A 21h30, Minuit avait déjà sonné ses douze coups à Caribana

CritiqueLes Parisiens ont conquis le public jeudi, et secoué les édredons d'une soirée de "pop rock" convenue

Bastian Baker a flirté avec le public de la grande scène.

Bastian Baker a flirté avec le public de la grande scène. Image: Joseph Carlucci

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L'eau du lac, de l'avis unanime des plus courageux qui y trempèrent leurs jambes, est encore trop froide pour qu'on y plonge. En revanche, aucune crainte de se défriser les poils jeudi sur le terrain de Caribana, tant le flot musical déversé restait dans les normes saisonnières d'un tiède de bon aloi, proposant sur ses deux scènes un menu très cohérent de ce que l'épithète «pop rock» porte de plus consensuel et inoffensif. Cela a ses avantages pour ne pas renverser son plateau apéro.

Mais tout de même, la déception était forte devant le concert d'ouverture de Marius Baer, admiré en automne dernier à Label Suisse, talent vocal certain et personnalité taillée dans les rochers d'Appenzell, dont la conjonction des deux pourrait donner un artiste singulier. Hélas, il présente en groupe des compositions sans génie, reposant paresseusement sur sa voix impressionnante et mimant comme tellement d'autres la grandiloquence prémâchée pour grandes scènes de festival. Problème: Marius Baer joue encore sur des petites scènes et devant une foule éparse (euphémisme), ce qui rend plus plates encore ses chansons-hymnes sans énergie en partage.

Au moins, Bastian Baker supplée-t-il à l'absence d'originalité de ses compositions par une gouaille entraînante de moniteur pour camps estivaux (teint halé et mèches claires en sus), s'appropriant tout sourire le public de la grande scène, dont de nombreuses fans qui, pour certaines, seront reparties avec une balle de tennis dédicacée, lancée au moyen d'une canne de hockey depuis la scène par le chanteur sportif. L'une d'elles (les balles, donc) portait même son numéro de téléphone, promettait-il en tirant dans la foule. Vrai? Faux?

La question tournait encore dans toutes les têtes quand Minuit embrayait sur la scène du lac, rinçant salutairement toute angoisse à larges jets de funk robotique et dansant. Rien de tiède ici, malgré le pari réussi des Parisiens de concilier le froid de sonorités eighties au brûlant de guitares hurlantes et d'une voix ensorceleuse. Comme du Blondie bossté au hard rock, les enfants des Rita Mitsouko (au propre comme au figuré) séduisent un public qui abandonne toute méfiance face à la joie communicative de la chanteuse Simone Ringer, aux tubes du groupe et à sa reprise surefficace de «You Should Be Dancing», des frères Gibbs. Après cette tornade polissonne, Kodaline se chargeait de vite remettre la soirée sur les rails huilés d'une «pop rock» de cataplasme. Il n'était que 21h30 et Minuit était déjà passé...

Minuit

Créé: 07.06.2019, 13h17

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