Big-Game déploie quinze ans de carrière au Mudac

ExpositionLe trio de designers lausannois révèle ses objets du quotidien. Minimalistes et inspirants.

La chaise pour enfants LITTLE BIG s’adapte à la croissance de l’utilisateur, de 2 à 6 ans. La partie basse est fabriquée en frêne, un type de bois robuste.

La chaise pour enfants LITTLE BIG s’adapte à la croissance de l’utilisateur, de 2 à 6 ans. La partie basse est fabriquée en frêne, un type de bois robuste. Image: BIG-GAME

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Augustin Scott de Martinville, Grégoire Jeanmonod et Elric Petit, fondateurs du bureau de design Big-Game, «sont d’abord amis». C’est en tout cas de cette façon qu’ils introduisent leur exposition «Big Game – objets du quotidien», tout juste vernie au Musée de design et d’arts appliqués contemporains (Mudac), à Lausanne. Et les trois amis, issus des bancs de l’Écal, ne souhaitent pas être cités individuellement dans les médias. Une façon de renforcer l’identité du groupe. Pourquoi pas! Leurs propos seront signés «le collectif».

Invité pour une carte blanche au Mudac, le trio célèbre aussi un anniversaire: quinze ans de carrière sous la bannière du studio, au service d’objets utiles et aux lignes pures, minimalistes. «Notre ambition est d’accompagner la vie de tous les jours, explique le collectif. On a ce rêve de concevoir une brosse à dents qui serait vendue en grande surface! En priorité, nous souhaitons toucher un public large. Et rendre le design accessible à tous.» Le groupe a déjà décroché un mandat pour Provins, le plus grand encaveur de Suisse, présent dans les magasins Coop. Et a développé une étagère à l’allure aérienne, la Ypperlig, vendue chez le géant suédois Ikea. Enfin, Big-Game se met aussi au service du luxe, collaborant avec la marque horlogère suisse Rado, et n’hésite pas à réaliser d’autres prototypes, sans la pression des commandes. Pour laisser différemment libre cours à l’imaginaire. «En passant par de gros clients, il faut être rigoureux. Mais parfois on s’applique à une autre forme d’exactitude. Et on aboutit à des propositions comme la chaise Bold, composée de tubes, dont la dimension est davantage graphique que fonctionnelle.» Dans ce cas, pour parfaire le confort d’assise, le trio s’est enquis de nouvelles techniques auprès d’une usine de chaussettes! Les inspirations sont parfois inattendues.

Allure multidimensionnelle

Deux espaces au rez-de-chaussée du musée sont dédiés au bureau lausannois. Les créations sont disposées sur un support en sapin, à hauteur d’enfant. «Nous avons constamment besoin de stagiaires! Donc on tente de convertir nos futures forces de travail assez tôt!» blague-t-il. Parfaitement alignés, les objets sont mis en lumière par une illustration ou une vidéo, qui les replacent dans un tout autre contexte. Au-dessus, un descriptif plonge quant à lui le visiteur dans le processus créatif et l’histoire qui a fait naître la pièce. Chaque anecdote finissant d’éclairer les univers et sources d’inspiration.

Au loin, une série de bâtons de couleur. En se rapprochant, de véritables clés USB font surface. C’est que le projet Pen découle d’une envie de prendre le contre-pied des avancées technologiques autour de ces supports de stockage. D’ordinaire davantage axées sur la petitesse des éléments que sur une apparence décalée ou ludique. Ici, la clé se passe plutôt de main en main, comme un crayon. Le geste est simple, reconnaissable. Il fallait y penser! Une originale façon de détourner les codes, tout en permettant à l’utilisateur de se réapproprier un outil naturellement. Pour la gamme Castor, des tabourets conçus avec du chêne issu de l’exploitation durable et fabriqués au Japon, mêlent des techniques traditionnelles d’artisans et les gros moyens des robots en usine. Les mouvements des ouvriers s’enchaînent dans une vidéo juste au-dessus de la chaise… jusqu’au résultat. Hypnotique et passionnant!

Créé: 15.07.2019, 19h55

Lausanne, Mudac
jusqu’au 1er septembre
www.mudac.ch

La collection de trophées est le premier projet du groupe, présenté en 2005 à Satellite, pendant le salon du meuble de Milan.La série vient en kit à monter soi-même.
Elle a aussi donné le nom au studio - «big game» signifiant gros gibier en anglais. (Image: BIG-GAME – OBJETS DU QUOTIDIEN)

À découvrir aussi


Un étage au-dessus, le projet Hors piste présente le résultat de collaborations entre designers et artisans du monde entier, à travers des programmes de résidence.

L’exposition s’étend dans trois espaces totalement réaménagés, offrant un aperçu d’œuvres réalisées à Ouagadougou en 2013 et à Banfora en 2014 (Burkina Faso), et à Nuuk, au Groenland, en 2017.

Chaque création retrace aussi l’histoire d’une rencontre qui laisse des traces. Les prototypes deviennent ainsi un témoignage d’échanges de techniques, provoquant chez le visiteur une immersion dans diverses cultures qui cohabitent le temps d’un projet. Entre les objets, les vidéos et les photographies, le dépaysement est saisissant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 22 août 2019
(Image: Bénédicte ) Plus...