Le Suisse Markus Imhoof confronte les migrants au glamour berlinois

Festival de BerlinLe cinéaste vedette a présenté «Eldorado» en sélection officielle hors compétition.

«Je pense simplement que mon film est un exemple pour l’espoir. Et que l’espoir, c’est nous», a déclaré le cinéaste helvétique en conférence de presse.

«Je pense simplement que mon film est un exemple pour l’espoir. Et que l’espoir, c’est nous», a déclaré le cinéaste helvétique en conférence de presse. Image: DR

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Parmi la pléthore de films suisses, et surtout romands, montrés cette année à la Berlinale, les places en sélection officielle étaient chères. Germinal Roaux a eu droit avec Fortuna à Génération 14plus, section parallèle relativement périphérique. Et deux des téléfilms de la collection Ondes de choc - Journal de ma tête d’Ursula Meier et Prénom: Mathieu de Lionel Baier - au Panorama.

Seule participation suisse de la compétition, Figlia mia de Laura Bispuri, coproduit par les Genevois Dan Wechsler de Bord Cadre et l’indépendant Jamal Zeinal-Zade, aura un peu déçu, dans la mesure où le premier film de la dame, Vergine giurata, avait placé la barre un peu plus haut. Cette fois, malgré deux actrices à la présence lumineuse, Alba Rohrwacher et Valeria Golino, cette histoire familiale âpre et tendue se délite et n’est pas assez tenue par une réalisatrice qui filme sans se poser la question du point de vue qu’elle doit avoir. C’est dommage, et on aurait préféré défendre Figlia mia.

Thématique migratoire

Reste donc Marcel Imhoof, notre star nationale, qui a eu droit de son côté à une sélection officielle hors compétition avec Eldorado. Un documentaire qui aborde le thème des réfugiés en l’entremêlant aux souvenirs d’enfance du réalisateur, à son amitié brisée avec une jeune réfugiée italienne, Giovanna, que ses parents avaient d’abord adoptée lorsqu’il était petit.

On ne va pas se mentir, la thématique migratoire n’attire pas forcément les foules et la première séance du film au Berlinale Palast était un peu plus clairsemée que d’ordinaire. Le marché du film ayant fermé ses portes hier, nombre d’affairistes s’en sont déjà allés. Ceux qui restent ont pourtant apprécié le travail d’Imhoof, qu’on a le droit de préférer lorsqu’il parle de la disparition mondiale des abeilles dans More than Honey (2012).

Eldorado suit des migrants qui ont été sauvés et repêchés près des côtes libanaises, puis dirigés en Italie. Là, ils ont le choix d’attendre dans des abris, quitte à se faire déporter, ou de quitter les camps pour travailler illégalement, au risque de se faire exploiter.

«Images subjectives»

Ce cercle vicieux aux contours cruels n’est pas présenté ni traité sur un mode dramatique. Le parallélisme avec les propres souvenirs d’enfance d’Imhoof cassent justement le rythme du documentaire en proie avec le réel que constituent ces films parlant des migrants, tel celui de Gianfranco Rosi, primé à Berlin en 2016, Fuocoammare. Imhoof ne donne dès lors pas l’impression de répéter quelque chose de déjà-vu.

«Mes images sont purement subjectives», déclarait-il ensuite en conférence de presse. «Je pense simplement que mon film est un exemple pour l’espoir. Et que l’espoir, c’est nous.» A ses côtés, Akhet Tewende, l’un des protagonistes du film, qui étudie en ce moment l’économie à la Sorbonne, remerciait à sa manière le cinéaste: «Ce film synthétise ma vie. Il témoigne d’une réalité que les journalistes n’abordent jamais, ou pas assez. J’aime beaucoup le journalisme, mais je n’aime pas trop les journalistes. Ils écrivent pour leurs audiences uniquement, ou pour plaire à leurs lecteurs.»

Un coup de gueule qui a paradoxalement plu aux gens des médias présents. Ce sont les mêmes qui ont ovationné juste avant un film d’une sensibilité inédite, qui aurait très bien pu briguer la compétition officielle. La date de sortie d’Eldorado en Suisse romande n’est pas encore connue, mais devrait se situer au printemps. (24 heures)

Créé: 22.02.2018, 19h29

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