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Bex & Arts ou les forces tranquilles de l’énergie

Plus de 20'000 visiteurs sont attendus d’ici octobre pour recharger leurs batteries entre 31 créations.

Avec «Le vent les portera», trois pièces, l'une debout, l'autre effleurant le sol et la troisième en position oblique, le Bellerin Olivier Estoppey joue sur l'énergie de la représentation.
Avec «Le vent les portera», trois pièces, l'une debout, l'autre effleurant le sol et la troisième en position oblique, le Bellerin Olivier Estoppey joue sur l'énergie de la représentation.
Chantal Dervey
Dans le labyrinthe du Soleurois Reto Emch «Beckmann's Room» il est autant question d'énergies destructrices que de reconstruction.
Dans le labyrinthe du Soleurois Reto Emch «Beckmann's Room» il est autant question d'énergies destructrices que de reconstruction.
Chantal Dervey
Un instant entre légèreté et poésie avec «Viento», la foule joyeuse de moulins à vent de la Valaisanne vivant à Winterthur Joëlle Allet.
Un instant entre légèreté et poésie avec «Viento», la foule joyeuse de moulins à vent de la Valaisanne vivant à Winterthur Joëlle Allet.
Chantal Dervey
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Par magie, il y a toujours un esprit en suspension dans le ciel de Bex & Arts. Il a été bouillonnant, introspectif, territorial, pointu jusqu’à en devenir un peu intimidant et faire vaciller l’événement triennal. Alors… l’ombre d’un coup d’arrêt a plané, elle n’a pas vaincu, l’esprit s’est renouvelé et, cette fois, ses particules ont le poids plume de la sérénité.

De la majesté. Du silence. Dans l’immensité du parc Szilassy, pour cette 13e édition de la Triennale de sculpture contemporaine, aucune des 31 pièces ne cherche à s’imposer, à aspirer tous les regards, à cristalliser l’attention, toutes alimentent un même réseau d’énergies plurielles.

Le souffle de Catherine Bolle. Elle sourit! La fusion des connaissances au-delà des barrières disciplinaires, c’est son énergie à elle, de femme, d’artiste, c’est sa conception d’une pratique plasticienne et, ici, de directrice artistique. En lançant 31 invitations dans l’ensemble de la Suisse – avec, pour feuille de route, une liberté totale autour du thème de l’énergie – c’est ce carrefour entre l’art, l’actualité, la science et un indispensable changement qu’elle plébiscitait. Et… il s’est matérialisé, mais en prenant des chemins de traverse! Pas de choc. Pas d’activisme. Seuls des troubles et des émotions.

Créatures en marche

Si l’urgence d’une transition écologique priorise dans l’inconscient collectif une seule définition, en suivant chacun le fil de leur singularité, les artistes de Bex & Arts extériorisent l’amplitude du champ, suggérant sans préméditation l’importance d’un mouvement d’ensemble. D’une procession de créatures solidaires en marche vers un temps à venir que Zaric fait surgir de la terre matrice, d’une nature Sans titre mise à nu par Laurent de Pury, libre d’articuler sa propre matérialité, ou encore d’une verticalité dressée vers l’essentiel par Yves Dana, hiératique et sacrale. «Avec l’énergie pour thème, la tentation de verser dans un truc revendicateur aurait pu exister, appuie la benjamine Eva Theytaz, 28 ans. De mon côté, je n’y ai pas songé une seule seconde, c’est l’énergie de la nature, cette pulsion créatrice et bienfaisante qui m’a appelée.»

Sa forêt de hautes tiges – des cœurs d’épicéa dorés à leur faîte – plantées à intervalles réguliers rythme sur 90 mètres les liens entre ciel et terre tout en sinuant entre le matériel et le spirituel. La nature comme puissance complice, Sans titre dit pourtant la vie, une constance de Bex & Arts 2017 jusque dans les douze terriers de marmottes essaimés par Mirko Baselgia – intervention minimaliste ou l’énergie de la discrétion, d’un certain humour aussi.

L’abstrait pour langage

Elégances, transparences, fluidités, les métaphores énergétiques se diversifient, portées le plus souvent par un langage abstrait – «il faut ce calme», plaide Catherine Bolle, appelée à exposer par la Fondation de Bex & Arts avant d’en assurer la direction artistique – ou alors incarnées par la joyeuse bande de tourniquets de Joëlle Allet comme par l’arche des espérances humaines abandonnées au vent par Pierre Zaline.

Mais, sur les 7,4 hectares du parc de Szilassy, il n’y a pas de facilités de discours. Et pas davantage d’aveuglements: l’énergie peut détruire avant d’être celle de la reconstruction entre les équilibres précaires du labyrinthe de Reto Emch. Avec Olivier Estoppey et sa trinité Le vent les portera, elle peut aussi être pure poésie, ce sublime interstice entre plusieurs états d’âme. «J’ai cherché l’énergie de la représentation, celle d’un travail personnel creusant un sillon vers le public. Depuis ses débuts, Bex & Arts, c’est l’endroit d’une rencontre avec lui.»

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