Foot: figures de style

ENCORE!Les footballeurs sont devenus des influenceurs à suivre. Voici quatre joueurs à suivre, sur le terrain et en dehors.

Image: Keystone

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Paul Pogba, le maître du jeu
C’est un défilé d’un genre nouveau. Et la star, c’est lui, Paul Pogba! Lors de chaque rassemblement de l’équipe de France, à Clairefontaine, la cour du Centre national prend des airs de Palais de l’Elysée un jour de Conseil des ministres. Un par un, les joueurs sélectionnés par Didier Deschamps descendent de leur voiture et passent devant les journalistes et les curieux. Sous les flashes, chaque tenue est scrutée, chaque coupe de jeu jaugée, jugée. Impact immense, effet assuré. Il y a du lourd en équipe de France. D’Olivier Giroud à Blaise Matuidi en passant par Antoine Griezmann, chacun développe un style urbain-chic et choc. Bombers, jeans déchirés, casquettes griffées, casque audio dernier-cri, baskets colorées, lunettes, montre, bracelet, piercing... C’est la totale. And the winner is… Paul Pogba!
Footballeur génial et précoce, il a été champion du monde des moins de 20 ans en 2013, «PB» a commencé par briller sur le terrain avant de faire sensation dans le milieu de la mode.
C’est en Italie, à Turin qu’il a nourri son palmarès et développé son goût du bel habit. Quatre fois champion d’Italie avec la Juventus, il se fait autant remarquer pour ses coupes de cheveux excentriques et ses célébrations que pour ses éclairs de génie à mi-terrain. Certains n’hésitent pas à dire que sens de la passe géniale en profondeur est à la hauteur de son instinct vestimentaire.
Né dans la banlieue parisienne de parents guinéens, Paul Pogba reste attaché à ses racines, lui qui a grandi dans la cité de la Renardière à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne). Une touche africaine, une grosse part de streetwear et un soupçon de prêt à porter: c’est la méthode Pogba qui ne quitte pas le Top 3 des footballeurs les plus classe. Transféré pour plus de 100 millions d’euros à Manchester en 2016, l’international français est, depuis, devenu la tête de pont de l’équipementier Adidas. En janvier 2017, sa première collection à trois bandes a été lancée.
Si cette saison a été un peu compliquée au sein du Manchester United de José Mourinho, Paul Pogba sera sans doute au cœur du dispositif des Bleus en Russie. A 25 ans, il est le maître du jeu. Et pas que sur le terrain.

Radja Nainggolan en mode ninja
Avec son visage taillé à la serpe, Radja Nainggolan a tout pour être une icône publicitaire. Sa principale qualité: il divise. Pour mieux faire parler de lui. La coupe de cheveux iroquoise, c’est sa marque de fabrique. Elle lui vaut le surnom de Ninja. Couvert de tatouages, il avoue que cette pratique est devenue une véritable «maladie» et qu’il ne peut pas résister. «C’est comme pour les voitures…»
Le joueur de l’AS Roma la joue cash. «Le football, c’est bien, profiter de la vie c’est mieux.» Si le ballon rond a permis à Radja Nainggolan de faire fortune, il n’attend pas pour en profiter. Comme pour mieux brûler ces années de galère lorsqu’il était enfant: un père indonésien qui se fait très tôt la malle; une mère belge qui se retrouve seule, avec des valises sous les yeux et quatre enfants à élever dans une triste banlieue d’Anvers. Envers et contre tout, le garçon devient footballeur et ne boude pas sa réussite.
Il se permet presque tout. Il fume, boit ou séduit… Marié et père de quatre enfants, il fait souvent la une des journaux à scandale de la presse transalpine. Un jour, c’est une bimbo qui révèle les approches du joueur. Un autre, c’est son goût pour la nicotine ou l’alcool qui alimente les discussions. Sur le terrain, Radja Nainggolan donne pourtant le change. Arrivé en Italie à 17 ans, il a franchi les paliers, devenant l’un des meilleurs milieux de terrain du monde. Sur le plan international, ses relations avec le sélectionneur belge Roberto Martinez sont parfois compliquées. Mais il a l’étoffe d’un titulaire et pourrait briller en Russie.

Véritable gravure de mode au sens propre comme au figuré, Nainggolan est également un acteur du secteur. Dans la capitale italienne, il a ouvert avec son épouse un magasin, le No name Store, qui ne désemplit pas. Les baskets customisées, les T-shirts déjantés, les jeans déchirés, tout est mis en scène dans l’échoppe au cœur de la Ville éternelle, juste à côté de l’atelier de son tatoueur préféré. «Mon style? C’est fashion street, explique-t-il lors de la soirée d’inauguration. Un habillement plus large qui est peut-être plus confortable. Les plus jeunes s’habillent ainsi maintenant.»
A 30 ans le gamin d’Anvers a mis Rome à ses pieds. Il s’est mis en mode Ninja, prêt à conquérir le monde.

Jérôme Boateng, la tête et les jambes
Jérôme Boateng est irrésistible. C’est sans doute une question de confiance en soi. Humilié un soir de Ligue des champions par Leo Messi, le défenseur du Bayern de Munich s’est relevé. Il a laissé passer la tempête qui s’est déchaînée sur les réseaux sociaux, passant et repassant en boucle sa chute après une feinte et un dribble du génie argentin.
Il faut être fort. Très fort pour encaisser. Il faut aussi être fort, très fort, pour oser la «touch Boateng». Le solide défenseur possède ce petit quelque chose en plus qui lui permet de presque tout oser hors du terrain. Casquette en cuir, lunettes aux montures marquées, chaussures façon cosmonautes en cuir rouge: là où le quidam serait ridicule, Boateng est flamboyant. «Ma deuxième passion, après le football, c’est la mode», explique-t-il lorsqu’on l’interroge sur ses choix vestimentaires. Il porte une attention particulière à chaque détail, chaque association. Avec une coquetterie particulière pour les lunettes. «Elles font complètement partie de la mode, dit-il, c’est un élément important d’une tenue. Elles permettent d’accentuer un aspect ou de créer un contraste.» C’est ainsi qu’il a lancé sa propre marque tant pour l’optique que pour le solaire.
Agé de 29 ans, JB est l’illustration de cette Allemagne moderne qui érige sa diversité en arme absolue. Il faut se souvenir des coupes mulet de Lothar Matthäus ou des frisettes et de la moustache de Rudi Völler pour saisir la révolution engendrée par la génération Boateng. De père ghanéen et de mère allemande (son demi-frère, Kevin Prince, a d’ailleurs choisi de jouer avec le Ghana), Jérôme Boateng a été un précurseur. Les casques Beat? Il a été l’un des premiers à se les poser sur les oreilles pour descendre du bus.
En 2015, il a été élu homme le mieux habillé d’Allemagne par le magazine GQ. Une consécration qui est venue s’ajouter à celles, nombreuses, conquises sur le terrain. Car Jérôme Boateng fait partie de ces rares joueurs qui brillent autant sur la pelouse que sur le papier glacé des magazines. Champion du Monde, champion d’Allemagne à plusieurs reprises, vainqueur de la Ligue des champions… Seul l’Euro lui résiste encore.
Il est bien le seul… Avec peut-être Lionel Messi.

Hector Bellerin brille au pied des podiums
Il va plus vite qu’Usain Bolt! Hector Bellerin n’est pas encore meilleur défenseur du monde mais il sait faire parler de lui. Chronométré lors d’un entraînement avec son club d’Arsenal, l’Espagnol a fait parler la poudre (4’’42) sur 40 mètres. Mieux que la foudre. Mieux que l’homme le plus rapide de la terre, l’icône olympique? Des poussières de secondes qui ont fait le buzz. L’Espagnol a lancé un défi au Jamaïcain pour un duel improbable. Info ou intox? L’affrontement n’a jamais eu lieu. Mais qu’importe la façon pourvu qu’on ait la presse.
En cette année de Coupe du monde, Hector Bellerin pourrait encore réaliser une percée médiatique plus considérable. Il est désigné par beaucoup comme le footballeur le plus stylé du moment. C’est déjà ça. Pas spécialement convaincant cette saison en club, Hector Bellerin n’est pas - encore - un titulaire indiscutable de l’équipe d’Espagne. Mais le joueur n’a pas attendu de s’imposer avec la Roja pour faire parler de lui hors des terrains. Qu’il brille ou pas en Russie, c’est là surtout que le jeune homme continuera son sans-faute.
Un rapide coup d’œil sur le compte Instagram du garçon aux cheveux longs donne le ton. Hector Bellerin tacle rarement le bon goût. Il prend la pose avec Giorgio Armani, «une légende». Il s’affiche en Gucci, en Balenciaga ou en Off White, la marque américaine dont on parle. Chaque outfit de l’Espagnol est soigneusement élaboré et récolte les éloges des stylistes les plus avertis.
Avec plus de 2,5 millions de followers, Bellerin séduit autant les fans de foot que les aficionados de la mode. A 23 ans seulement, sa maturité vestimentaire en fait l’un des footballeurs les plus «bancables». La marque Puma (tiens, tiens, le même équipementier qu’un certain Usain Bolt) le met en avant. Urbain, chic et classe, Hector Bellerin est la synthèse du joueur moderne, lui qui fréquente avec assiduité les diverses Fashion Weeks en compagnie de sa petite amie, le top model Shree Patel, une Londonienne aux origines indo-pakistanaise. Que ce soit à Paris ou à Londres, les plus grands couturiers et les plus grandes marques de prêt-à-porter invitent volontiers les footballeurs. Et peu importe si ceux-ci brillent sur le gazon. L’important, c’est d’être vraiment cool et d’être en lien permanent avec les clients d’aujourd’hui et de demain. Hector Bellerin l’a très vite compris.

Retrouvez plus de contenus Encore! dans le prochain Matin Dimanche. (Encore!)

Créé: 14.06.2018, 10h30

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