Barbie entre au musée à Paris

ExpositionLa star des poupées s’expose au Musée des Arts décoratifs. Miroir de l’époque, cette icône de la culture pop est aussi adulée que détestée.

La mythique poupée est au centre d'une exposition au Musée des Arts décoratifs à Paris, dès le 10 mars.

La mythique poupée est au centre d'une exposition au Musée des Arts décoratifs à Paris, dès le 10 mars. Image: DR

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Barbara Millicent Roberts, plus connue sous le diminutif Barbie, fait sa révolution en 2016. Pas moins de 33 nouveaux modèles débarquent sur le marché avec surtout trois nouvelles silhouettes: la petite, la ronde et la grande. Longtemps accusée d’être à la source de l’anorexie qui frappe de trop nombreuses adolescentes dans le monde, qui chercheraient à transposer dans la vraie vie ses mensurations irréalistes, Barbie veut rester dans le coup. Car la fameuse poupée de Mattel est en perte de vitesse. La princesse des petites filles n’est plus le jouet numéro un dans le monde. Lego fait mieux. A Paris, le Musée des Arts décoratifs propose sur 1500 mètres carrés un panorama en 700 poupées de cette icône de la culture populaire, qui a inspiré de nombreux artistes et couturiers – plus de 70, paraît-il – qui, de Karl Lagerfeld à Sonia Rykiel, ont habillé la blonde chérie des petites filles.

«L’exposition propose deux lectures possibles», raconte Anne Monier, conservatrice du département jouets du Musée des Arts décoratifs. «Pour les enfants, c’est une pure jubilation de découvrir son jouet universellement connu. Pour les adultes, elle est replacée dans une perspective historique et sociologique depuis son apparition en 1959.»

La scénographie, soignée, permet ainsi d’embrasser la saga Barbie mise en relation avec des œuvres d’artistes contemporains, de documents, des vidéos et des photos tout comme d’anciennes poupées issues des collections du musée. La blonde créée en 1959 par Ruth Handler (1916-2002), dont la volonté était de proposer une poupée avec un vrai corps de femme – une révolution! –, a ainsi participé à sa façon à l’émancipation de l’image de la femme.

«Barbie évolue dans le confort moderne tout en épousant de nouvelles causes, questionnant les stéréotypes, haïe pour ce qu’elle représenterait d’une femme idéalisée, et pourtant autonome et indépendante, adoptant toutes les ambitions de l’époque contemporaine», mettent en lumière les concepteurs de l’exposition parisienne. Un beau conte de fées du marketing moderne, puisque le succès de la poupée s’est épanoui lors du boom économique qui a vu les enfants devenir prescripteurs des achats de jouets. Ces mille et une vies de Barbie ont inspiré à Mattel 46 familles de produits dérivés qu’il commercialisera en des milliers d’accessoires.

Barbie, une fashionista

Ainsi Barbie, dont l’âge est volontairement flou, a épousé les époques et la mondialisation. Elle affiche sur son CV pas moins de 50 nationalités à travers ses déclinaisons et avoue près de 150 métiers différents. Elle a été astronaute dès 1965. Quatre ans avant que Neil Armstrong ne marche sur la Lune, tout de même! De manière très classique, elle a été étudiante et hôtesse de l’air ou encore adepte de l’aérobic dans les années 1980. Elle a été aussi vétérinaire, médecin, paléontologue, pilote de course, informaticienne et, à quatre reprises, candidate à la présidence… Avant-gardiste donc. Se renouveler tout en restant la même, c’est bien le credo de la poupée américaine.

Reste que, honnie ou adulée, cette silhouette a marqué la culture populaire et la culture tout court. De nombreux artistes, à l’instar du pape du pop art Andy Warhol, l’ont représentée, détournée et, mieux encore, habillée. La garde-robe de Barbie n’est pas économe en griffes de grands couturiers. Et les créateurs parisiens n’ont pas été en reste: Thierry Mugler, Christian Lacroix, Jean Paul Gaultier, Cacharel, Agnes B ou encore Karl Lagerfeld ont dessiné des robes pour Barbie.

Malgré toutes ces prouesses de «fashionista», c’est encore et toujours la princesse blonde qui domine dans les rayons jouets garnis par Mattel. D’ailleurs, le fait que Disney travaille avec un concurrent pour commercialiser ses héroïnes n’est pas étranger à la méforme actuelle de Mattel en Bourse. La valeur de l’action du géant du jouet a été divisée par deux en 2015. Il paraît que la Reine des neiges, la nouvelle star de Disney, et Barbie ne sont pas très copines!

Créé: 09.03.2016, 08h04

L'expo

Paris, Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli.
Du 10 mars au 18 septembre. www.lesartsdecoratifs.fr

En chiffres

2,5 C'est le nombre de Barbies qui sont vendues chaque seconde dans le monde. Soit 80 millions par an. Selon les exégètes de l’Américaine, 90% des filles âgées de 3 à 10 ans possèdent au moins une Barbie.

1959 L’année du lancement. Le succès est fulgurant. Mattel prévoit de produire 20 000 poupées par semaine. Il doit tripler la production…

8 ans C’est l’âge moyen des filles qui jouent à la Barbie en 2015. Le jouet rajeunit ses fidèles… Car elles avaient 10 ans en 2000 et 13?ans en 1970!

50 métiers Depuis ses débuts, la cultissime poupée est une vraie touche-à-tout. Mais, en magasin, ce sont surtout les princesses qui dominent.

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