La Suisse a travaillé ses gammes ce printemps, examen dimanche

Équipe de SuisseAvec Petkovic, la sélection a désormais plus d’un tour dans son sac. Un atout précieux avant de défier le Brésil de Neymar.

Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe de Suisse.

Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe de Suisse. Image: EPA

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Martelé comme un mantra, le principe s’est inscrit en règle d’or: le système de jeu ne veut rien dire, c’est son animation qui compte. Pourtant les schémas sont toujours présents, plus que jamais. Étudiés sous tous les angles. Et dans le concert de cette course à la perfection, la Suisse s’est mise au diapason.

Depuis l’Euro 2016, Vladimir Petkovic a bien sûr reconduit son traditionnel 4-2-3-1 durant les qualifications. Avec quelques aménagements qui affleuraient déjà. Mais depuis les matches de préparation de 2018, notamment les deux premiers, en Grèce et contre le Panama, d’autres tests ont eu lieu.

Lire: La grande histoire de la Nati

Avoir le choix, c’est pouvoir s’adapter aux situations de match. Il est évident que Petkovic ne tournera pas le dos à son organisation de prédilection: il aurait tout à y perdre, avec une Suisse qui n’aurait plus ses repères.

En revanche, il est indispensable de pouvoir varier. Et c’est là que tout se joue: à l’intérieur d’un même système, le choix des hommes dicte des intentions. Et comme les intentions portent le système en question, tout n’est que décision.

Quelles seront les options prises par Vladimir Petkovic pour défier le Brésil dimanche soir?

Il peut miser sur la plus grande prudence en reniant quelque peu ses principes de jeu. Ce n’est toutefois pas le style de la maison. S’il adapte le système le plus prudent, comme en Grèce, ce sera toujours avec le souci de pouvoir jouer sans accepter de subir dès le début.

Il peut aussi opter pour la prise de risque. Jouer très haut. Presser les Brésiliens. Face à de grands techniciens, c’est dangereux. Ce système-là, avec cette Suisse-là, existe plus pour réagir à une situation donnée, plus que pour agir d’entrée.

Enfin, il peut logiquement compter sur les assurances et les certitudes qui se sont dessinées depuis deux ans. Ce 4-2-3-1 qui bouge en permanence, en fait. Il se transforme facilement en 4-3-3, il peut aussi devenir 4-1-4-1 ou 4-4-1-1. Il propose bien des avantages, notamment dans les phases de transitions, offensives comme défensives.

Behrami en a déjà parlé: «C’est à nous de voir quand nous projeter en avant, il faut sentir ces moments qui existent même quand tu es sous pression». L’idée du jeu, chevillée au corps, Brésil ou autre en face.

Et quel que soit le joueur. Remo Freuler l’a aussi dit: «C’est très important d’avoir des options à disposition. Nous avons tout travaillé, nous savons tous ce qu’il faudra faire, comment se placer, quel que soit le système de jeu ou la situation de match.»

La Suisse a travaillé ses gammes. Examen de passage dimanche soir.


Trois systèmes à la disposition de Vladimir Petkovic

Pour voir l'infographie en grand, cliquez ici.

Le plus logique La Suisse en 4-2-3-1

C’est le système de jeu qui a fait le bonheur de la sélection suisse depuis l’Euro 2016. Avantages: il est parfaitement maîtrisé par tous les joueurs; il permet une compacité qui laisse peu d’espaces; sa géométrie variable autorise des adaptations avec ou sans ballon. Inconvénients: s’il est le plus courant pour la Suisse, il est aussi le plus connu par ses adversaires; l’attaquant de pointe est isolé, presque sacrifié quand la Suisse n’a pas le ballon; danger sur le flanc droit: Shaqiri n’est pas le premier frein le plus solide dans son implication défensive et c’est là que sont attendus Marcelo ou Neymar. Perspectives en vue du Brésil: c’est le système de base, il y a fort à parier que Petkovic l’utilisera pour commencer la partie. Dans ce système, chacun connaît sa place, du titulaire au remplaçant. La Suisse gardera ses repères et c’est terriblement important en termes de positionnement sous la pression adverse ou pour ressortir proprement les ballons, la volonté claire de la sélection. D.V.

Le plus prudent La Suisse en 4-1-2-2-1

Petkovic a tenté cette variante du plus classique 4-1-4-1 en Grèce, au mois de mars. Avantages: le triangle médian est inversé, la pointe est en bas par rapport au 4-2-3-1, il y a donc un «libero» du milieu de terrain pour plus de sécurité; la solidité axiale se conjugue avec le positionnement des deux milieux écartés: ils sont appelés à se recentrer avec la possession de la balle, pour épauler l’avant de pointe, et à boucher les espaces sur les flancs quand la Suisse n’a pas le ballon. Inconvénients: pas d’automatismes, ce schéma n’a pas souvent été pratiqué; danger de voir ce système se transformer dans un 4-5-1 très défensif, qui obligerait la Suisse à subir, sans espaces pour se libérer. Perspectives en vue du Brésil: ce schéma de jeu peut exister, mais adapté en cours de match, si les circonstances le demandent. Il avait décontenancé les Suisses à Athènes. Mais il avait permis de voir Dzemaili sur un côté, pour plus de sécurité, tout en ayant un très solide trio médian (Xhaka-Behrami-Zakaria, par exemple D.V.

Le plus risqué La Suisse en 3-5-2

Avec ce système, la Suisse peut jouer très haut. Avantages: possibilité de pressing sur la défense adverse; percussion devant; selon le triangle de l’axe médian, le schéma peut même s’avérer encore plus offensif, offrant des solutions et de la profondeur devant; Lichtsteiner et Rodriguez, deux hommes de couloirs taillés pour briller dans un 3-5-2. Inconvénients: le risque d’être pris à son propre piège si les premières lignes sont franchies; peu de sécurité défensive sur les côtés; la nécessité d’une exécution parfaite et d’une coordination minutieuse pour un pressing homogène qui doit très vite porter ses fruits; le danger de la passe qui coupe des lignes rapprochées; des situations de «un contre un» qui se multiplient en contre. Perspectives en vue du Brésil: peu de risque de le voir introduit dès le début. Non, si la Suisse devait se fier à un 3-5-2 comme testé deux fois ce printemps, ce sera mauvais signe, cela signifierait qu’elle serait en mauvaise posture, menée au score, et contrainte de réagir en prenant des risques. D.V. (24 heures)

Créé: 14.06.2018, 07h12

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