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L’esprit des parcsCourir avec les infatigables statues du parc olympique

Invitation à flâner ou à s’agiter, le jardin en terrasses du musée olympique possède de vraies vertus rassembleuses.

Le Baron de Coubertin contemple le Léman, le feu olympique et les footballeurs de Niki de Saint Phalle.
Le Baron de Coubertin contemple le Léman, le feu olympique et les footballeurs de Niki de Saint Phalle.
Florian Cella/24Heures
La majestueuse fontaine côté lac.
La majestueuse fontaine côté lac.
Florian Cella/24Heures
Pour repartir, les touristes empruntent l’escalier dont les marches portent les noms des sportifs qui ont allumé la vasque des Jeux d’hiver et d’été.
Pour repartir, les touristes empruntent l’escalier dont les marches portent les noms des sportifs qui ont allumé la vasque des Jeux d’hiver et d’été.
Florian Cella/24Heures
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Sur les quais d’Ouchy, le Léman se la joue tache d’huile immobile. Si bien que de l’autre côté de la route, les joyeux remous de l’impressionnante fontaine du Musée Olympique invitent les promeneurs à venir y plonger doigts ou orteils. Le frais ravissement ne dure jamais longtemps, tant le chemin qui serpente le long du parc nous fait de l’œil. Un chemin qui mesure exactement 1363 pieds grecs, soit la distance d’un tour de stade olympique…

On reprend son souffle en prenant des photos

On y rencontre aussi bien des promeneurs détendus, mains croisées dans le dos qui se réjouissent de voir butiner des abeilles dans les parcelles plantées d’herbes et de fleurs des champs, que des sportifs venus se mesurer à leurs illustres collègues de bronze. Depuis l’ouverture du parc en 1993, une course perpétuelle s’est installée entre Paavo Nurmi (multiple champion olympique entre 1920 et 1928), Emil Zátopek et les nombreux amateurs de footing qui optent soit pour la montée en lacets – avec arrêts pour photographier les statues ou reprendre son souffle – soit pour la ligne droite des escaliers aux marches portant les noms des sportifs ayant allumé la vasque des Jeux olympiques d’hiver comme d’été.

Messages de paix, d’intégration et de partage

Mais le parc du Musée Olympique n’est pas un endroit où il faut chercher à battre des records. Ou alors seulement sur la piste du 100 m, où l’on peut se mesurer à Usain Bolt, dont la décoiffante progression est illustrée par des lumières rouges qui se déclenchent à chaque départ. Au contraire, il fait bon flâner dans ces 8000 m² offerts par la Ville de Lausanne et les Lausannois au Comité international olympique. Prendre le temps de s’imprégner du paysage, de la végétation magnifiquement entretenue – les tulipes au printemps feraient presque s’arrêter les cyclistes du sculpteur Gabor Mihaly – et des messages de paix, d’intégration et de partage véhiculés par les œuvres d’art.

En 2008, le musée comme son parc ont été totalement métamorphosés. La transformation des jardins a été confiée à l’Atelier du Paysage, qui a œuvré dans la continuité pour magnifier cet espace ouvert à tous, sorte d’avant-goût du Musée Olympique mais qui se savoure aussi intensément seul.

«J’aime passer du temps dans les jardins, souvent sur un banc avec mon repas de midi. J’y croise des familles, des étudiants et des touristes. L’énergie qui s’y dégage est très vivifiante»

Angelita Teo, directrice de la Fondation olympique pour la culture et le patrimoine

Angelita Teo est la nouvelle directrice de la Fondation olympique pour la culture et le patrimoine. Soit l’heureuse «patronne» des lieux. Elle se souvient très bien de sa première visite. «C’était en mai 2019, quand je suis venue à Lausanne pour la première fois. C’était une journée magnifique et je devais visiter le musée. Mais j’ai fini par passer plus d’une heure dans les jardins! Je dois avouer que j’étais assez fatiguée en arrivant en haut: je viens de Singapour où il y a des escaliers roulants partout!» Depuis, elle s’est quelque peu habituée à sa nouvelle vue, mais sans jamais s’en lasser. «J’aime passer du temps dans les jardins, souvent sur un banc avec mon repas de midi. J’y croise des familles, des étudiants et des touristes. L’énergie qui s’y dégage est très vivifiante.»

Le musicien et snowboarder olympien Pat Burgener et Angelita Teo dans les jardin du Musée olympique.
Le musicien et snowboarder olympien Pat Burgener et Angelita Teo dans les jardin du Musée olympique.
CIO

C’est vrai que le parc du Musée Olympique a des vertus rassembleuses. Qu’on y vienne par le lac pour voir brûler le feu olympique dans sa vasque, par l’Élysée en suivant la voie tracée par la microgymnaste sur sa poutre ou par la ville où se cache un charmant kiosque en face du célèbre pistolet au canon noué («Non violence», de Carl Fredrik Reuterswärd), il y a partout quelque chose à découvrir.

Et les surprises ne se cachent pas seulement derrière les superbes arbres. En 2016, le parc du Musée Olympique attirait foule de chasseurs de Pokémon, puisqu’on pouvait y attraper – grâce à une application sur son smartphone – quelques spécimens rares. Un moyen de plus pour séduire le jeune public toujours en quête de mouvement. Dommage, dès lors, que le petit kiosque dans la montée ne vende plus de glaces pour les inviter à rester un peu plus longtemps… Et que dire des deux panneaux «Pratique du skateboard interdite»? La «planche à roulettes», comme on dit en vaudois, n’est-elle pas désormais un sport olympique?