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Le 42e Paléo, du pire au meilleur

Red Hot Chili Peppers, Pixies, Jamiroquai: revue des concerts au sortir de six jours de festival.

Nyon, le 23 juillet 2017. Ambiance ce dimanche à Paléo.
Nyon, le 23 juillet 2017. Ambiance ce dimanche à Paléo.
Pierre Albouy
Le public devant L'Orchestre de Chambre de Genève sur la scène des Arches ce dimanche à Paléo.
Le public devant L'Orchestre de Chambre de Genève sur la scène des Arches ce dimanche à Paléo.
Pierre Albouy
Keny Arkana sur la grande scène ce dimanche à Paléo.
Keny Arkana sur la grande scène ce dimanche à Paléo.
Pierre Albouy
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Paléo, 42e édition, a vécu comme il vit depuis des années maintenant, à guichets fermés, sûr de satisfaire le plus large public grâce à une affiche généraliste. Et c’est vrai qu’on a bien ri, bien mangé, bien bu aussi. Non sans écouter quelques concerts également. La convivialité, le confort, voilà autant de bonus que l’open air nyonnais a su développer. Mais si, comme dit le patron de la manifestation, Daniel Rossellat, «Paléo propose bien plus que des concerts», c’est encore à l’aune de ses propositions musicales que l’on ose aujourd’hui tirer le bilan.

C’est l’exercice critique qui prime, d’une critique culturelle, nourrie par ce déluge d’artistes, six jours pleins, les haut-parleurs grands ouverts. Auquel cas, il fallait prendre la température dimanche encore. Un petit dernier pour la route, un refrain gai et entraînant pour repartir le cœur allègre. C’est la Meute, rutilante fanfare revisitant les standards technos avec trombone, trompette et toute la ferraille pétaradante. Au Détour, dimanche, la Meute a fait hurler la foule, et c’en était parfaitement réjouissant. Point de grosse production ici, mais un goût immodéré pour le jeu de scène, le «savoir-partager». Idem de Calypso Rose au Dôme. Une reine pour ce Village du Monde centraméricain. La vénérable personne, 77 ans, un demi-siècle de carrière, a traversé les temps sans sacrifier à la mode. Calypso Rose, doyenne de Paléo, campe une diva hors pacotille, une présence généreuse et belle.

Midnight Oil par surprise

Ainsi fait, on quitte cette 42e édition sur une mélodie légère, un refrain soyeux et soigné. Etaient-ils aussi solides, aussi essentiels, les riffs et les râles des rockers en vedette? Car, là encore, c’est bien dans l’histoire que va piocher Paléo pour fournir le haut de son affiche. Avec des fortunes diverses. Déçu par les Red Hot Chili Peppers, trop lisses, trop «clean». Déçu de n’avoir pas vécu la folie de leurs plus belles heures. Tant pis. C’était il y a vingt ans au moins. A peine plus tard que Midnight Oil, héros des années 80. Ces derniers, s’ils n’avaient pointé leur nez sur l’Asse, qui les aurait regrettés?

Midnight Oil, malgré son absence de quinze ans, malgré son répertoire inchangé, a donné tout ce qu’il avait. Et Paléo lui a fait fête. Simplement. Sans prétention, le charismatique Peter Garrett et sa bande livraient une prestation généreuse, là encore, l’enthousiasme en guise de moteur, un discours critique, écologiste, pour point de fuite. Mieux que Tryo, assoupi sur ses vieux rêves de révolution campagnarde. Mieux que Julien Doré, kéké bien coiffé dont les apprêts scéniques disaient en creux l’absence de propos véritable, d’intention artistique majeure. Mieux que Vianney enfin, pénible jeune premier empêtré dans une prestation ampoulée.

Renaud tout mal, tout ému

Puis il y eut Gauvain Sers. Celui-là n’a que la tradition, d’un Renaud, d’un Brassens, pour chanter les maux de notre époque. De l’ironie dans la besace, du sens critique dans la gouaille, voilà l’antithèse des démagos du show. Il faut jouer, il faut faire de la musique avant d’amuser la galerie! Discret Gauvain Sers, qui n’a pas inventé la poudre, mais sait s’en servir. On le garde. Comme on garde l’allant honnête du funky Jamiroquai, les allures dansantes de MHD. Et cette délicieuse Lola Marsh, et ces énergiques Pixies. Et ce Régis, ténébreux Genevois de l’étape, convaincant comme l’ont été ses concitoyens de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp. Des Suisses qu’on se réjouit de retrouver ailleurs dans les clubs, dans de meilleures conditions. Tant ce Club Tent qui leur est dévolu ne s’est pas avéré à la hauteur des capacités techniques du festival: une sonorisation bridée et le voisinage des Arches avec leur gabarit de seconde grande scène ont donné bien du fil à retordre aux ingénieurs du son.

Paléo dit au revoir, 43e édition du 17 au 22 juillet 2018. C’est tout? Et Renaud? Elle était triste, la «chétron sauvage»; elle était «pourrie», la voix du chanteur; cassé, le corps. Pourtant, Renaud a tenu, debout. Et son public l’a suivi. Paradoxal moment, que le plaisir d’une assemblée heureuse de retrouver son héros, même moribond. Et pareil phénomène, c’est vrai, reste l’avantage d’un festival comme Paléo.

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