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Le bestiaire de Kokoschka s’offre un galop en toute liberté

Le Musée Jenisch à Vevey suit l’artiste décédé à Villeneuve dans une cavalcade thématique.

Le monde équin de Kokoschka apparaît dans toute son étendue, qu'il soit rural ou élégant comme ici avec "Marrakech- Fantasia" à la craie lithographique sur papier.
Le monde équin de Kokoschka apparaît dans toute son étendue, qu'il soit rural ou élégant comme ici avec "Marrakech- Fantasia" à la craie lithographique sur papier.
Fondation Oskar Kokoschka/JULIEN GREMAUD

Kokoschka (1886-1980) n’a jamais caché son avis d’humaniste lacéré par un contexte en permanence ensanglanté! Peut-être le Viennois, blessé de la Première Guerre mondiale dans sa chair et dans son âme, l’a-t-il parfois voilé et déguisé sous des traits vigoureux, des couleurs vibrantes ou une accumulation de matière virant à l’angoisse.

Mais même si ce Kokoschka-là, cet auteur du «Portrait d’un artiste dégénéré» est très présent dans le fonds déposé par sa veuve au Musée Jenisch (quelque 2300 œuvres, peintures, aquarelles, dessins ainsi que de nombreux objets), c’est une autre facette qui est donnée à voir dans les salles mises à disposition de la Fondation Oskar Kokoschka, à Vevey.

Une facette, certes bestiale, mais qui ne s’interdit pas d’être légère dans un rendez-vous très étonnant avec l’expressionniste décédé à Villeneuve. Le choix de la conservatrice Aglaia Kempf, ciblé sur le bestiaire équin de l’artiste, rafraîchit la mémoire – souvent trop sélective – où trotterait la seule image d’un Kokoschka à la puissance expressive déroutante.

Dans ces chevaux qui paradent, dans ces échines fières qui galopent dans l’arène d’un cirque ou gambadent dans un sous-bois, dans la superbe d’une monture traversant un désert, les déflagrations de couleurs laissent la place à la gestuelle. Leste, sauvage, diffus et surtout incroyablement libre, le trait accompagne dans le mouvement tout ce petit monde équin. Qu’il soit rural, sous les feux de la rampe, mythologique ou héroïque.

Les références sont diffuses, multiples, ce sont celles d’un artiste collectionneur de savoirs qui évoluait et créait dans une ambiance de cabinet de curiosités. Le coquillage anecdotique, la carte postale touristique, la statue antique, des reproductions d’œuvre, de l’art populaire: Kokoschka ne hiérarchise pas, il enrichit sa «bibliothèque». Impossible à reconstituer, c’est son pouls qui bat dans une salle du musée, en plus de sa boîte de couleurs offrant l’impression d’être si près de l’œuvre.

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