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L’art complexe de Nora Smith se veut décomplexé

Le choix de Laurent Delaloye

L'artiste au milieu de ses oeuvres.
L'artiste au milieu de ses oeuvres.
CHANTAL-DERVEY

La chambre de la jeune Lausannoise (1995) lui sert aussi d’atelier expérimental. Tout à son image: contrastée, en désordre organisé, dans une ambiance câline et rose (jusque sur les touches du clavier de son ordi), moirée de photos d’artistes ami·e·s et des siennes, au cœur d’une coloc, essentielle à sa créativité. Laquelle sort de l’ordinaire, du moins de celui qu’elle a connu à l’ECAL, où elle a obtenu en 2018 son bachelor en photo avec une vidéo qui parlait déjà de sexualité et de corps imbriqués, impliqués, figés, dématérialisés, asexués comme peuvent l’être des avatars! Car c’est bien de cela que parlent ses œuvres.

Elles questionnent l’objectification et l’érotisation du soi: «J’ai envie de montrer des corps, dans leur nudité et en pleine confiance. J’ai besoin d’expérimenter par mon propre corps ou celui de proches. J’y cherche la puissance, et l’excès jusqu’à leur déformation.» La démarche de cette artiste authentique n’est pas des plus simples. Elle serait plutôt à heurter l’esprit des salons bien-pensants puisque son art revisite la pornographie et rend les enveloppes charnelles fascinantes. Après la prise de vue physique et des manipulations numériques, la sexualité devient virtuellement forte et terriblement esthétique.

Irrésistiblement suggestive! Plastique, surréaliste et contemporaine à souhait. On interagit avec une sexualité plutôt douce, voire acidulée quand bien même le background, lui, est parfois un peu plus trash. Son art est une concrétisation de ses pulsions, ses envies, son désir d’être, son besoin d’extérioriser. Difficile de résister à une telle énergie communicative. Où va-t-on la retrouver demain? «Oups! Je vais continuer à travailler avec les espaces mentaux. Je me donne quelques années pour savoir si ce sera à travers la photo classique ou toujours dans un monde fantasmé.» À l’image des pubs d’Oliviero Toscani, une de ses références? L’artiste à suivre donc…

Espace NOUT – Genève, rue Sismondi 6 > jeu 25-di 28 juillet.

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