Première Suissesse à la tête d’une société savante

ÉgalitéNée en 1905 à Genève, Marguerite Dellenbach est une ethnologue dont le parcours est marqué par une forte ascension sociale.

Image: UNIGE

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Après avoir suivi une formation de chapelière, Marguerite Dellenbach devient, en 1922, secrétaire pour le Musée ethnographique de Genève (MEG), qui est dirigé par l’anthropologue Eugène Pittard. Ses tâches, faiblement rémunérées, relèvent alors de l’administration générale. Au fil des années, elle acquiert néanmoins des compétences en ethnographie et en anthropologie, en suivant des cours à l’Université de Genève, et s’impose comme une véritable collaboratrice.

À partir de 1929-1931, elle est pressentie pour assurer la direction du MEG en cas de mise en retraite ou de décès d’Eugène Pittard. N’ayant pas les diplômes requis pour ce poste, elle soutient, en 1935, une thèse à l’Université de Grenoble, sous la direction de Raoul Blanchard, sur l’étude de la civilisation paléolithique dans le massif alpin. En juin 1951, elle est nommée directrice du MEG et exerce ce rôle jusqu’en 1967.

Dans le cadre de ses fonctions, Marguerite Dellenbach organise la première expédition du musée au Sahara, en 1948. Elle conduit plusieurs enquêtes de terrain à l’étranger: en Afrique occidentale, en Kabylie, en Chine, au Proche-Orient, en France et au Népal, où elle est l’ethnologue de la mission scientifique genevoise pour l’expédition suisse de 1952. Sous sa direction, le musée acquiert des poteries domestiques en provenance du monde entier et organise plusieurs expositions temporaires, comme celles sur «les armes d’Afrique», en 1952, ou sur «le mobilier de repos et de parade», en 1965.

Quant à ses publications, elles portent aussi bien sur les estampes japonaises d’Hiroshige que sur les bambous de Nouvelle-Calédonie, pour lesquels elle collabore avec son mari, l’ethnologue Georges Lobsiger. Il est à noter que ses textes sont parfois marqués par les idées ethnocentriques du début du XXe siècle.

Au cours de sa carrière, Marguerite Dellenbach réussit à prendre sa place dans un monde scientifique masculin. En 1944, elle devient la première femme suisse à présider une société savante, la Société de géographie de Genève, et en dirige par la suite plusieurs autres. Elle intervient aussi au sein de plusieurs congrès internationaux, comme celui d’anthropologie et d’archéologie préhistorique de Bucarest, en 1937. Quant à ses travaux, ils sont récompensés par diverses distinctions, dont la médaille française de chevalier de l’Ordre des arts et des lettres. Elle décède en août 1993.

(24 heures)

Créé: 04.06.2019, 09h39

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