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«Balthus est là, je le sens»

Bob Wilson crée la différence en lumière et en musique à Plateforme10. L’Américain signe la première exposition d’un musée en construction autour des inachevés du peintre.

Le parcours de «Balthus Unfinished» sinue entre des toiles encore au stade préparatoire avec la mise au carreaux et certaines, parmi ses dernières pièces.
Le parcours de «Balthus Unfinished» sinue entre des toiles encore au stade préparatoire avec la mise au carreaux et certaines, parmi ses dernières pièces.
KEYSTONE

L'obscurité? Profonde, presque hypnotique, elle joue les premiers rôles dans la descente à six ou sept mètres sous terre, là où bat le cœur d’un événement renversant les codes de l’exposition. Là où se joue une œuvre totale en immersion dans l’esprit d’un peintre. Alors… à une poignée d’heures de l’ouverture de «Balthus Unfinished» pour dix jours dans les entrailles d’un bâtiment en chantier, son grand ordonnateur, Bob Wilson, hésite. Inséparable de son bloc A4 et un variateur de lumière dans les yeux, l’Américain vise la certitude. «C’est trop sombre? Et là, pas assez saisissant?» Avec le bagage de vie d’un passionné et le pedigree impressionnant d’un homme de théâtre et plasticien, Bob Wilson est dans les réglages du perfectionniste. Il va. Vient. Et arpente les salles, déjà toutes à leur détonante religiosité, mesure d’une expérience différente. «Celui-ci, je voulais qu’il flotte, comme dans un état de rêve, glisse-t-il devant une huile suspendue, libre. Mais vous êtes sûre qu’il fait assez nuit?»

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