L’eau, source d’inspiration pour les artistes

Création contemporaine Afin de sensibiliser le public à cette problématique, une trentaine d’œuvres sont exposées à l’Ile Rousseau et au Château de Penthes.

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Depuis quelques jours, un nouvel animal tient compagnie aux canards, cygnes et oies de l’Ile Rousseau: un jaguar géant haut de plusieurs mètres, qui interpelle les usagers du pont du Mont-Blanc. Cette sculpture gonflable constitue la partie la plus visible de l’exposition Aqua, qui aborde la thématique de l’eau à travers l’art contemporain. Elle a été inaugurée mercredi, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau.

Pour l’ONG Art for the world, organisatrice de l’événement, le choix de l’Ile Rousseau est symbolique, même si la plus grande partie de l’exposition se déroule au Château de Penthes. «Lorsqu’on est entouré d’eau, on ne se rend pas compte à quel point cette denrée est précieuse», a souligné la commissaire, Adelina von Fürstenberg. Egalement présidente de l’ONG, elle avait déjà commissionné Food, exposition sur la nourriture montée il y a quatre ans au Musée Ariana.

Afin de rendre la problématique de l’eau plus concrète, Michael Møller, directeur des Nations Unies à Genève et président honoraire d’Art for the world, a donné des chiffres qui font froid dans le dos: 1,8 milliard de personnes utilisent une source d’eau contaminée, et celle-ci est responsable de 842 000 morts par an.

L’accès à l’eau pour tous, l’assainissement des eaux usées et la gestion des ressources aquatiques constitue d’ailleurs l’un des 17 objectifs de développement durable fixés par l’Organisation des Nations Unies, a rappelé Valentin Zellweger, ambassadeur suisse à l’ONU. «Et je suis persuadé que l’art peut influer positivement nos comportements et notre politique», a-t-il encore affirmé.

Prise de conscience

C’est donc à une prise de conscience de cet enjeu très actuel qu’invite l’exposition Aqua. Pour cela, Adelina von Fürstenberg a réuni des œuvres d’une trentaine d’artistes internationaux, tels le Russe Alexander Kosolapov, le Sénégalais Omar Ba, l’Italien Alighiero Boetti ou le Japonais Noritoshi Hirakawa. Les Suisses Silvie Defraoui, Michel Favre et Iseult Labote sont aussi du nombre. La commissaire a veillé à la diversité des styles et des techniques, entre dessin, peinture, photographie et installation.

Au fil des salles, la thématique de l’eau se décline sous des aspects très différents. Dans le hall, une paisible peinture de la mer et ses reflets, créée à partir d’une structure grillagée, fait face à une réinterprétation contemporaine très colorée du déluge, où hommes et bêtes se noient. Dans les étages, on découvre une collection d’échantillons d’eau des six continents, ou une photo d’un paysage inondé associé à des fleurs pour souligner le contraste entre beauté et malheurs du monde. Et dans le jardin, des casques militaires se remplissent d’eau de pluie, manière d’exorciser leur symbolisme de mort.

Mais la vidéo constitue le médium le plus représenté dans l’exposition, et probablement celui qui interpellera le plus le visiteur. Certains films ont une approche documentaire, telles ces images de camps de réfugiés syriens où l’eau, indispensable pour les activités quotidiennes comme la cuisine, la lessive ou le nettoyage, se révèle une denrée rare.

D’autres réalisations sont résolument méditatives. On se laisse bercer par le bruit du Gange, sur les berges duquel les Indiens vaquent à leurs occupations, le bruit des vagues qui viennent échouer contre les rives d’un lac de montagne, ou les différents états de l’eau de l’Aire en cours de revitalisation à Genève. Enfin, des vidéos mettent la réalité en scène, tels ces pêcheurs qui se livrent à leurs préparatifs pour finalement se retrouver sur un bateau échoué, dans un lac asséché.

Un peu fourre-tout

Dommage que Aqua tende un peu au fourre-tout, comme beaucoup d’expositions thématiques. Pour plusieurs œuvres, tel le jaguar gonflable, le rapport avec la thématique de l’eau ne saute pas franchement aux yeux. Ces liens ténus, voire artificiels, ont pour effet de disperser le propos.

Cela dit, la grande diversité des pièces et des approches permettra à chacun d’être touché, d’une manière ou d’une autre, par cette importante problématique. Et de se rendre compte de la chance qu’on a de pouvoir simplement ouvrir un robinet pour avoir de l’eau potable…

«Aqua» jusqu’au 2 juillet sur l’Ile Rousseau et au Château de Penthes, 18 chemin de l’Impératrice, ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h.

(24 heures)

Créé: 23.03.2017, 12h49

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