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Alain Roger Gambin peint les rêves qu’on lui donne

Artiste depuis une quarantaine d’années mais extrêmement rare dans ses sorties en galerie, l’Yverdonnois ouvre son livre d’«histoires nouvelles» à l’Univers à Lausanne.

Alain Roger Gambin peint lentement, plusieurs pièces à la fois. L’exposition de la Galerie Univers présente des œuvres des trois dernières années.
Alain Roger Gambin peint lentement, plusieurs pièces à la fois. L’exposition de la Galerie Univers présente des œuvres des trois dernières années.
GALERIE UNIVERS

Il y a de tout pour faire un monde dans la peinture d’Alain Roger Gambin! Des hommes, des femmes, un regard écarquillé mais une sorte de sérénité à la commissure des lèvres. Ou encore des arbres souverains, des horizons ouverts, des architectures urbaines et la banalité rassembleuse du quotidien. Pourtant ce monde trempant dans la réalité mais libre de toutes attaches avec elle se dérobe aux grilles de lecture. Il joue avec les pesanteurs, croise les chapitres du temps et multiplie les profondeurs comme autant d’états de rêve différents. Les intérieurs habités ne nous sont pas étrangers, les rues encombrées de trafic pas davantage mais il y a aussi cette latence. Comme l’esprit d’un autre plausible, comme le souffle d’une nouveauté… Indice, le titre de l’exposition à la Galerie Univers à Lausanne l’assure, le peintre yverdonnois y est accroché dans ses «Histoires nouvelles».

Son histoire à lui, sans grands discours sur l’art et la peinture, elle tient volontairement dans les bribes d’une succession de métiers – menuisier, enseignant, scénographe, art-thérapeute. Et… une précision d’artiste «pacifiquement armé d’un diplôme des Beaux-arts». Alors c’est peut-être qu’il faut lire cette histoire d’un artiste plaidant pour le libre arbitre, dans une attraction entière et sincère pour l’humain. Rares sont d’ailleurs les œuvres où son empreinte n’y est pas! Qu’ils sortent du cadre, composent la ligne d’horizon d’un paysage, défilent comme une horloge du temps qui passe, se fassent tout petit face à l’immensité de la nature, ces hommes et ces femmes sont là pour oxygéner les toiles d’Alain Roger Gambin. «Comme tout misanthrope, je suis intéressé à l’autre» joue-t-il en guise de réponse avant de poursuivre: «Je pars toujours de rêves qu’on me donne, de leur idée, de leurs mots-clés. Parfois, la toile me raconte des choses que je n’avais pas prévues, à voir si j’accepte ou pas. D’autres, je vais dans des recoins que les rêveurs n’ont peut-être pas vus.»

Toujours francs, les traits du peintre frayent avec l’ambigu dans une matière poudreuse, presque évanescente – poussée au grand art dans ses dessins au stylo-bille – et prête à entraîner le regard de l’autre côté du tableau. Une idée d’éternité flotte, la sérénité s’empare de l’étrange et les phobies perdent leur insidieuse bataille même lorsque la folie s’en mêle ou que le temps s’emballe. Promesse d’une suite possible ou d’une perspective qui s’ouvrirait à partir de ce qui est donné à voir, l’œuvre de connaissance de soi et de l’autre, le travail inscrit dans une continuité avec l’histoire de l’art – «le passé n’est pas obsolète», juge-t-il – atteint l’essence de l’existence. Lui dira qu’il peint «un journal très lent de la vie».

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