Johan Djourou, il donne toujours tout, on ne lui pardonne rien

Equipe de SuisseLe défenseur genevois devrait remplacer Schär mardi contre la Suède. Au grand dam d’une partie du pays. Injuste?

Johan Djourou fait fi aux critiques, il est déjà concentré sur ce match contre la Suède.

Johan Djourou fait fi aux critiques, il est déjà concentré sur ce match contre la Suède. Image: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

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Les attaques ad hominem s’appuient sur du vent, par définition elles visent la personne plus que la fonction. Alors puisque la fin est censée justifier les moyens, il faut tirer à boulets rouges, vaille que vaille, sans même s’interroger. À 31 ans, Johan Djourou a appris à vivre avec la critique, mais aussi à composer avec le feu nourri des jugements péremptoires, venus d’une partie de la presse d’outre-Sarine qui déconsidère au mieux le joueur, au pire l’homme. Là, ses performances sportives s’évanouissent dans un néant qui ne dit pas son nom, chacun de ses gestes est frappé du sceau de l’incompétence et des sondages délicieusement orientés établissent de fausses vérités.

Mardi, pourtant, à moins d’un invraisemblable coup de poker ou d’une blessure, c’est le Genevois qui sera aligné à côté de Manuel Akanji, en défense centrale, pour le huitième de finale entre la Suède et la Suisse. On n’imagine pas Vladimir Petkovic lancer dans ce bain-là Nico Elvedi. L’expérience internationale de Djourou, les grands tournois qu’il a déjà disputés, sa carrure au sens propre comme au figuré: tout parle pour lui. Mais alors pourquoi tant de haine?

On écrit «haine» sans le dire vraiment: une partie de la presse alémanique s’acharne à décrédibiliser le joueur, c’est plus ça. Cela donne des critiques aveugles, des notes grotesques et de grands haussements de sourcils à la simple évocation de son nom. La systématique trahit le parti pris. Elle existait bien avant la saison compliquée (blessures) de Djourou à Antalyaspor.

Très bonnes performances

Pourtant, pour examiner le parcours du Genevois lors des qualifications, rien ne devrait lui valoir pareille défiance. Sur les dix matches des éliminatoires, il était sept fois titulaire, ne manquant que trois rencontres sur blessure, ainsi que le barrage contre l’Irlande du Nord. Bilan: la défense suisse avec Djourou n’a encaissé que quatre buts durant ces sept matches. Dont le premier des Portugais, à Lisbonne en octobre passé. Beaucoup se sont empressés de lui en attribuer la faute, puisqu’il s’agissait d’un autobut, épargnant un Sommer plus concerné dans les faits.

Personne ne dit que Djourou est toujours irréprochable. Non, il a ses hésitations, comme d’autres. Tiens, comme ce Fabian Schär de 2018, à des années-lumière de son niveau lors de l’Euro 2016. Il est le maillon faible de la défense helvétique lors de ce Mondial, Mitrovic en sait quelque chose, mais il est au bénéfice, lui, d’une belle mansuétude. Mais comment Djourou vit-il tout cela? «Je ne suis pas le genre à écouter les critiques, assure-t-il. Je sais que c’est humain d’oublier ce qui a été fait dans le passé. Moi, je reste concentré et on verra si je serai sur le terrain contre la Suède.»

Pas de souci avec Akanji

Pas de sentiment revanchard. Les persiflages tannent le cuir et il en a déjà eu son compte. On devine pourtant l’orgueil dans le regard. L’idée de partager avec Manuel Akanji un moment de gloire mardi soir, même si cette aspiration demeure muette, comme encore étranglée en gorge. On lui a même objecté d’être possiblement à l’origine de bouleversements qui n’auront pas lieu: si Djourou a disputé les qualifications à gauche en défense centrale, la place d’Akanji désormais, c’était pour laisser Schär à droite. Pas besoin de tout changer pour mardi, le Genevois peut évoluer à droite. «C’est même ce que je préfère, c’est là où je joue en club», nous avait-il glissé après Suisse - Costa Rica. Le prétexte des remaniements à éviter ne tient plus.

«J’ai vu bien des facettes du métier, souffle un Djourou philosophe. Je reste calme et je serai prêt si le sélectionneur fait appel à moi.» C’est une fois de plus sur le terrain qu’il devra apporter sa réponse. Comme toujours.

Créé: 01.07.2018, 17h06

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Lang est prêt, lui aussi

Si Djourou remplacera un Schär suspendu en défense centrale, c’est Michael Lang qui s’installera sur le flanc droit de l’arrière-garde helvétique, contre la Suède.
Pas de souci en vue là non plus. Bien sûr, Vladimir Petkovic perd au passage son capitaine, Stephan Lichtsteiner: c’est Valon Behrami qui aura cet honneur. De plus, l’expérience du néo-Gunner manquera dans ce genre de match couperet. Cela dit, tout n’est pas noir dans le camp suisse. D’abord parce que Djourou pourra faire valoir son jeu de tête contre les Suédois. C’est un atout. Ensuite parce que sur le flanc droit, à chaque fois que le duo Lang-Shaqiri a existé, il a fait des étincelles, les deux compères s’entendant comme larrons en foire. Attention néanmoins au repli défensif, la Suède ayant une furieuse tendance à se projeter très rapidement devant en «mangeant» les espaces disponibles.

Mis à part ces deux choix obligatoires, Vladimir Petkovic va peut-être opérer quelques ajustements par rapport à la dernière sortie. Embolo avait commencé contre le Costa Rica parce que Zuber était malade. Mais ce dernier étant rétabli, le sélectionneur va tout mettre dans la balance. Il gagne en puissance et en percussion avec Embolo ce qu’il perd en discipline et en technique.

Et devant, que faire? Gavranovic n’a pas confirmé la deuxième période contre la Serbie. Drmic s’est montré très tranchant durant les 20 minutes contre le Costa Rica (un poteau, un but).
On n’envisage pas que Seferovic, tellement transparent en Russie, puisse à nouveau avoir la confiance de Petkovic, mais sait-on jamais.

D.V.

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