«Communiquer avec les animaux n’est pas un don»

De la tête aux piedsNos amis à plumes et à poils discutent. Valérie Lebon nous dit comment nous joindre à la conversation.

Valérie Lebon utilise aussi la voix et les caresses pour communiquer avec son joli <i>Matite</i>.

Valérie Lebon utilise aussi la voix et les caresses pour communiquer avec son joli Matite. Image: Vanessa Cardoso

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Sur Internet, son numéro de téléphone est partagé comme on le ferait avec les coordonnées précieuses d’un guérisseur. Avec prudence – les sceptiques sont nombreux – mais surtout avec bienveillance. Sur les réseaux sociaux, mais aussi sur son site à elle, des clients ravis se bousculent pour témoigner de l’aide précieuse qu’elle leur a apporté, sans toutefois vraiment parvenir à l’expliquer.

La plupart du temps, ce sont des gens en détresse qui appellent Valérie Lebon pour la première fois. Leur compagnon à quatre pattes a disparu, souffre ou présente un comportement bizarre voire dérangeant, et ils espèrent que, telle une fée apaisante, elle réglera la situation en communiquant avec leur animal de compagnie.

La Vaudoise, elle, ne se cache pas et n’a pas de temps à perdre avec ceux qui ne croient pas à ce qu’elle fait. Mieux encore, elle donne des cours depuis quelques années pour apprendre à tout un chacun à faire comme elle.

«Communiquer avec les animaux n’est pas un don, explique calmement la jeune femme. Nous pouvons tous pratiquer la télépathie. L’homme ne l’utilise pas au quotidien parce qu’il n’en éprouve pas le besoin. Quand une maman sait dix secondes à l’avance que son enfant va se lever, on appelle ça l’instinct maternel ou le sixième sens, or c’est tout à fait pareil.»

Titulaire d’un diplôme d’assistante médicale, la Lausannoise a toujours été attirée par le monde animal. Si elle a écrit un livre, Les animaux nous parlent, apprenez à communiquer avec eux (Ed. Favre), c’est avant tout pour le bien de nos compagnons. «Dans mon monde parfait, animaux et humains communiqueraient, sourit-elle en caressant Matite, un de ses deux chats. Ils le font déjà entre espèces différentes, surtout lorsqu’ils cohabitent. Il m’est déjà arrivé d’intercepter un dialogue ou d’aller écouter les oiseaux plus intensément qu’en me contentant de leur chant. J’aimerais tant qu’humains et animaux arrivent à mieux se comprendre.»

C’est ce qui vous a poussé à partager vos «secrets»?

Oui. J’ai à cœur de démystifier cette pratique, qui existe aux Etats-Unis depuis les années 1970 et qui est actuellement en plein boom ici. Je me rends compte qu’il y a beaucoup plus d’intérêt pour la communication animale aujourd’hui que quand j’ai commencé il y a huit ans. La télépathie fait partie de la réalité, on doit juste réapprendre à la pratiquer. Je ne suis pas une sorte d’élue, j’ai juste décidé d’apprendre, de m’entraîner puis d’en faire mon métier. Bon, je dois quand même dire que nous ne sommes pas tous égaux et que certaines de mes consœurs, comme ma «prof» américaine, sont beaucoup plus réceptives que moi. Moi je dois d’abord me vider la tête et me mettre dans un état d’esprit particulier.

Que répondez-vous aux sceptiques?

Je me contente de passer mon chemin. Ceux qui n’y croient pas ne me contactent pas. Dans mon entourage, il y a évidemment des gens qui doutent. Je me contente de leur expliquer ce que je fais, libre à eux d’adhérer ou pas. Souvent ceux qui crient au fou pratiquent eux aussi et désirent simplement faire croire qu’ils sont spéciaux, privilégiés.

Qui sont vos clients?

Principalement des femmes citadines. A la campagne, on a un autre rapport aux animaux. J’aimerais pouvoir travailler plus fréquemment avec des vaches ou d’autres animaux de rente. Je suis essentiellement amenée à communiquer avec des chats, puis des chevaux et des chiens et ensuite des lapins, des perroquets ou des furets.

Quelle reconnaissance vous tient le plus à cœur: celle des particuliers ou des professionnels?

Celle des animaux! Je plaisante. En fait, je suis ravie quand on se met à accepter des choses que l’on ne peut pas expliquer. Quand une personne me confirme qu’elle va mieux, que son animal va mieux, que la situation s’est harmonisée, je suis enchantée. D’autre fois, je me contente de me dire «pas de nouvelles, bonnes nouvelles». Pour en revenir aux professionnels, je parle dans mon livre de mon travail au refuge de la SPA de Fribourg et il existe des collaborations entre les communicateurs comme moi et les écoles vétérinaires, avec la pratique de l’exercice du «pyjama» par exemple. Cela consiste à essayer d’enfiler la peau de l’animal pour comprendre exactement où il a mal.

Votre livre est truffé d’exemples bluffants, de témoignages touchants. Les animaux cherchent donc à se faire comprendre?

Oui. La plupart du temps ils portent un amour inconditionnel à leur humain – je n’aime pas utiliser le mot maître. Ils me demandent d’ailleurs souvent de lui dire qu’ils l’aiment. La plupart du temps, je peux faire évoluer une situation, une relation, mais parfois je dois accepter de me contenter de rassurer un animal. Jamais je ne remplacerai un vétérinaire et la communication animale n’est pas un remède miracle.

Mais vous avez retrouvé bon nombre de fuyards, avez redonné espoir à des animaux abandonnés…

Oui, mais aussi grâce à leur collaboration à eux. Une petite chienne avait perdu tout espoir d’être adoptée après de nombreuses années passées au refuge. Je lui ai redonné confiance en elle et la semaine suivante elle a trouvé un foyer. Je dois souvent leur faire comprendre que tous les humains ne se comportent pas comme ceux qui leur ont fait du mal.

Entendez-vous les animaux en permanence?

Non, je travaille sur demande à partir d’une photo de face de l’animal où il a les yeux ouverts. J’ai aussi besoin de savoir son nom, son âge et quelques détails sur la situation. En plus, je tiens à une certaine éthique: jamais il ne me viendrait à l’idée d’entrer en communication avec l’animal des voisins pour savoir ce qui se passe de l’autre côté du mur!

Les animaux nous parlent Valérie Lebon Ed. Favre, 164p.

(24 heures)

Créé: 29.04.2017, 13h55

La cliente

Amoureuse des chats, Paola Pestoni a souvent recours à Valérie Lebon. «Les communications faites par Valérie ont toujours correspondu aux personnalités de mes chats. Chaque étude était truffée de détails que seuls eux et moi pouvions connaître. Absolument renversant et déconcertant pour les âmes cartésiennes… La première fois que j’ai demandé une communication animale, c’était pour retrouver le chat qu’une amie m’avait confié et qui s’était enfui. (…) La description de la dernière communication évoquait parfaitement l’endroit où le chat a été retrouvé quelques jours plus tard! C’est donc un monde fascinant que j’ai découvert et je suis admirative des résultats que les communications animales peuvent donner.»

Le vétérinaire

«On est tous capables de communiquer avec nos bêtes, s’exclame le Dr Mounir Boukhalfa, vétérinaire à Morges. J’assume mon ouverture sur ce sujet. En tant que médecin, je suis formaté pour ne voir que ce que montrent les prises de sang ou les radiographies, mais j’ai accepté d’ouvrir cette petite fenêtre. Je ne base pas ma médecine là-dessus, certes, mais j’utilise la communication animale pour confirmer un diagnostic. Il m’arrive souvent d’écouter une petite voix qui me suggère d’investiguer ici ou là quand je ne trouve pas l’origine du mal. On pense que l’on suit son instinct, mais cette voix ne vient pas forcément de notre for intérieur. La médecine classique montre souvent ses limites, alors pourquoi ne pas s’intéresser à cela, même en prenant des pincettes?»

Les cours

Des ateliers pour débutants aux cours pour pratiquants confirmés en passant par les intermédiaires ou les journées pratiques, Valérie Lebon propose sur son site toutes sortes d’initiations et de stages.

Les cours pour débutants se font sur deux jours (9 h 15 à 17 h, 320 fr.) et s’adressent à «toute personne ayant un désir sincère de retrouver sa capacité intuitive et télépathique afin de la mettre en pratique en communiquant avec les animaux.» Ils sont dispensés à Lausanne, Auvernier, Fribourg, Annecy et au Grand-Saconnex dès le mois de juin. S’y ajoutent aussi des séances de coaching à la demande.

Le 6 mai prochain, Valérie Lebon propose une après-midi (13 h-17 h, 90 fr.) de pratique en communication animale au Zoo La Garenne en compagnie des loups.

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