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Avec ses amis, Christophe a un succès fou

À 73 ans, le dandy des sons prête ses chansons aux voix des autres. Du «oh!» et des «bah!» mais rien de tiède, évidemment.

La vie est belle pour Christophe. Ne serait-ce son besoin compulsif de vivre en anachorète nocturne dans sa maison-studio, le musicien fou de sons, qui considère sa musique comme de la «peinture sonore» et ses disques comme autant d’«expositions», a de quoi se sentir moins seul. La pop de 2019 s’est en effet saisie des effets qu’il manipulait depuis toujours en alchimiste: fréquences tordues, voix brouillées, filtres robotiques, lexique electro et rap qu’une jeune génération a érigé en standard. Cela valait bien un disque de duos, format que Christophe, champion du monde de l’antipromotion, avoue benoîtement n’avoir jamais apprécié – tout comme il déteste sa voix, n’étant devenu chanteur que «grâce aux caisses d’échos et de réverbération».

Dont acte. Le musicien de 73 ans a ouvert son coffre à chansons à des amis aussi anciens qu’Eddy Mitchell et des connaissances aussi récentes que Nusky & Vaati, icônes de ce rap noyé dans l’electro que la nouvelle vague affectionne. Autant dire que les complexes vocaux de Christophe s’accommodent des filtres démentiels des deux rappeurs, qui transforment «Succès fou» en ovni caoutchouteux. Ou des sons de Sébastien Tellier, plus vintage eighties mais pas moins bizarre sur une «Senorita» chaude comme une baraque à frites.

Certains chantent sur des terrains moins aventureux (Étienne fait du Daho), voire cliché en diable (Eddy fait du Mitchell), mais peu de chansons échappent à une adaptation osée et souvent captivante. Avec ce paradoxe: l’exercice du duo vaut moins pour la qualité de ses chanteurs (Christophe est même souvent en retrait) que pour le morceau en tant que tel, comme un tout singulier, cohérent, aussi puissamment étrange que ces «Mots bleus» devenus cantate morbide (ou requiem?) avec Son Lux. Et «Aline», son plus grand tube? Elle n’est pas là. Il faut s’appeler Christophe pour oser ça.

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