Streaming, playlists et balades virtuelles à la rescousse des confinés

CoronavirusFaute de pouvoir guincher en ville, autant vivre au mieux son cocooning forcé. Avec les offres en streaming, invitez la culture dans votre salon. Propositions.

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Discothèques fermées, périmètre de sécurité sanitaire entre les fauteuils de cinéma et de théâtre, spectacles et concerts annulés… c’est un fait, l’ambiance est un brin plombée pour qui veut se divertir. Ne nous laissons pas abattre pour autant. Si la culture du réduit s’impose, profitons de découvrir ce qu’elle a de meilleur à offrir en ligne.

Concerts et opéras

Il y a deux décennies et des poussières, la plateforme française de streaming mecici.tv faisait ses premiers pas sur les écrans des mélomanes. Tout un monde, d’habitude tatillon face aux innovations technologiques, découvrait cette petite révolution qui consistait à assister à distance, depuis son canapé, en direct ou différé, à des concerts et des opéras. Depuis, le site est devenu un incontournable dans le domaine, en présentant une offre toujours plus étendue de spectacles et en améliorant la qualité de ses captations, tant sur les images que pour le son. Aux temps du Covid-19, on ne saurait que conseiller une plongée dans ce menu débordant, où les archives et les directs se côtoient. Vous voulez savoir ce que vaut la nouvelle production d’«Euphigénie en Aulide» de Gluck, donnée à l’Opéra d’Amsterdam? Un clic et vous y êtes. Une envie de retrouver la pianiste Martha Argerich dans le concert livré il y a quelques jours à Tel-Aviv? Curieux de retrouver sur un podium le chef Valery Gergiev et la violoniste Janin Jansen au Barbarican de Londres? Tout est à portée de clavier et d’écran. Les formules d’abonnement s’articulent soit par mois – 9,90 euros –soit par année - 99 euros.

Musique de salon

Le confinement peut être l’occasion de se caler dans son fauteuil favori et d’écouter des flots de bonne zique. De la zique choisie, tant qu’à faire. Depuis quelques semaines, on a vu, ou plutôt ouï, fleurir sur les plateformes musicales une flopée de listes plus ou moins savoureuses, mais toutes axées sur le virus qui sévit. Sur Spotify, voilà donc la «Coronavirus Washing Hands Playlist», dont les 50 chansons comprennent des refrains d’au moins vingt secondes, à chanter en chœur le temps de se laver les mains pour se conformer aux directives sanitaires. Voilà encore «Coronavirus: Beats To Panic To», sélection d’une centaine de ritournelles aux titres évocateurs: «Temperature», «I Wear A Mask» ou «I Will Survive». Sans oublier le fameux «Dont Stand So Close To Me» de Police, qui, quarante après sa sortie, se retrouve brusquement en phase avec l’actualité. Qui l’eût cru?

Un peu d’humour

Ne vous laissez pas gagner par la morosité ambiante, c’est important de garder le moral. Les humoristes nous rendent bien service à cet égard, puisque leurs spectacles sont facilement disponibles en ligne, notamment sur YouTube. Quelques valeurs sûres: le premier spectacle de Thomas Wiesel, à Beaulieu, en 2017, les chroniques en enfilade de Marina Rollman ou encore celles de Nora Hamzawi, disponibles en vrac sur YouTube.

Scènes

Les personnes confinées et atteintes d’addiction aux arts de la scène n’auront d’autre choix, pour assouvir leur manque, que de se rabattre soit sur les rares incontournables du théâtre filmé (le «Mahabharata» de Peter Brook ou le «Mélo» d’Alain Resnais au hasard), soit sur les quelques sites de streaming dédiés aux plus gros succès dans les domaines du théâtre, de l’opéra ou de la danse. Pour les francophones, on pense à opsistv.com, qui propose «plus de 600 spectacles à découvrir chez soi pour être toujours au premier rang», classés selon des catégories«Classique», «Comédie», «Contemporain», «Danse», «Jeunesse», «Masterclasses» ou «Musical». Parmi les captations proposées (6 euros par mois, première semaine offerte) caracolent toutes sortes d’auteurs, des plus illustres aux plus obscurs, reléguant au second plan les compagnies qui les servent, pourvu qu’elles aient connu leur heure de gloire à Paris. L’équivalent existe dans la langue de Shakespeare, au bout des URL digitaltheatre.com ou watchstage.com.

Une visite au musée

En ces temps d’assignation à résidence, il demeure possible de se ravir les quinquets. Beaucoup de musées proposent de visiter virtuellement leurs expositions. La Frick Collection de New York offre par exemple une balade numérique très fluide et agrémentée de commentaires audio en six langues dans certaines salles. Les amateurs d’histoire naturelle lui préféreront un tour au Smithsonian, ceux que l’art pariétal enchante plongeront dans la grotte de Lascaux. À noter encore les abondantes ressources du Google Art Project.

Séries, quoi de neuf?

Rien de tel qu’une bonne série pour supporter le confinement. Parmi les nouveautés du week-end, la saison 3 de la série espagnole «Elite» (sur Netflix) est parfaite pour des ados qui s’ennuient, ou, si l’on est porté à cultiver l’ambiance du moment, la saison 2 de «Black Monday» sur la Bourse qui se crashe, dès dimanche, sur Showtime.

Un débat de saison

Le FIFDH, comme bien d’autres événements, a dû être annulé à cause du maudit virus, mais il a pu sauver ce qui peut l’être. Les débats prévus se sont tenus et sont consultables en ligne, librement. S’il faut en choisir un, optons pour un débat de saison: «Fin du monde: la Suisse aux abris». On y découvre notamment le travail du photographe Niels Ackermann et de la journaliste Ghalia Kadiri sur la culture du survivalisme en Suisse. Alors, à votre bunker!



Covid-19: la méga-pandémie qui inspire

La maladie stimule visiblement l’imagination. Un effet secondaire inattendu mais pas indésirable

Quarantaine party

Sur Spotify, le Covid-19 est devenu viral. «Au 3mars, sur la plateforme de streaming, on recensait déjà plus de 65 chansons comptant le mot «coronavirus» dans leur titre», révèle le site d’informations économiques «Quartz». Trois jours plus tard, la barre des 80 était franchie. Entre les tubes dédiés au lavage des mains et la nouvelle façon de se saluer sans se taper la bise, on a l’embarras du choix. En tête du top50? «La Cumbia Del Coronavirus» de Mister Cumbia fait le buzz sur la plateforme musicale. D’autres titres inspirés du Covid-19 déboulent aussi sur YouTube, où les chorégraphies les plus farfelues se multiplient.

Dessine-moi un virus

Prémonition? C’est au Suisse Jared Muralt que l’on doit «La Chute», une BD consacrée à une épidémie de «grippe estivale» sans précédent qui ébranle le monde entier. «Dans «La Chute», la société est attaquée par un virus dont la dangerosité n’est pas comprise dès le début», explique l’auteur au journal «Le Figaro». L’histoire se déroule à Berne… La capitale suisse perd pied et sombre dans la violence et le chaos. Les supermarchés sont dévalisés, les bulletins d’information se multiplient et se contredisent. La guerre civile gronde… Une BD qui vous file des frissons sans avoir la fièvre.

Playlist anticontagion

En Italie, sous cloche depuis bientôt une semaine, les miniconcerts fleurissent sur les réseaux sociaux. Pas question de se laisser aller ni de laisser la population déprimer. #iosuonodacasa, c’est du live, du bon et que du bonheur pour pas un rond. Quand on est privé de concert, la chanson s’invite donc à la maison. Une initiative que l’on doit à une collaboration entre Rockol, All Music Italia et Friends and Partners, qui ont demandé aux principales têtes d’affiche italiennes de mettre en place une version Instagram de leur prestation. Après Paola Turci, Alberto Urso, Piero Pelù, Modà et Nek, c’était au tour de Gianna Nannini ce vendredi de se produire en direct de son salon.

Le porno contaminé

Ultime fantasme, du sexe avec un masque chirurgical. Mieux, avec une combinaison de protection. Certes peu glamour, le méchant virus est un nouveau trend en matière de X. Désormais, des centaines de vidéos «amateur» contiennent la mention «coronavirus». Et la tendance cartonne sur Pornhub, qui a décidé d’offrir un mois d’abonnement premium à tous les Italiens confinés, histoire de leur redonner la banane entre deux séances de télétravail. Le leader mondial du porno online n’est pas le premier à surfer sur l’épidémie, le site XHamster était déjà open bar en février pour les citoyens assignésà résidence par le Covid-19.

Y.V.D.S.

Créé: 15.03.2020, 09h37

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