La rencontre entre Blake et Mortimer s'éclaire

Bande dessinéeLe bâton de Plutarque d’Yves Sente et André Juillard invente ce qui a précédé le premier épisode des aventures de Blake et Mortimer. Explications.

Voici la première rencontre entre le colonel Olrik, qui deviendra l’ennemi héréditaire, et le capitaine Blake.

Voici la première rencontre entre le colonel Olrik, qui deviendra l’ennemi héréditaire, et le capitaine Blake. Image: DR

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Edgar Jacobs, créateur de Blake et Mortimer, avait dressé les curriculum vitae de ses héros. Ils sont consignés dans Un opéra de papier, paru en 1981. De cette mine, la plus rodée des équipes de repreneurs – le scénariste Yves Sente et le dessinateur André Juillard collaborent depuis seize ans – extrait des pépites inexploitées par le Maître. Ce qui leur permet de proposer de nouvelles aventures. Ils s’étaient déjà appuyés sur ce livre pour Les sarcophages du 6e continent. Ils y recourent à nouveau pour créer Le bâton de Plutarque.

Yves Sente: «En relisant, d’une lecture professionnelle et analytique, Le secret de l’Espadon ( n dlr: la première aventure de Blake et Mortimer ), je me suis rendu compte de petites incohérences. Lorsque Olrik aperçoit pour la première fois dans le ciel le Golden Rocket, il le reconnaît, alors que c’est un prototype ultrasecret.» Pareille stupéfaction lorsque le capitaine Blake et le professeur Mortimer paraissent très bien savoir qui est le colonel Olrik, le méchant, alors qu’ils ne l’ont jamais croisé. Cela ne tombe pas dans le panier de manchots.

Et, comme Sente et Juillard ont passé au peigne fin toute l’œuvre, ils ajoutent un détail surprenant. On sait depuis La marque jaune que les deux compères vivent au 99 bis Park Lane, à Londres. «La maison existe toujours, remarque Sente. Cet endroit, face à Hyde Park, est un des plus chers de la ville, et c’était déjà le cas dans les années 40. Comment un capitaine de l’armée avec un petit salaire de fonctionnaire peut-il s’offrir pareille demeure? Même en partageant le loyer.» Le duo a donc cerné le personnage de Mrs Benson, la logeuse. Mais qui était donc cette veuve? Eh bien, vous le saurez en lisant Le bâton de Plutarque.

L’action se situe en 1944, soit deux ans avant celle de L’Espadon. Elle prend fin le 6 juin, jour du débarquement. Francis Blake est passé de la RAF à l’aéronavale, il est Squadron Leader du porte-avions The Intrepid. Jacobs nous l’apprenait dans Un opéra de papier. Sente et Juillard, dès les premières pages, nous montrent quel pilote émérite il est, au cours d’un subjuguant combat aérien. On le sait depuis Les sarcophages, où il a rencontré Mortimer. On découvre, ici, de quelle manière ils font la connaissance d’Olrik. Les repreneurs s’amusent en le présentant comme un as des échecs. Et révèlent comment de pilote Blake devient un spécialiste du renseignement. Le décodage constitue le noyau de cette aventure et lui donne son titre. Car le bâton de Plutarque se révèle être le plus ancien moyen de transmettre des messages secrets.

Fan de la série depuis l’enfance, Yves Sente jubile: «Il y avait de quoi faire une histoire, au-delà de l’aventure proposée, qui allait répondre indirectement à toutes les questions qu’un lecteur peut se poser aujourd’hui en relisant L’Espadon. Double objectif: on passe un bon moment et tout paraît enfin parfaitement logique.» Avec un tirage stratosphérique en français de 500'000 exemplaires, il devrait y en avoir pour tous les inconditionnels. (24 heures)

Créé: 05.12.2014, 08h58

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