«Lausanne Art Fair, c’est le salon de l’art abordable»

ExpositionLa vague des foires d’art passe par Beaulieu jusqu’à dimanche avec Lausanne Art Fair. 80 galeries sont au rendez-vous pour espérer 15 000 visiteurs.

Plusieurs galeries lausannoises seront présentes à Lausanne Art Fair dont la Art&emotion et les Lollipop d'Elena Bulatova.

Plusieurs galeries lausannoises seront présentes à Lausanne Art Fair dont la Art&emotion et les Lollipop d'Elena Bulatova. Image: DR

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L’expérience, Serge Beninca l’a d’abord vécue personnellement en s’offrant sa première toile sur un coup de cœur. Mais, depuis, le quadragénaire français en a fait un credo et son métier d’organisateur de foires d’art contemporain – en posant une quinzaine de pions sur la carte européenne, de Mulhouse à Lyon en passant par le Luxembourg. Il lui manquait encore un point de chute en Suisse. Ce sera la capitale vaudoise, avec Lausanne Art Fair: un budget d’environ 400 000 francs, quelque 80 galeries de Suisse et d’ailleurs, et surtout l’espoir de s’implanter et de se développer.

Avec deux propositions très différentes – Art Genève à un bout du lac, Montreux Art Gallery à l’autre –, l’arc lémanique n’était pas en manque. Y avait-il encore de la place pour une troisième foire?

Vous l’avez dit, les positionnements des deux foires existantes sont très différents et, sans aucun jugement de valeur, je dirais que Genève se rapproche d’un salon comme la FIAC de Paris (Foire internationale d’art contemporain), avec des propositions assez onéreuses s’adressant à un public averti, alors que Montreux s’assimile davantage à un salon d’artistes. Entre deux, il y a une place, la nôtre, un événement porté par des galeristes proposant de l’art abordable, ce qui signifie une fourchette entre 5000 et 10 000 francs, sans exclure des premiers prix à quelques centaines de francs ni des signatures un peu plus chères. Et pourquoi Lausanne? Parce que les galeries avec lesquelles nous travaillons sur d’autres foires ont remarqué l’intérêt de la clientèle suisse, toujours susceptible de passer la frontière pour visiter une foire d’art contemporain. En tant que société française, nous cherchions un environnement francophone. Expo Beaulieu s’est dit intéressé, voilà…

Traduction… Lausanne présente un intérêt même si son réseau de galeries s’est un peu desserré?

Tout est relatif! A Mulhouse, là où nous avons commencé, il n’y a que deux galeries pour 130 000 habitants, ce qui n’empêche pas notre salon de réunir quelque 25 000 visiteurs à chacune de ses éditions. Ce qui est bien la preuve que collectionneurs et amoureux de l’art n’hésitent pas à faire des kilomètres. Mais je pourrai vous en dire plus lundi, au terme de notre première édition.

La perspective d’une nouvelle envergure muséale avec l’ouverture de Plateforme 10 a-t-elle fortifié votre intérêt pour la capitale vaudoise?

Ce n’est pas l’argument principal mais ça fait partie d’un tout, oui! Tout comme la demande pour ce genre d’événements, qui est bien réelle. Les gens, amateurs, collectionneurs, ont besoin d’un lieu pour faire leurs premiers pas d’acheteur et la galerie peut encore faire peur à certains. Dans une foire comme la nôtre, il n’y a pas de prix à donner le tournis, donc pas de frustration. Nous essayons aussi de créer une atmosphère plus familiale et de faire passer un message: dans l’art contemporain, il faut fonctionner au coup de cœur, ce n’est pas le prix qui fait la qualité.

Sauf que même s’il n’est pas exorbitant, il faut en mettre un et que dans une scène aussi dense que diffuse, l’acheteur peut avoir besoin d’un avis prescripteur…

C’est pour cela que nous nous appuyons sur des galeries qui ont fait ce travail de sélection, sur une charte et sur un jury formé de galeristes, d’artistes et de collectionneurs pour opérer notre choix d’exposants. Les premières éditions ne sont jamais faciles, on se méfie toujours, nous avons donc dû, cette fois, faire quelques démarches commerciales mais nous avons aussi refusé certains dossiers ne correspondant pas à notre philosophie. Nous ne voulons pas ressembler à un marché d’amateurs du samedi matin et n’acceptons que des enseignes qui ont pignon sur rue et dotées d’un réseau. Au final, nous aurons 80 galeries, un nombre qui correspond à ce que nous avons sur d’autres salons.

Qu’est-ce qui pousse les galeries à plébisciter les foires? Leur modèle serait-il fané?

Il y a cette possibilité d’attirer du monde. Nous avons l’expérience, suivant les lieux, de 15 000, 20 000, 25 000 visiteurs – acheteurs ou futurs acheteurs. Combien de temps faut-il à une galerie pour arriver à cette force de frappe? La crise est aussi passée par là, poussant ce métier à se réinventer.

La multiplication des foires le prouve, le filon est bon. Est-il meilleur encore en Suisse, là où le pouvoir d’achat est plus élevé?

Il faudra en reparler à la clôture, mais je l’espère pour les galeristes. Côté organisateurs, il faut savoir qu’une première édition est toujours à perte. Et je ne parle pas des complications administratives rencontrées pour faire entrer des œuvres en Suisse. Cela dit, ce qui a surtout changé, c’est la diversification du modèle et on voit qu’Art Basel, devenu un musée pour beaucoup de visiteurs, n’est plus le seul.

Combien de temps faut-il à une foire comme la vôtre pour prendre racine dans un endroit?

On compte entre trois et cinq ans. Pour cette première, nous avons déjà des retours qui donnent plusieurs indicateurs au vert, mais je ne suis pas du genre à fanfaronner.


Lausanne, Expo Beaulieu

Je (18 h-23 h), ve (16 h-22 h), sa-di (10 h-20 h) www.lausanneartfair.com (24 heures)

Créé: 03.05.2017, 20h16

Serge Beninca, Directeur général de Lausanne Art Fair

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