L’ancien Fauve croque Gainsbourg à la sauce tropicale

Ciné-concertNicolas Nadar défriche samedi la jungle de sa musique multisensorielle, en compagnie de Radu Zéro et après le rarissime «Equateur» du beau Serge

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Contre l’attention éparpillée, Nicolas Nadar et Radu Zéro visent un seul et même point, «sous le soleil exactement». Précis mais suffisamment vaste pour permettre aux deux Romands de faire pousser leur petite jungle tropicale et de réclamer de l’auditeur-spectateur qu’il entre dans leur art avec ses yeux, ses oreilles, et pourquoi pas son cœur.

«Sous le soleil», donc, réunit deux événements, samedi au Cinéma CityClub de Pully, sur le fil d’une thématique tropicale bienvenue aux heures des frimas. Un long métrage, tout d’abord, puis un ciné-concert. Le titre du premier, «Équateur», ne tolère nulle discussion au rayon de l’exotisme revendiqué.

Le débat autour de sa qualité fut en revanche plus âpre, lors de sa sortie en 1983: son sujet (une histoire d’amour et de meurtre au Gabon), ses acteurs (l’inénarrable Francis Huster, champion catégorie «l’art m’habite» d’un certain cinéma français des années 80) et surtout son auteur, Serge Gainsbourg en pleine voie de gainsbarrisation. Totalement culte et désormais rarissime, ce film mérita-t-il les sifflets cannois? Certains assurent que non. Le découvrir 35 ans plus tard peut permettre de l’envisager sous un angle neuf, plus expérimental et moins polémique.

Après les volutes africaines, place aux «Tropical abstractions» de Radu Zéro et aux «Sleeper Hits» de Nicolas Nadar, soit une performance originale et commune liant les visuels du premier à la musique du second. Bien loin du prétexte, cette collaboration multimédia foisonnante a été composée comme un dialogue entre deux artistes et plusieurs mondes, un voyage immobile où des fragments de sons et d’images se frôlent, se caressent et se heurtent. Dix vidéos signées Zéro pour autant de chansons que Nicolas Nadar interprétera aux côtés de l’écran, armé de sa voix, d’un piano et de son laptop. L’occasion de retrouver celui qui, sous le pseudo de Fauve, fit les belles heures romandes d’un songwriting aux références anglo-saxonnes superbement digérées. Contraint en 2015 d’abandonner son identité face à des cuistres parisiens baptisés de son nom, Fauve feule dés­ormais dans le costume de Nicolas Nadar, un tissu léger pour défricher tous ses chemins rêvés, entre les tropiques et le ciel.


Pully, Cinéma CityClub
Samedi 10 nov. Portes 18 h, film 19 h, concert 21 h
www.cityclubpully.ch (24 heures)

Créé: 07.11.2018, 14h55

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