Dans les Alpes, les hôtels de luxe se renouvellent et résistent à la crise

Testé pour vousLes établissements quatre et cinq étoiles n’ont jamais été aussi nombreux en altitude. Sélection.

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«Le secteur du luxe s’en sort bien, car la Suisse est à l’origine une destination de luxe», reconnaît Thomas Allemann, membre de la direction d’Hôtellerie Suisse. Alors que de nombreux établissements deux et trois étoiles doivent se battre pour faire le plein dans les Alpes, les quatre et cinq-étoiles tirent plus facilement leur épingle du jeu. Mais, pour résister à la concurrence étrangère et face à une clientèle toujours plus exigeante, il n’y a pas de miracle. Ainsi, observent les acteurs de la branche, ces structures doivent constamment investir et améliorer leurs prestations.

Se lover dans un lit douillet avec vue sur le Cervin, déguster un cocktail dans un lobby au design branché réchauffé par un faux (ou vrai) feu de cheminée, détendre ses muscles dans un spa aux multiples bains de vapeur après une journée de ski: ces expériences alpines exclusives s’offrent pour une occasion spéciale, se découvrent grâce à une action promotionnelle ou se savourent régulièrement selon l’état du porte-monnaie. Les occasions sont aussi nombreuses que les nouveautés. La rédaction a sélectionné et testé neuf hôtels de catégorie quatre et cinq étoiles, situés dans les Alpes vaudoises, valaisannes, bernoises et françaises, toujours à distance raisonnable de l’arc lémanique. Leur point commun? Tous ont été entièrement rénovés ou construits ces sept dernières années (lire encadrés).

Rachat par des fonds étrangers

Ce secteur a bénéficié de l’arrivée d’importants capitaux financiers. «Il s’est restructuré autour de grands groupes internationaux», confirme Roland Schegg, professeur à l’Institut du tourisme de la HES-SO Valais-Wallis. La longue tradition des familles d’hôteliers suisses propriétaires de quatre et cinq-étoiles dans les Alpes depuis la fin du XIXe, à l’instar des Scherz à Gstaad ou des Seiler à Zermatt, est aujourd’hui en voie de disparition. «La pression du marché les oblige à investir dans des infrastructures et les dépenses sont toujours plus lourdes. Résultat: de moins en moins de ces familles arrivent à survivre et vendent à des chaînes internationales, des investisseurs institutionnels ou des mécènes», explique Thomas Allemann. C’est ainsi que ces hôtels ont retrouvé un nouveau souffle et élargi leur clientèle à travers des rénovations de fond. Les chiffres en la matière sont assez éloquents. «Sur 92 établissements cinq étoiles dans toute la Suisse, seule une petite dizaine est encore en mains privées, principalement à Saint-Moritz, Gstaad et Zermatt.»

De nombreux investisseurs institutionnels voient un placement sûr dans ces projets immobiliers, plus qu’un rendement particulièrement attractif. L’origine de ces fonds vient toujours plus de l’étranger. «Certains riches Russes, Chinois ou Singapouriens ont déjà un attachement personnel avec la Suisse. Dans notre pays, il n’y a pas tant de personnes qui peuvent investir les 50 à 100 millions de francs nécessaires pour gérer un cinq-étoiles. D’ailleurs les nouvelles constructions sont plus nombreuses parmi les quatre-étoiles, dont les emplacements sont plus faciles à trouver.»

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Philippe Pasche, de la Société suisse de crédit hôtelier, observe lui aussi, ces deux ou trois dernières années, une augmentation des investissements dans de nouveaux projets et des rénovations lourdes. Le marché touristique reste porteur, d’autant plus avec des taux d’intérêt extrêmement bas. C’est le cas par exemple des régions comme Grindelwald, Flims, Scuol, Pontresina, Zermatt, Saas Fee et Crans-Montana, où ça bouge le plus. Du côté des Alpes vaudoises, en revanche, la situation est beaucoup plus calme, encore empreinte d’un tourisme basé sur les résidences secondaires familiales mais aussi les écoles internationales.

Moins d’hôtels mais plus grands

Pour survivre, le marché hôtelier suisse a dû réduire la voilure. «Sur près de 8000 hôtels dans les années 1970, on n’en compte qu’un peu plus que 5000 aujourd’hui. Mais le nombre total de lits hôteliers en Suisse n’a varié que très peu, ce qui veut dire que les petits établissements ont quitté le marché au profit des grandes structures (plus de 50 chambres)», ajoute Roland Schegg. Conséquence: le nombre de quatre et cinq-étoiles a augmenté, celui des une et trois-étoiles a diminué. Afin d’être rentable tout au long de l’année, le secteur du luxe alpin a réussi à adapter son offre à toutes les saisons et notamment investi dans ses spas, salles de conférences, etc., tout en proposant les chambres plus grandes demandées par la clientèle. «Les saisons fréquentées par les clients sont plus longues pour les trois que pour les cinq-étoiles, précise Thomas Allemann. Pour ces derniers, la haute saison est celle qui compte. L’occupation doit être à son maximum afin de rentabiliser un niveau de service très exigeant et du personnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils ferment en moyenne entre trois et cinq mois par an.» Si la saison hivernale est généralement la meilleure, il existe aussi des destinations de luxe, comme Gstaad, qui attirent également leur clientèle en été.

À l’Observatoire valaisan du tourisme, on constate une montée en gamme des hébergements de montagne ces cinq dernières années. Cela se vérifie dans l’arc alpin suisse mais aussi français, qui a vu le déploiement de grands groupes tels Barrière ou Four Seasons investir dans des complexes hôteliers «à vision holistique», exploitables aussi bien l’été que l’hiver. «Dans les stations de ski de France voisine, plus d’un quart des établissements se situent dans la gamme supérieure (quatre étoiles ou plus). En termes de lits, ils représentent même 37% de l’offre», note Nicolas Délétroz, professeur à l’Institut du tourisme de la HES-SO Valais-Wallis et chef de projet à l’Observatoire valaisan du tourisme.

Le haut de gamme hôtelier alpin est aujourd’hui en train de se diversifier. Au-delà du traditionnel palace se dessinent de nouvelles formes de parahôtellerie, comme les chalets privatisés avec service de conciergerie et chef à domicile. Côté design, fini le brut rustique, place aux atmosphères stylées «pierres, vieux bois et notes modernes» dans des pièces plus grandes. «Le luxe s’infiltre aussi dans les concepts hybrides où les clients ne savent plus vraiment s’ils sont dans un appartement ou un hôtel.» Des lieux où des espaces de coworking se développent pour cette génération Y, nomade et adepte de bureaux partagés, de flexibilité dans les horaires et dans les moyens de réservation. Le luxe de demain a déjà trouvé les moyens de se réinventer.

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La sélection de la rédaction

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Les Gentianettes ont gagné une étoile

La Chapelle-d’Abondance, Haute-Savoie, 4 étoiles, rénové en 2017

Particularité: hôtel familial, Les Gentianettes offrent un agréable havre de paix dans le val d’Abondance, à deux pas de la frontière. Les Trincaz ont résisté aux sirènes des apparthôtels pour préserver la tradition hôtelière locale. La 5e génération a décidé de passer à la 4e étoile.

Présentation de l’hôtel: en dehors de la station touristique de Châtel, La Chapelle-d’Abondance cultive l’authenticité d’un village haut–savoyard préservé. La famille Trincaz y a toujours travaillé dans l’hôtellerie et le commerce. Acquis par Claude Trincaz en 1994, Les Gentianettes étaient une «maison d’enfants», sorte de pension longue durée. À l’ouverture, l’hôtel avait deux étoiles et touchait une clientèle familiale. Au fil des rénovations, l’établissement a gagné une étoile en 2008, et les deux enfants de Claude et Nathalie, Nicolas et Sandrine, ont rejoint l’affaire, tandis que papa s’active en cuisine. «L’année charnière, c’était en 2016-17, explique Nicolas. Nous étions obligés de refaire les chambres pour nous adapter aux normes. Les apparthôtels se développaient énormément, profitant des avantages de la défiscalisation. Soit on faisait la même chose, soit on montait en gamme. À l’étranger, mon papa choisit toujours des quatre-étoiles. Je lui ai dit: «Si tu veux que des gens comme toi viennent chez toi, il faut faire le saut! On l’a fait, sans investisseur externe.» La rénovation de la salle du restaurant, toute en boiseries, séduit, mais le chef était malheureusement absent le soir de notre passage. Au sous–sol, les carnotzets cultivent l’esprit savoyard (fondue, tartiflette, grillades, mondeuse...) dans un décor quasi muséal.

L’hôtel attire sa clientèle plutôt du Nord, principalement de la vallée du Rhin, via la Suisse. Nicolas Trincaz constate avec plaisir que la moitié de ses hôtes pratique d’autres activités hivernales que le ski aux Portes-du-Soleil: promenades à pied, randonnées en raquettes ou à peau de phoque, ski de fond, chiens de traîneau et même ski-joëring (le skieur est tiré par un cheval): «Le ski alpin est devenu trop rapide; l’alternative, c’est le «slow snow»!»

Infos pratiques: 74360 La Chapelle-d’Abondance. Rens.: +33 450 73 56 46, bienvenue@gentianettes.fr, www.gentianettes.fr. Prix pour une chambre double, de 80 à 320 euros selon la catégorie et la période. Gros petit–déjeuner en sus: 17 euros.

Matthieu Chenal


L’Hôtel Rougemont marie design et confort avec goût

Rougemont (VD), 4 étoiles, rénové en 2014

Particularité: le village de Rougemont n’est pas Gstaad, mais c’est pour ça qu’on l’aime (aussi). Dans un environnement à l’âpreté montagnarde revivifiante, l’hôtel assure un luxe sans étalage, une élégance bien arrimée dans son écrin agreste et un credo affirmé pour l’art local, qu’il s’agisse des produits de son restaurant comme des éléments et des techniques de son architecture.

Présentation de l’hôtel: du bois, encore du bois, du bois partout! En 2014, la reconstruction du Rougemont a accroché quelques étoiles supplémentaires au fronton du vénérable établissement, dont il ne reste presque rien de la structure originelle. Dans le style traditionnel des chalets du Pays-d’Enhaut, il a choisi principalement le sapin apparent et naturel pour orner les beaux volumes de ses pièces, dont un lobby à l’impressionnante cheminée centrale. Le design n’abandonne rien au confort, comme dans les 33 chambres et suites à la chaleureuse clarté boisée. Elles sont complétées – sublimées, plutôt – par le Chalet de Rougemont, déployant ses 540m2 sur trois étages, avec sa suite cathédrale, ses deux immenses salons et sa table à manger aux lustres cubiques éclairant une gigantesque poya au plafond. Pour les familles très nombreuses ou très riches, idéalement les deux à la fois.

Au sous-sol de l’hôtel, une salle de projection aux sièges épais permet d’affronter la tempête de neige (hélas rare de nos jours à cette altitude, au détriment des remontées mécaniques de la Videmanette faisant face à l’hôtel), à moins qu’on ne préfère lézarder entre piscine, hammam et sauna en espérant les flocons tomber. On trouvera quand même l’énergie pour se hisser jusqu’au Roc, le quatorze-étoiles au Gault&Millau dont la carte oscille entre composition surprise du chef Philippe Bouteille et deux menus de trois et quatre plats aux saveurs strictement régionales, comme «L’œuf d’une poule rodzemounaise», moins étrange que son nom mais fin et crémeux, ou le «pavé de truite de Neirivue» avec sa pulpe de topinambour. Les deux beurres apprêtés en amuse-bouche, dont l’incroyable beurre au charbon minéral, titillent autant l’appétit que la curiosité.

Infos pratiques: ch. des Palettes, 14 à Rougemont. Rens.: 026 921 01 01. www.hotelderougemont.com. Chambre double dès 250 fr. (basse saison) et 350 fr. (haute).

François Barras


Le HUUS veut qu’on s’y sente comme à la maison

Saanen-Gstaad (BE), 4 étoiles supérieur, rénové en 2016

Particularité: une ambiance détendue dans un cadre branché et ouvert aux familles avec sa garderie et son kid spa.

Présentation de l’hôtel: en franchissant la porte du HUUS, on a l’impression d’arriver dans un bar avec son lobby cosy où le client est invité à bouquiner, partager un jeu de société dans des canapés confortables tout en sirotant un verre. Un DJ met l’ambiance à l’heure de l’apéro le week-end. Le concept du HUUS (la maison en suisse-allemand) veut rendre le luxe décontracté et cela fonctionne bien. De l’extérieur, cet hôtel de style chalet a gardé son enveloppe d’origine du temps où il s’appelait encore le Steigenberger. Racheté et entièrement rénové de l’intérieur en 2016, l’hôtel compte 136 chambres réparties sur six étages, le plus grand de toute la région de Gstaad. Ses propriétaires, des Suisses associés à des étrangers, ont choisi un positionnement qui manquait dans la station chic bernoise: proposer les prestations d’un quatre-étoiles supérieur à une clientèle jeune mais aussi à des groupes (principalement des entreprises) qui peuvent bénéficier des trois salles de conférence à disposition. Une manière de rentabiliser l’établissement même en période creuse. Situé au-dessus de Saanen et à quatre kilomètres du centre de Gstaad, l’hôtel offre, depuis ses chambres spacieuses et décorées avec goût, une magnifique vue sur les sommets dont le Rubli. Les familles sont chouchoutées avec une série de prestations comprises dans le prix de base. À savoir une garderie ouverte toute la journée avec coin bricolage, lecture, home cinéma. Les petits ont aussi leur coin spa (le seul de tout Gstaad) avec une douche en forme de grotte et un sauna adapté, situé à côté de celui des adultes. Les ados ne sont pas oubliés avec un étage dévolu aux PlayStation, billard et autre baby-foot. Côté restauration, un chef italien propose à la carte une belle variété de mets mais au rapport qualité-prix un peu élevé. En hiver, deux igloos sur la terrasse invitent à déguster des fondues au champagne dans une ambiance romantique.

Infos pratiques: Schönriedstrasse 74, Saanen-Gstaad. Rens.: 033 748 04 04. huusgstaad.com/fr/. Pour une chambre double, les prix commencent à 300 fr. (basse saison) jusqu’à 650 fr. (haute saison, période de Noël), petit-déjeuner inclus.

Rebecca Mosimann


Le 22 Summits, le rêve très chic d’une fratrie

Zermatt (VS), 4 étoiles, ouvert en 2018

Particularité: on serait tenté de dire… le grand jacuzzi en plein air, point fort et original du spa! Mais ce Boutique Hôtel se distingue aussi par son accueil chaleureux, l’atmosphère cosy chic et une sensibilité à la protection de l’environnement (bois autochtone, pompe à chaleur, savons recyclés, produits maison ou locaux au petit-déjeuner). À la barre, la très jeune fratrie Julen: Nicola (27 ans), Carolina (26 ans) et Rachel (23 ans). Norbert le papa est guide, Carmen la maman tient l’apparthôtel Casa Vanessa. Une famille également propriétaire du Hennu Stall, l’étape incontournable de l’après-ski à Zermatt. Impliquée à fond dans la vie quotidienne de l’hôtel, la fratrie réalise son rêve d’un projet en commun.

Présentation de l’hôtel: accroché à sa roche qui se laisse voir dans le spa, si le 22 Summits Boutique Hôtel de Zermatt flirte avec les sommets, il sait aussi rester à taille humaine. Discret dans son habillage de bois épousant la déclivité, l’établissement familial cultive son chiffre fétiche – le 22 – emprunté au nombre de montagnes de plus de 4000 mètres surplombant la station haut-valaisanne. Ouvert le 22 décembre 2018, l’hôtel propose 22 chambres spacieuses (dont deux suites) déclinant l’amour des beaux matériaux comme un goût pour l’élégance chaleureuse. Certaines se tournent côté soleil du matin, d’autres, «de luxe», offrent un tête-à-tête avec le Cervin. Toutes proposent le combiné douche et baignoire dans une salle de bains vitrée, des balcons qui appellent à la sieste ainsi qu’une belle capacité de rangement pour tous types de séjour. Quatre étoiles situé à bonne distance du départ du Matterhorn ski paradise – même pas le temps de sentir le poids des skis sur l’épaule d’autant que le local de skis est au rez-de-chaussée – le garni s’est bâti sur une histoire familiale, il en vit et affiche son intérêt pour les histoires vécues. Son site internet en racontera petit à petit et comme par hasard 22. Des récits de montagnes et d’exploits qui ont fait la grande histoire de la station.

Infos pratiques: Zen Steckenstrasse 4. Rens.: 027 966 35 22. www.22summits.ch. Chambre double en hiver, avec petit-déjeuner entre 339 et 589 fr. En été, avec petit-déjeuner entre 276 et 396 fr.

Florence Millioud Henriques


Le White, chic et douillet face aux Dents-du-Midi

Champéry (VS), 4 étoiles, rénové en 2015

Particularité: sa couleur blanche et sa vue panoramique sur les Dents-du-Midi.

Présentation de l’hôtel: on ne peut pas le rater, il trône juste à l’entrée du village de Champéry. Le White annonce fièrement la couleur. Résolument blanc! Avec un W géant pour compléter le tableau. Il faut dire que ce quatre-étoiles revient de loin. C’est un avatar de l’ancien Hôtel du Parc, un établissement modeste arrivé à bout de souffle avant son rachat en 2012 par la famille Blanc. Tombés amoureux du val d’Illiez et flairant le potentiel de cette vieille bâtisse décrépite nichée au pied du plus grand domaine skiable d’Europe, ces propriétaires français parient sur un repositionnement, histoire de se démarquer de la concurrence tout en complétant l’offre d’hébergement de la station. Le White a rouvert en 2015, après une transformation radicale et de lourds investissements.

On s’attendait à un décor tape-à-l’œil. Pas du tout. Passé le petit lobby immaculé qui fait à la fois office de bar et de réception, on découvre un décor assez sobre, dans un style chic alpin épuré très contemporain, avec quelques allusions discrètes à l’imagerie montagnarde, dont un faux feu de cheminée. Idéal en cas d’overdose de décors rustiques et d’ambiances pain-fromage.

Situé à 100 mètres de la gare et à 50 mètres de la navette qui conduit gratuitement aux remontées mécaniques, Le White compte 24 chambres, deux suites, un sauna avec douches sensorielles, une vaste et lumineuse salle à manger qui donne sur une terrasse et une grotte (lounge bar) où il fait bon se détendre avant de sortir dîner.

L’accueil est plus chaleureux que formel, le personnel souriant et attentionné, la clientèle internationale. Le nouveau directeur, Thomas Lock, est arrivé il y a quatre mois avec la mission de redynamiser l’hôtel. Dans cet esprit, il a resserré les liens avec les producteurs de la vallée afin de donner du caractère au buffet du petit-déjeuner et vient de lancer les goûters après-ski.

Infos pratiques: Route de Chavalet 3, Champéry. Rens: 024 479 04 04. www.lewhite.ch. Le prix d’une chambre double se situe entre 180 fr. (basse saison) et 310 fr., petit-déjeuner inclus.

Joëlle Fabre


À Verbier, l’hyperluxe branché du W sait rester chaleureux

Verbier (VS), 5+ étoiles, ouvert en 2013

Particularité: le confort absolu dans une ambiance branchée mais décontractée est la marque de fabrique de la chaîne W, du groupe Marriott. Ouvert en 2013, celui construit au bas des pistes de Verbier ne déroge pas à la règle.

Présentation de l’hôtel: les plaques accrochées sur le pourtour des portes d’entrées annoncent la couleur: le W Verbier est depuis quatre années consécutives le Word’s Best Ski Hotel, autrement dit le meilleur hôtel de ski du monde!

Installé juste à côté de la station intermédiaire de Médran, il est la déclinaison valaisanne du concept W de la chaîne Marriott. On y retrouve donc cette ambiance très particulière, mariage d’hyperluxe, de matériaux nobles (pierre et bois) et d’art contemporain. Autre particularité, l’attitude du personnel. «Nous mettons moins de distance avec le client que dans les cinq-étoiles traditionnels, pour que les gens se sentent à l’aise», explique Stéphanie Oliver, directrice marketing et communication du lieu. Cela n’empêche pas une disponibilité vingt-quatre heures sur vingt-quatre et une réponse apportée à toutes les demandes, «pour autant qu’elles soient légales».

Pour mieux s’adapter à l’environnement alpin, les architectes ont entièrement habillé de vieux bois les cinq bâtiments de l’hôtel. Le restaurant principal, le W Kitchen, cuisine à base de produits régionaux et propose à sa carte viande d’Hérens et bouteilles de vins valaisans. Mais pas de fondues ni de raclettes, l’offre en la matière étant déjà bien suffisante dans la station. Même au spa un effort est fait, puisque les deux gammes de cosmétiques proposées sont suisses.

Pour le reste, on retrouve les classiques du concept avec foison de bars et services: du bar à tapas au hammam en passant par les séances de yoga après ski. Ainsi que, bien évidemment, l’immense bar à cocktails, le Living Room, faisant office de lobby et où se produisent des «mixologistes».

Tout cela a un prix, logiquement élevé. Mais l’hôtel étant un des rares de Verbier ouvert toute l’année, des promotions permettent de s’offrir «l’extra-ordinaire» hors saison pour des montants plus raisonnables.

Infos pratiques: W Verbier, rue de Médran 70. Chambre double avec petit-déjeuner dès 350 fr. la nuit en basse saison, 750 fr. en haute saison (950 fr. le we). Rens.: 027 472 88 88. www.wverbier.com

Sylvain Muller


L’Onya Resort and Spa offre une vue sublime

Bellwald (VS), 4 étoiles supérieur, ouvert en 2017

Particularité: l’alliance de l’eau et de la montagne. Seuls quelques mètres séparent le spa à l’équipement varié et les pistes de ski. Juste à côté de l’hôtel s’étirent en effet un télésiège et, en été, un vaste choix de randonnées.

Présentation de l’hôtel: la vue sur les grands sommets alpins que sont le Cervin, le Weisshorn ou la Pointe-Dufour (Mont-Rose) est sans nul doute l’un des points forts du lieu, dans la haute vallée du Rhône (vallée de Conches). C’est là que Roger et Bernadette Geissbühler, forts d’une trentaine d’années d’expérience dans le tourisme, ont construit l’Hôtel Onya Resort & Spa, ouvert en janvier 2017, un établissement 4 étoiles et demie qui jouxte le plus ancien Zur Alten Gasse (3 étoiles et demie) rénové récemment. Onya, explique le propriétaire, signifie justement «la vue», dans une des langues aborigènes du continent australien. Juché à 1650 mètres d’altitude, surplombant le vieux village traditionnel de Bellwald, l’Hôtel Onya permet de bénéficier sans restriction – en dehors des caprices de la météo – de ce magnifique panorama. Sans chercher pourtant à en mettre plein la vue: l’architecture de ce «boutique-hôtel» de 18 chambres est sobre, alliant la pierre et le bois local qui rappelle, en version moderne, la vie en chalet. Loin de l’agitation de certaines stations à la mode, le calme règne ici. Le sommeil matinal n’est même pas troublé par la mise en fonction du télésiège qui tourne dans le voisinage immédiat. Le spa complet – bassin, sauna, hammam et jacuzzi – invite à la relaxation qui peut s’amplifier au moyen d’un choix de massages à la carte. Il ne reste plus ensuite qu’à se laisser séduire par un vin valaisan – le sommelier est de bon conseil – au bar pour l’apéritif puis au restaurant qui affiche 13 points au guide Gault&Millau. Il mise sur les produits locaux dans un esprit compatible avec l’atmosphère sportive et ouverte aux familles de l’hôtel. Le seul point faible peut être la distance depuis le canton de Vaud. Il faut bien compter deux heures et demie en voiture (au départ de Lausanne) voire plus s’il neige abondamment sur la route sinueuse mais bien entretenue qui mène à Bellwald.

Infos pratiques: 3997 Bellwald, Alte Gasse. Rens.: alte-gasse.ch, info@rbghotels.ch, 027 971 21 41; prix: pour une chambre double avec petit-déjeuner, pour deux personnes, de 244 fr. (basse saison) à 344 fr. (fêtes).

Philippe Maspoli


Au Walliserhof Grand-Hôtel, le luxe de refaire l’histoire

Saas-Fee (VS), 5 étoiles, rénové en 2019

Particularité: son positionnement, de luxe au cœur d’une station sans voiture où la neige ne manque jamais.

Présentation de l’hôtel: Saas-Fee n’a rien à envier à Zermatt, si ce n’est le Cervin. Ici aussi, les voitures sont proscrites et on peut skier toute l’année. Le Walliserhof, par exemple, est passé par tous les états d’âme. De l’antique Bellevue construit en 1883 avant de brûler en 1976. Puis l’établissement est devenu le Ferienart, un hôtel en sursis concordataire et un peu quelconque. «Ces 15 dernières années, il y a eu très peu d’investissement, confirme le nouveau directeur, Thorsten Fink. Le récent propriétaire, qui n’a rien à voir avec le secteur hôtelier, l’a racheté en 2017 et y a investi quelques 19 millions de francs. Par amour. En privilégiant les matières nobles, la pierre, l’ardoise, le granit, le bois.» Ce sont les Appenzellois de Carbone Design – spécialistes du genre – qui ont remis l’intérieur au goût du jour: «un style chalet épuré, sans kitch». Il y a aussi cette volonté de s’inscrire dans le PAS – le paysage alpin suisse – avec une image résolument sportive et bien-être. Avec un spa de plus de 2000 m2 et la première crossfit box dans un cinq-étoiles en Suisse. En plus des 74 chambres, on y trouve aussi deux bars et trois restaurants, dans le Cäsar Ritz, à vocation gastronomique. La cuisine proposée par Philipp Höppler est effectivement inventive et surprenante.

Une vraie volonté durable aussi. En travaillant avec des produits locaux, en récupérant la chaleur de la cuisine et du spa pour chauffer les chambres, un label Minergie pour l’un des deux bâtiments, une électricité certifiée verte. Avec cette anecdote surprenante, le directeur a dû se battre pour obtenir ses cinq étoiles tout en refusant d’offrir aux clients les traditionnels petits échantillons en plastique contenant shampoing et autres gels.

Le Walliserhof veut «caresser l’âme», en la saupoudrant de neige hivernale si possible: «Nous sommes l’une des seules stations en Suisse où l’on sait qu’on pourra encore skier sans problème en 2050.» Reste encore à corriger quelques approximations, notamment au niveau du service, souvent dépassé.

Infos pratiques: Dorfweg, 3906 Saas-Fee. Rens.: 027 958 19 00. www.walliserhof-saasfee.ch. Dès 250 fr. la nuit en basse saison la semaine, le prix de la même chambre peut monter à 800 fr. à Nouvel-An.

Claude Ansermoz


Cosy, le Chandolin Boutique Hotel tutoie les étoiles

Chandolin (VS), 4 étoiles, rénové en 2017

Particularité: Perché à flanc de vallée face aux majestueux sommets de 4000m valaisans, le Chandolin Boutique Hotel offre un confort discret et un panorama spectaculaire.

Présentation de l’hôtel: Chandolin, ce petit village à l’authenticité toute anniviarde, qui a inspiré la voyageuse Ella Maillard et attiré des personnalités comme Edmond et Corinna Bille, Konrad Adenauer, Ferdinand von Zeppelin ou encore Edouard Ravel. Au milieu du hameau, l’un plus hauts d’Europe, trône discrètement le Chandolin Boutique Hotel. «Altitude, contemporain, convivial, gourmand, bien-être.» Le slogan qu’arbore l’établissement se vérifie dès l’entrée dans le lobby, avec ses pierres brutes et ses bois de cèdre qui composent un décor feutré, avec son atmosphère montagnarde et les baies vitrées du restaurant où s’ouvre une vaste terrasse avec vue imprenable sur la vallée. Depuis février 2017, avec 30 chambres tout à fait confortables (dont 3 suites et 5 appartements, de 18 à 105 m2), un (petit) Spa et sa cuisine gastronomique concoctée par le chef Paul-Elie Chevrier – entre goût du terroir et discrète audace culinaire –, l’hôtel a redonné son lustre à un établissement vieillissant. Agrandissement, rénovation... Il constitue désormais l’un des plus agréables joyeux hôteliers de l’arc alpin. L’anecdote est savoureuse: selon l’étage où vous dormirez, vous serez au-dessus ou au-dessous des 2000 m d’altitude. Côté investissements, privés: l’expert en fonds de placement Esteban Garcia, un passionné d'architecture, de design et, surtout, un amoureux de Chandolin et de son authenticité. Aux commandes de l’établissement: Charlotte et Jean-Marc Boutilly. Le couple a dirigé entre autres l’Hôtel des Trois-Couronnes à Vevey et le Mirador Kempinski au Mont-Pèlerin. «Après des années à la tête de grandes structures, confie la directrice, on avait envie d’un peu plus de simplicité, de pouvoir tisser un rapport plus proche avec la clientèle et le personnel.» L’équipe est jeune, l’ambiance familiale. Et tout séjour devient mémorable quand, la nuit tombée, le visiteur posté sur le balcon de sa chambre découvre le véritable face à face offert avec les étoiles tout juste levées au-dessus des cîmes.

Infos pratiques: 3961 Chandolin, Rte des Plampras 10. Rens.: chandolinboutiquehotel.ch, 027 564 44 44; prix: de 180 à 450 frs, de la chambre double à la suite, avec petit-déjeuner et accès au spa.

Gérald Cordonier

Créé: 04.02.2020, 16h25

Les Suisses aiment les palaces

Qui est la clientèle prête à débourser plusieurs centaines de francs par nuit pour profiter des atouts des palaces? Les Suisses, heureux dans leur propre pays, représentent près de 50% des habitués des établissements quatre et cinq étoiles. «Pour l’autre moitié, certains établissements traditionnels ont réussi à garder des clients fidèles depuis une bonne dizaine d’années, principalement européenne (Allemagne, France, Angleterre, Italie). Notamment à Saint-Moritz, Zermatt et Crans», explique Thomas Allemann, membre de la direction d’HôtellerieSuisse. Mais de nouveaux acteurs venus de Russie, de Chine ou des pays arabes ont changé cet équilibre. Ces derniers ont poussé les établissements à revoir certains de leurs services, notamment dans les menus et les heures d’ouverture des restaurants. Le mélange entre clientèle traditionnelle et nouvelle peut parfois se révéler compliqué, reconnaît Thomas Allemann. Selon les dernières statistiques de l’Observatoire valaisan du tourisme ces dix dernières années, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon se sont toujours trouvés dans le top 10 des nationalités à fréquenter les établissements de luxe alpins.

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