Avec Proust, Voïta réalise son «Sierre-Zinal à pieds nus»

ThéâtreAu CPO, le comédien s’empare du premier chapitre d’A la recherche du temps perdu. Incarné.

Michel Voïta a appris Proust par cœur. Joli exploit.

Michel Voïta a appris Proust par cœur. Joli exploit. Image: DR

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Viré «assez violemment» de la série R.I.S. Police scientifique, Michel Voïta a relevé le défi proustien pour retrouver les marques de son métier. Avec Dire Combray, le comédien s’empare du premier chapitre d’A la recherche du temps perdu, qu’il fait résonner de sa voix de velours. Coup de fil avant de le déguster au CPO, à Lausanne.

-Comment Proust est-il entré dans votre vie?
-Très tardivement… Il faisait partie de ma culpabilité de vacances. Je le prenais toujours avec un polar et, finalement, je ne le lisais pas.

-L’oralité lui convient-elle?
-A ma grande stupéfaction, il est fait pour être dit, ce que je ne pensais pas quand je me suis engagé dans l’aventure. Il y a une émotion que sa phrase longue suppose et qui pousse son narrateur à parler aussi longuement, une jubilation de l’incise, des formes d’humour.

-L’humour y a sa place?
-Bien sûr, surtout dans le deuxième extrait – sur trois en tout. La servante, Françoise, fait rire chaque soir. Mais il y a aussi un humour au second degré qui court tout au long de son écriture.

-L’apprentissage du texte impressionne…
-C’est le texte le plus compliqué que je fais en quarante ans. C’est hors catégorie. Pour un comédien, cela équivaut à faire Sierre-Zinal à pieds nus. Même si j’ai 37 représentations de prévues, les jours où je ne le donne pas, je dois quand même le faire deux fois pour garder la forme. C’est une folie.

-Chez Proust, il y a l’intellect, mais il y a aussi la sensibilité?
-Oui, c’est pour cela que l’on peut l’incarner, «dans la viande». Freud dit que l’inconscient n’a pas d’âge. L’émotion non plus. Et chez Proust il y a toujours l’enfant, même entremêlé à l’adulte.

-Ce spectacle dédramatise-t-il l’idée de lire Proust?
-Il le rend accessible. Je suis un passeur de textes et, si quelqu’un a envie de le lire, j’aurai l’impression d’avoir fait mon boulot. Mais il y a de grands intellectuels qui, après le spectacle, m’ont avoué ne jamais l’avoir lu.

Lausanne, CPO Vendredi (20 h) et di 23 nov. (17 h, complet) Rens.: 021 616 26 72 www.cpo-ouchy.ch

Créé: 24.11.2014, 17h17

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