Un speed dating pour se faire une toile

AmbianceLe Musée d’art et d’histoire organisait ce jeudi soir son troisième afterwork pour attirer un nouveau public entre ses murs.

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A gauche, une poussette, à droite un petit groupe d’étudiants qui viennent de débriefer leur journée de cours. En musique de fond, hier soir, les sons du thérémine, premier instrument de musique électronique, activés dans la salle beaux-arts à côté d’un Saint Paul du 17e. Devant vous? La Fontaine personnifiée d’Agasse. Assis par terre, le public de ce speed dating artistique au Musée d’art et d’histoire écoute la médiatrice raconter la légende de cette ondine sans âme, de cet amour transi, d’une maîtresse sans vergogne. Et d’un prince noyé dans les larmes de sa première épouse. Vite fait, 15 minutes.

Puis on se dirige vers les collections archéologiques. Des danseurs juchés sur des blocs de bois se tortillent à côté d’amphores qui reviennent de loin, genre 2500 ans.

Le bar et les armures

Pleine réussite pour ce troisième afterwork du MAH, dont le plafond de la majestueuse entrée a été illuminé par des projections graphiques jusqu’à 22 h. «C’est moins lugubre que d’habitude, ces soirées donnent vie au musée. On pique quelques informations, on découvre des œuvres et on passe dans des salles qui nous donnent envie de revenir», expliquent Laetitia et Sandra, la petite quarantaine. Devant La Pêche miraculeuse de Konrad Witz, un jeune homme s’étonne de ne pas venir plus souvent. Puis il passe au speed dating suivant, qui démarre entre un Mosset et un Tinguely. Cette fois, il sera question de Zeus, de Méduse, bref, de mythologie grecque, revisitée avec pas mal d’humour.

En bas dans le hall, deux lycéens exaltés s’interrogent: «Et la machine pour faire des photos souvenirs?» Juste là, avant la salle des armures qui fait office de bar. Un bar où, assis sur les canapés, on oublierait presque que l’on se trouve dans un musée malgré les cuirasses de Nuremberg du XVIe siècle qui nous font face.

Dans la cour, clope au bec

Avec ces nocturnes festives et néanmoins culturelles, le MAH suit la tendance qui se propage à travers le globe, du Louvre à Paris au Metropolitan Museum de New York, avec un détour par les Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds et le Musée de la Main à la Lausanne.

Particularité genevoise: le timing de ces soirées démarrées en octobre tombe à pic, juste pour le lancement de la campagne en vue de l’agrandissement et de la rénovation du musée, projet sur lequel le peuple se prononcera le 28 février. Pourtant on nous l’assure, pas de manœuvre électorale là derrière. Dans les esprits des médiateurs, attachés à faire venir dans l’institution les 25-45 ans, l’idée gambergeait depuis un bout de temps. L’intention est aussi politique puisqu’elle émane d’une motion déposée par quelques élus municipaux visant à élargir l’heure d’ouverture des musées pour des nocturnes. Ouvrir pour ouvrir, cela ne paie pas. Les afterworks, si. Avec cette foule incroyablement bigarrée, la cible est largement dépassée. Hier soir, même la cour avait trouvé une raison d’être: on y fumait des clopes une bière à la main.

Créé: 26.11.2015, 22h23

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