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L’invitéeCovid-19: des tests plutôt que des quarantaines

Jacqueline de Quattro réclame des mesures rapides pour éviter l’asphyxie du secteur touristique.

La pandémie de Covid-19 a terrassé le secteur touristique, un des moteurs de notre économie. Les prévisions alarmistes se succèdent. Le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) s’attend à un recul historique de la branche pour 2020, soit une perte de 12,8 milliards. Le risque de faillites et de licenciements est très élevé. Des établissements qui étaient compétitifs avant la crise sont désormais au bord de l’asphyxie, à l’image de ces hôtels-restaurants de l’arc alémanique et de ces agences de voyages qui mettent la clé sous le paillasson. Face à cette situation dramatique, il y a urgence à agir.

«La mise en quarantaine représente un sérieux obstacle à la relance du tourisme»

Certes, la Berne fédérale et les Cantons ont mis en place, avec succès, des mesures d’aide. Le parlement est sur le point d’approuver une prolongation des indemnités pour perte de gain. Le tourisme devrait en profiter. C’est une sage décision, mais nous devons trouver d’autres parades, car la saison d’hiver approche. Et des solutions existent.

La mise en quarantaine représente un sérieux obstacle à la relance du tourisme. Cinquante-cinq pour cent des hôtes en Suisse sont d’origine étrangère. Or il n’est pas certain que ces voyageurs qui viennent d’Europe, d’Amérique ou d’Asie pourront entrer dans notre pays à partir de 2021. Ce qui va paralyser non seulement le tourisme international de vacances mais aussi le tourisme d’affaires et de congrès, si important pour les zones urbaines. De leur côté, de nombreux Suisses renoncent à réserver des vacances à l’étranger.

Comment surmonter le problème de la quarantaine? En instaurant des tests à la place de cet isolement, comme le demandent les secteurs touristique et aéronautique. La Suisse autoriserait les voyageurs – suisses ou étrangers – en provenance de pays à risques à entrer sur son territoire sans observer de quarantaine, à condition qu’ils présentent un test Covid-19 négatif. Un visa de bonne santé.

Tests à l’arrivée

Un test rapide certifié pourrait être effectué à l’arrivée à l’aéroport ou dans des centres de tests. Certains pays, comme la France et l’Allemagne, testent déjà les voyageurs arrivant de pays à risques. Cette solution a l’avantage de réduire le danger de propagation du virus tout en contribuant à la reprise du secteur touristique.

Mais, pour être efficace, cette démarche doit être bilatérale. Un test PCR effectué et certifié en Suisse au moment de quitter le territoire devrait être accepté comme alternative lors de l’entrée dans un pays soumis à une obligation de quarantaine.

La Confédération doit négocier avec les autorités sanitaires des principaux marchés pour le tourisme et de l’économie. J’attends que le Conseil fédéral examine rapidement la faisabilité de cette mesure, dans le sens de l’interpellation que j’ai déposée.

Il y va de la survie de notre tourisme en particulier et de notre économie en général.

7 commentaires
    Gaston Lagaffe

    Une chose est claire : avec des quarantaines, le tourisme international ne redémarrera pas. Or, cet arrêt menace la vie même de centaines de millions de personnes dans le monde.

    En effet, le secteur du tourisme international et des voyages est le plus gros pourvoyeur d’emplois au monde (plus de 10 %, soit plusieurs centaines de millions de personnes). A cela, il faut ajouter une grosse parties des 2 milliards de personnes actives dans l’économie informelle, et dont l’activité est souvent liée, de près ou de loin, au tourisme. Et très majoritairement, dans des pays sans aucune couverture sociale. Résultat plus que probable : ce sont certainement 1,5 milliards de personnes qui risquent de tomber dans l’extrême pauvreté. Et vu que l’extrême pauvreté est un tueur particulièrement redoutable de par ses très variées et nombreuses conséquences, on peut tout à fait raisonnablement que 25 % de ces personnes risquent d’en mourir. Soit plusieurs centaines de millions de personnes : un chiffre astronomique, qui représente plusieurs fois celui des morts de la Seconde Guerre Mondiale !

    Le nombre des morts que peut entraîner l’arrêt du tourisme international est astronomique ! Et si on le compare au potentiel mortel du virus, cela en devient totalement indécent !

    Il est plus que temps d’arrêter les politiques actuelles mises en place pour le contrer le virus : elles tueront à coup sûr des dizaines de fois plus de gens que le virus ! Il faut vite revenir à la raison très raison !