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L’invitéCovid: la bataille des loyers des commerces et restaurants

Roger Nordmann souhaite un effort des propriétaires immobiliers en faveur des secteurs étranglés par la crise.

Désormais, le coronavirus place de nombreuses entreprises face à des équations très complexes. Pour celles qui doivent fermer pour la deuxième fois, comme la culture, les loisirs et la restauration, la situation devient franchement critique. Afin d’éviter une casse sociale trop importante, il est impératif que ces entreprises puissent survivre et garder leurs collaborateurs.

Dans son édition du 10 novembre, «24 heures» évoquait à juste titre la question des bars et des restaurants (#quivapayerlacrise). Ces secteurs payent un prix élevé à la lutte contre la pandémie, et le Parti socialiste (PS) estime que la société doit les aider à traverser cette crise. En effet, l’interruption de leurs activités contribue à protéger tous les habitants, ainsi que le reste du tissu économique. Par ailleurs, seuls des soutiens adéquats garantissent une bonne application des consignes sanitaires. Enfin, laisser chuter des pans entiers de l’économie aggraverait la crise, avec des coûts au final plus élevés.

«Au cours des derniers mois, le PS a obtenu au niveau fédéral un certain nombre de mesures.»

Au cours des derniers mois, le PS a obtenu au niveau fédéral un certain nombre de mesures, en particulier l’extension et la prolongation des indemnités de réduction de l’horaire de travail (RHT), c’est-à-dire du chômage partiel, à certains employés sur appel.

Le Conseil d’État vaudois a par ailleurs décidé de compléter les indemnités fédérales de 80 à 90% du salaire. De plus, grâce à nos pressions, les pertes de gains des patrons indépendants et de ceux qui sont salariés de leur propre entreprise sont partiellement couvertes par les allocations pour perte de gain (APG).

Toutefois, quelques problèmes subsistent, notamment le maintien du délai de carence ou l’absence de RHT pour les apprentis et employés des agences temporaires. Comme la crise se prolonge, il faudrait aussi que l’assurance chômage couvre la part patronale des cotisations de prévoyance professionnelle (LPP).

Ainsi, une entreprise fermée en raison du Covid n’aurait aucun inconvénient à garder l’entier de son personnel. Par la suite, il lui sera beaucoup plus facile de redémarrer, et de grandes inquiétudes seront épargnées aux personnes concernées. Dernier élément, le Conseil fédéral prépare des aides à fonds perdu pour les «cas de rigueur», dont le volume doit être renforcé.

Imposer des baisses de loyer

L’enjeu central est cependant ailleurs: les propriétaires immobiliers refusent pour la plupart de consentir un rabais de loyer aux établissements empêchés d’exercer leur activité. Le PS mène actuellement une bataille extrêmement serrée au parlement pour imposer cette baisse par une loi urgente.

Malheureusement, l’UDC, le PLR, une partie du PDC et le conseiller fédéral Parmelin s’opposent à ce texte, qui prévoit de garantir un rabais de loyer aux PME touchées. L’entrée en matière a été gagnée de justesse au Conseil national. Après l’examen de détail, une courte majorité de la commission propose au plénum le rejet. Si le projet échoue, les entreprises concernées affronteront des difficultés supplémentaires. Et nous saurons qui en sont les responsables.

2 commentaires
    Isabelle Delasoie

    Ce texte de loi n'a pas de raison d'être, cela relève du droit privé. Tant que les cantons ou la confédération imposent des fermetures dommageables financièrement, ce sont à eux de payer les pots cassés et de dédommager autrement que par une aumône la perte sèche des entreprises en grande difficulté. Il n'y a aucune discussion possible sur cette évidence. Il faut des versements immédiats.