Passer au contenu principal

Plus de 106'000 visiteurs pour Ai Weiwei à Lausanne

Le Musée cantonal des beaux-arts a vécu son dernier jour à Rumine en même temps que les dernières heures d'une exposition de tous les records. Le point avec son directeur.

Le succès de l'exposition ne s'est jamais démenti. Ce dimanche matin qui marquait la dernière journée, il y avait encore la foule avant même l'ouverture des portes à 11 heures.
Le succès de l'exposition ne s'est jamais démenti. Ce dimanche matin qui marquait la dernière journée, il y avait encore la foule avant même l'ouverture des portes à 11 heures.
PATRICK MARTIN
Un visiteur a profité de la fin imminente pour plonger dans l'oeuvre de  l'artiste chinois. Une «performance» qui n'était pas du tout du goût du directeur, Bernard Fibicher (tout à gauche).
Un visiteur a profité de la fin imminente pour plonger dans l'oeuvre de l'artiste chinois. Une «performance» qui n'était pas du tout du goût du directeur, Bernard Fibicher (tout à gauche).
PATRICK MARTIN
La quarantaine d'oeuvres restera exposée jusqu'au 28 janvier 2018.
La quarantaine d'oeuvres restera exposée jusqu'au 28 janvier 2018.
1 / 30

La foule était - encore - au rendez-vous ce matin à l'ouverture de l'exposition du plasticien chinois, un dimanche comme les autres depuis que la fièvre Ai Weiwei s'est emparée de Lausanne et, à la fois, pas comme les autres: c'était le dernier pour l'exposition comme pour l'institution dans ses murs de Rumine. Restait donc à connaître l'ampleur du record, c'est fait: 106'497 visiteurs dont 6421 élèves ayant suivi l'une des 410 visites scolaires. La satisfaction est à son comble pour Bernard Fibicher, directeur d'un Musée cantonal des beaux-arts dont la meilleure fréquentation s'établissait jusqu'ici à 90'000 visiteurs lors de l'année de l'exposition Balthus, en 1993.

– Allez-vous avoir un contact avec l'artiste pour lui annoncer ce chiffre?

– Nous allons nous parler, bien sûr, comme nous l'avons déjà fait depuis le début de l'exposition - il m'avait d'ailleurs fait savoir que le catalogue de l'exposition figurait dans son top 3 - et je pense qu'il sera surpris. Peut-être réagira-t-il, peut-être pas! Comme nous, il connaît la fréquentation de son exposition à la Royal Academy de Londres avec 376'000 visiteurs en 2015 ou celle du Palazzo Strozzi à Florence en 2016 avec 150'000 personnes. Alors plus de 106'000 visiteurs à Lausanne qui n'est pas Londres et ses millions d'habitants ou Florence avec ses centaines de milliers, c'est excellent. Nous avons choisi de comptabiliser logiquement et uniquement les personnes qui ont passé la porte du Musée cantonal des beaux-arts afin de ne pas faire d'additions hasardeuses, le vrai chiffre doit donc être légèrement supérieur à celui annoncé mais nous ne le connaîtrons jamais. Par contre, nous pouvons dire qu'avec le nombre de dépliants explicatifs distribués en allemand, soit 20%, un visiteur sur cinq était probablement venu de Suisse allemande. Pour comparer, j'ai aussi regardé d'autres résultats de fréquentation, en Suisse, pour des artistes possédant une renommée équivalente: on a 109'000 visiteurs pour Jeff Koons chez Beyeler en 2012 et 90'000 pour Pipilotti Rist au Kunsthaus de Zurich en 2016.

– Les graines de tournesol, le dragon, le parterre de fleurs... allez-vous pouvoir conserver une œuvre de Weiwei dans les collections du MCBA?

– On aimerait bien! J'aimerais beaucoup qu'il soit présent dans le nouveau musée. Mais ce n'est pas donné.... A voir si on arrive à faire quelque chose avec des collectionneurs vaudois, nous sommes en train de tâter le terrain.

– Et le papier peint de la grande salle?

– Nous allons l'arracher, c'est ainsi que les choses ont été décidées contractuellement avec l'artiste.

– Demain, lundi, c'est parti pour le Weiwei blues?

– Oui, peut-être! C'est un rêve qui s'est accompli, on peut même dire mission accomplie tant on en entendait parler partout, en ville, dans le train et jusqu'à Lyon. J'y étais pour la Biennale d'art contemporain lorsque j'ai surpris deux dames qui échangeaient sur ce sujet. Et j'ai le sentiment que les impressions véhiculées et générées par cette exposition vont perdurer sur le moyen, voire sur le long terme, et surtout parmi tous ces publics venus dans nos musées alors qu'ils n'y avaient pas leurs habitudes. C'était une bonne façon de rendre les gens curieux.

– Et au-delà, quels enseignements allez-vous tirer de ces chiffres?

– Nous avons essayé des choses et testé d'autres. Nous avons ouvert un compte Instagram et développé notre visibilité sur les réseaux sociaux. Nous savons donc les possibilités qui existent comme les limites lorsqu'il n'y a pas assez de monde pour les porter, expérience faite avec la surveillance où, malgré l'affluence, le personnel a été incroyable et avec la médiation où nous avons dû renforcer les troupes pour répondre à la demande. Un exemple, nous avons reçu 410 classes, c'est de la folie, et c'est aussi ce qui nous attend dans le futur.

– L'un des succès de cette exposition repose sur son interdisciplinarité, est-ce aussi une leçon pour l'avenir?

– Je suis convaincu que si nous avions opté pour une exposition style "white cube", nous n'aurions pas eu toutes ces personnes qui ont adoré se perdre dans le labyrinthe d'Ai Weiwei. Nous avons fait nos choix en musée et non pas en fabrique d'expositions... Et l'appréciation de cette dernière nous conforte dans notre développement futur, c'est la démonstration parfaite de la pertinence d'être à plusieurs sur le site de Plateforme 10.

– Weiwei c'est fini, mais c'est aussi la fin de 112 ans de présence à Rumine pour le MCBA qui se prépare désormais à son déménagement sur le site de la gare...

– À cette heure, c'est vrai, mon sentiment est très mélangé. Pour cette dernière journée, nous avions ressorti les affiches d'un certain nombre d'expositions. Il y a eu de très belles choses, de très beaux noms, et je me souviens d'un tas de choses vues ici avant même d'arriver en 2007. Les salles sont magnifiques, elles conviennent bien à l'art contemporain, on l'a vu et on vient d'en faire encore l'expérience, c'est superbe. À l'avenir, nous n'aurons plus ces conditions, nous en aurons d'autres autrement positives. Mais plutôt que d'être nostalgique, je suis rivé sur le futur et je peux vous assurer qu'on ne peut plus attendre de démarrer.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.