Passer au contenu principal

«L’Âge des ronces» d'Augustin Rebetez tire à vue et pique du verbe

A Vidy, le nouveau spectacle du plasticien se gonfle d’images et de sons, mais trébuche sur le texte.

Le photographe et artiste-plasticien Augustin Rebetez au Théâtre de Vidy. (4 décembre 2017)
Le photographe et artiste-plasticien Augustin Rebetez au Théâtre de Vidy. (4 décembre 2017)
Florian Cella/24Heures

Il y a comme des soleils noirs et des armes blanches qui passent dans les productions théâtrales du plasticien Augustin Rebetez. Après Rentrer au volcan, créé il y a deux ans à Vidy, le Jurassien y revient pour présenter son Âge des ronces (lire notre édition du 6 décembre). Une nouvelle incursion dans des atmosphères où règnent la pénombre et la violence, avec ce paradoxe d’une puissante énergie vitale infusant le spectacle. Les étendards y sont d’encre, mais ornés d’un cœur.

Après un travail sur l’origine œuvrant dans une intimité enténébrée, pour ne pas dire le confinement, cette nouvelle pièce se saisit avec aisance de l’espace, opérant une transposition visuelle de son œuvre graphique sur scène. Ses arabesques blanches sur fond noir, tordues et malades, deviennent ainsi des structures à mi-chemin entre l’arbre et la machine, emblème d’un double registre de connexions, végétal et informatique, dualité non dénuée de parasitisme poétique qui s’affronte sur le terrain de la survie mentale.

Tableaux mouvants

La dimension sonore et musicale prend également de l’ampleur, parcourant tout le spectre, de l’explosion et du bruitisme à la transe percussive et jusqu’à la ritournelle susurrée. Les sons deviennent un protagoniste de premier plan du lexique scénique de ce créateur qui s’exprime par une succession de tableaux mouvants, dramaturgie qui prend les yeux et les oreilles pour cible.

Cette fois, la parole s’invite sur le plateau, d’abord au gré du martèlement d’un long manifeste scandé par le rapper et comédien AbSTRAL compost. Ce jet de désir verbal qui vaut autant programme que frustration, assurance et agacement, lance l’affaire avec intensité, mais, trop long, peine ensuite à s’insérer dans la plastique de la pièce, prenant le risque d’une énumération fastidieuse et d’une mise en évidence de certaines naïvetés. Dans la deuxième partie du spectacle, cet écueil est surmonté avec des scènes où les différents éléments s’ajustent beaucoup plus fortement. Ces défauts de jeunesse ne nuisent pourtant que modérément à cette œuvre d’art totale dans laquelle le spectateur – amenez vos ados – se fait bousculer avec bonheur.

----------

L'Âge des ronces

Lausanne, Théâtre de Vidy, Pavillon Jusqu’au ve 15 décembre. Rens: 021 619 45 45. www.vidy.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.