Pour Roland, c’est Giroud: «Il symbolise bien cette équipe, où règnent la discrétion, l’abnégation. Il ne marque pas mais fait marquer les autres», témoigne ce cadre supérieur, heureux de pouvoir enfin parler foot sans en avoir honte. «Chez nous, les cadres sup, on a un peu le foot honteux; le rugby c’est plus chic.»

«Les ego, c’est terminé!»

Le 10 fait presque l’unanimité. «Mbappé est génial et il ne se la raconte pas, résume Marvelino. L’époque des ego surdimensionnés, des Cantona, c’est terminé!»

Après des heures d’attente, une fumée bleue monte sur le bas des Champs. Voilà enfin la «papamobile» des Bleus: le bus à impériale entame sa course triomphale. Et c’est le délire. Le bus monte, vite, trop vite. Comme une voiture du Tour de France. Pas le temps d’entamer une conversation avec les héros, de leur parler stratégie, de voir si Pogba est aussi amusant qu’à la télé, si Griezmann s’est enfin détendu, si Lloris s’est remis de son erreur… Ces messieurs sont attendus par le président à l’Élysée.

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