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Augustin Rebetez orchestre la vie dans «une ode aux fantômes»

Fidèle à sa galerie lausannoise, le Jurassien revient pour sa troisième exposition mais dans une nouvelle profondeur.

"Sans titre", acrylique sur toile (40 x 60 cm)
"Sans titre", acrylique sur toile (40 x 60 cm)
KISSTHEDESIGN

Les murs ont vraiment des yeux, des oreilles. Des états d’âme… aussi. Avec Augustin Rebetez, ce ne sont pas que des images données à voir, mais une atmosphère qui a pris possession de la Galerie Kissthedesign, l’habite et la transporte dans un ailleurs. Entre le masque et la vérité. L’ironie et la fantaisie. La vie et le caprice. Comme si le Jurassien suivait l’homme dans une quête des possibles ou comme s’il libérait des esprits toujours moins redevables à la réalité. Moins serviles. «Ode aux fantômes» dit le titre de cette exposition, sa troisième dans l’espace lausannois, il donne peut-être un indice pour glisser au-delà de la farandole rock and roll qui se joue aux cimaises. Des petits formats, des plus grands. Des tondos, des carrés. Des chocs de séquences et de tonalités mais un même réseau de cohérences ou… l’incroyable force d’une œuvre qui se régénère à sa propre source, infinie.

Il y a de drôles d’êtres aussi élastiques que des plantes vivaces. Des volatiles souvent plus funestes qu’aériens. Et quelques rares objets mais plus pour la forme. En habile alchimiste, l’artiste feint la narration, il fait ce premier pas, mais c’est pour mieux la laisser en suspens et en brouilleur de pistes, il figure en même temps qu’il trame l’histoire d’un trouble permanent. Sur une toile, un barbu fortement connoté, une femme encadrée, leurs énergies et leurs rayonnements s’opposent: faut-il y voir une résonance moderne ou l’expression d’une relation millénaire? Le dessin d’Augustin Rebetez prône la simplicité des choses mais son sens, la complexité.

Grand Prix du Festival Images à Vevey (2013-2014), l’artiste tout support déploie toujours plus, toujours plus loin cet univers mêlant et démêlant l’être et le paraître, la réalité objective et subjective. Après son Musée carton vu à Art Genève comme aux Rencontres d’Arles en 2016 avant d’être vendu en pièces détachées à la Nuit des musées, il s’affirme aussi en peintre dans cette exposition. Une nouvelle dimension où son théâtre d’ombres et d’illusions trouve l’écho à sa profondeur.

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