Après la piste, le chevalet

100 ans du cirque KnieRolf Knie junior a fait de l’image du cirque la source de sa vie d’artiste peintre.

En 1996, Rolf Knie a été choisi pour signer l’affiche du Montreux Jazz Festival.

En 1996, Rolf Knie a été choisi pour signer l’affiche du Montreux Jazz Festival. Image: DR

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Se contenter d’être un petit maillon dans une grande chaîne… très peu pour Rolf Knie! Les biceps rebondis d’un acrobate, le presque septuagénaire le confie sans crainte d’être pris en flagrant délit d’orgueil. L’enfant de la balle, clown et dresseur d’éléphants dans une première vie, a très vite su qu’il devait faire son propre chemin, ce qui ne signifie pas renier son ADN circassien.

Tout ce qu’il touche depuis, du théâtre à la création du sexy-crazy Ohlala (désormais entre les mains de son fils Gregory), de Salto Natale au petit dernier, Knie Musical, s’en remet ou s’inspire de la vie sous chapiteau. Logique donc que son activité principale de peintre se nourrisse de cette ascendance en plus de prouver l’indéfectible lien. Yeux dans les yeux avec des tigres, des éléphants, des lionceaux, complice des clowns, libre d’habiller un éléphant en tigre comme de voir des zèbres en technicolor, le pinceau de Rolf Knie est aussi fluide que son attachement à la piste aux étoiles est naturel.

Aurait-il été ce qu’il est depuis les années 90 sans avoir vécu ces années entre Rapperswil et le reste de la Suisse? Au téléphone, la voix est toujours aussi sûre d’elle: «Il faut le demander au bon Dieu, on ne sait jamais dans quelle direction nous mène la vie. Ce que je sais, c’est que je suis né dans un cirque et que je l’ai quitté dès que j’ai su que je pouvais vivre de ma peinture. Mais je sais aussicet art n’est autre que le miroir de sa propre vie.» Les animaux ont habité celle du dresseur, ils envahissent celle de l’artiste. «Je les connais, pour avoir vécu avec eux, je connais leurs différentes réactions.

Maintenant, je sais que ce que je peins ne reflète pas – plus – l’actualité du cirque.» De là à dire que la nostalgie colore toiles et lithographies? «Presque tout le monde a ce type de lien avec le cirque! Et je le vois et le peins surtout comme un besoin d’authenticité. Mais il faut aussi savoir que je sais sortir de cette thématique. Sauf qu’en Suisse, vu mon appartenance à cette dynastie, c’est elle qu’on me réclame le plus souvent.» 1992… l’artiste est choisi par la Poste pour créer la série de timbres de l’année. 1996… son éléphant à la trompe de saxophoniste orne l’affiche du Montreux Jazz Festival. «Je le vois avec «Circus Musical» que j’ai créé pour le centenaire de Knie, qui permet de lire cette histoire avec d’autres yeux, la cote d’amour est élevée. L’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi me l’a aussi dit.

Alors oui, porter le patronyme de la famille la plus connue de Suisse, pourrait emprisonner ses membres dans une image, mais il faut s’en libérer, il faut s’émanciper et surtout ne pas croire que parce qu’on s’appelle Knie, tout est gagné. Au contraire, il faut bosser davantage encore parce que les exigences de qualité sont très élevées.» À la fois l’esprit libre à l’extérieur du chapiteau Knie mais un pied encore à l’intérieur – Rolf Knie possède toujours un tiers de la société avec son frère et son cousin – c’est avant tout en homme de l’image qu’il suit et considère les défis de son monde. «Le cirque, c’est quelque chose de très visuel, oui.

Mais aujourd’hui, son chiffre d’affaires importe aussi et c’est dur, très dur. Barnum & Bailey que nous admirions tant a quitté la piste aux États-Unis. En Suisse, c’est Nock qui vient de fermer. Il va falloir très vite s’adapter aux temps modernes et créer des spectacles en accord avec les attentes du public. Mon frère, mes neveux, tout le monde l’a bien compris et ça marche, ça boom!»

Créé: 15.06.2019, 16h59

Il était une fois


1947
Pour la tournée de 1947, la direction du cirque charge pour la première fois un artiste de renom de concevoir une affiche. Hans Falk s’exécute sous la forme de cet hommage impressionniste au dresseur de fauves Vojtech Trubka.


1979
Treize affiches du Cirque Knie ont été confiées au duo de graphistes lucernois Jung & Jung. Ils se sont d’ailleurs fait un nom avec ce portrait au style «Airbrush» lors de la tournée du Clown Dimitri en 1979.


1994
Pour les 75 ans du cirque, la conception de l’affiche reste une affaire de famille. Rolf Knie – qui avait déjà signé le poster de la tournée de 1990 – réalise une trilogie où figurent un clown, un cheval et un éléphant.


2019
L’affiche de la tournée du Centenaire est un clin d’œil au clown créé par Herbert Leupin. Vincent Veillon et Vincent Kucholl (Giacobbo et Müller outre-Sarine) tiennent aussi en équilibre les lettres K-N-I-E sur leurs genoux.

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