Quand les archéologues fouillent l’ère digitale

Université de GenèveLe Département des sciences de l’Antiquité explore les réseaux sociaux, leurs héros et victimes. Colloque ce vendredi.

Exposition des hiéroglyphes à Facebook à Uni Dufour, organisée par Lorenz Baumer et Laurent Chrzanovski.

Exposition des hiéroglyphes à Facebook à Uni Dufour, organisée par Lorenz Baumer et Laurent Chrzanovski. Image: Laurent Guiraud

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L’ère numérique a-t-elle remis au goût du jour des comportements ancestraux? A voir des professeurs d’archéologie organiser un colloque et une exposition sur les héros et victimes des réseaux sociaux, un début de réponse s’esquisse. «Notre idée est de montrer que ce qui se passe aujourd’hui sur Internet est une longue tradition qui remonte à l’Antiquité», fait savoir Lorenz Bauer, professeur d’archéologie classique à l’Université de Genève. Avec Laurent Chrzanovski, lui aussi professeur d’archéologie et spécialiste de sécurité informatique, ils ont invité des experts qui interviendront ce vendredi lors d’un colloque largement interdisciplinaire. Pour preuve, des orateurs de la Brigade des mineurs et de l’Union internationale des télécommunications notamment figurent au programme aux côtés d’académiciens.

Parce que l’ère digitale a ses victimes, la question ne peut se passer d’un volet sécuritaire. «Il y a, chez les adultes particulièrement, une confiance naïve vis-à-vis de ce qui est publié sur Internet, relève Laurent Chrzanovski. Et le risque commence par la naïveté.» Faisant référence au harcèlement en ligne, à l’usurpation d’identité et aux escroqueries, le professeur note que «la génération qui arrive aujourd’hui à la puberté est vaccinée», après deux dernières décennies de découverte et d’insouciance. Résultat, «l’image que chacun a de soi sur Internet est en réalité peu faite par soi-même».

L’image, le voici le lien avec l’histoire. Des hiéroglyphes à Facebook, elle n’a cessé d’être construite, manipulée, entre héroïsation et damnation. «Les Romains ont créé leur pouvoir en diffusant des portraits de leurs empereurs – sur des pièces de monnaie et des lampes – du Portugal à l’Euphrate. L’empire s’est construit à l’aide d’une iconographie artificielle», rappelle Lorenz Bauer.

Dans ce processus, le numérique a tout de même quelque chose de révolutionnaire: «L’accessibilité à chacun et la perte de contrôle, soulignent les académiciens. L’image digitale a changé notre façon de penser, d’agir et de communiquer.»

«L’image: sa construction, sa destruction et son usurpation au fil des siècles»
Vendredi 3 juin, Uni Dufour le matin (salle U300), Uni Bastions l'après-midi (salle B112).

Programme complet sur social-media-victims.eu

Entrée libre.

Créé: 02.06.2016, 07h47

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