Enchanteur, Rudy Decelière dépose la subtilité de ses embruns à l’Unil

Arts visuelsL’artiste genevois crée l’incongru à l’invitation de l’Institut suisse pour l’étude de l’art.

«Front de mer», panneaux de «flip dots» 377 x 37 cm.

«Front de mer», panneaux de «flip dots» 377 x 37 cm. Image: RUDY DECELIERE

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Une cage d’escalier. Du béton brut pour garde du corps. L’endroit, entre l’entrée d’un auditoire et la cafétéria des Facultés des lettres et de théologie à l’UNIL, semble plutôt hostile. Au mieux, brouillon. Au pire, totalement désengagé. Pourtant, c’est l’artiste Rudy Decelière qui l’a choisi pour installer «Front de mer», un déferlement de petits points sur un panneau noir qui se colorent argentés ou dorés selon l’agitation des flots ou selon la danse scintillante de la lumière à la surface de l’eau. Suivant l’arrondi de l’escalier, le dispositif, minimaliste, renvoie aux moniteurs tramés de cotes de la Bourse, aux panneaux horaires d’une gare ou encore aux publicités sur écrans lumineux. Mais il suffit de fermer les yeux pour entendre le rythme inégal des vagues et de les rouvrir pour suivre leur souffle éphémère. La magie prend. Méditative. Mimétique des flux incessants qui animent le bâtiment universitaire.

«L’artiste répond avec des vagues aux vagues préexistantes dans un lieu de passage très utilisé. C’est un travail cohérent et une manière forte de s’imprégner du site», s’enthousiasme Sarah Burkhalter, responsable de l’antenne romande de l’Institut suisse pour l’étude de l’art. L’institution, commanditaire de l’œuvre avec le soutien de l’UNIL et d’Arts visuels Vaud, marque ainsi la fin des festivités pour ses 30 ans de présence sur le campus de Dorigny. «Si nous n’avons pas le mécénat pour mission, rappelle Sarah Burkhalter, cette démarche fait écho à celle menée pour l’inauguration de l’antenne. Une toile de Christian Lovay avait été acquise alors que d’autres artistes étaient invités à intervenir de façon pérenne ou éphémère. Nous avons suivi avec le désir de prendre et d’ajouter le pouls de la nouvelle génération.»

L’appel à projets a été lancé à cinq artistes et si tous n’ont pas répondu, c’est en orfèvre de la perception sonore et visuelle que le Genevois Rudy Decelière a fait l’unanimité. Comme à chacune de ses chorégraphies de l’immatériel (Bex & Arts en 2011 et en 2014, Musée Jenisch, à Vevey, en 2013, église Saint-François, à Lausanne, en 2014). «J’aime travailler avec l’architecture même si ce n’est pas facile et lorsque j’ai vu cet arrondi – l’une des rares courbes du bâtiment – tout s’est très vite imbriqué, explique-t-il. Cette idée d’un cinéma panoramique, d’une ligne d’horizon, de travailler en l’air sur le mouvement et les vibrations. Mais aussi cette envie d’installer une certaine incongruité tendant vers un autre espace.»

Créé: 15.11.2019, 14h11

Infos pratiques

Anthropole
Lausanne UNIL

En face de l’auditoire 1031
www.sik-isea.ch

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