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«Pour continuer à surprendre, Images Vevey doit prendre des risques»

La sixième édition de la Biennale des arts visuels, qui proposait une soixantaine de projets, s’est achevée dimanche sur un succès.

L’édition 2018 qui s’est achevée dimanche, dévoilait 61 propositions entre Vevey et La Tour-de-Peilz.
L’édition 2018 qui s’est achevée dimanche, dévoilait 61 propositions entre Vevey et La Tour-de-Peilz.
JOANA ABRIEL

Garé depuis trois semaines sur le bas de la place du Marché, à Vevey, le «CAR-am-bar» est à vendre… au plus offrant. Et sans doute à qui bénéficie d’un espace pour stationner l’immense Meccano de bois, copie de la plus grande limousine du monde, qui a servi de bar au Festival Images 2018.

La biennale des arts visuels, 6e édition, c’est donc fini! Des images vont s’effacer, comme celle de l’occupation intrusive de ce drôle de véhicule. D’autres, imprimées sur les bâches monumentales, serviront à façonner la désormais emblématique collection de sacs, cabas et porte-monnaie du festival.

Et d’autres encore, saisissantes, viendront s’ajouter à une collection, cette fois mémorielle. À commencer par le policier comme jamais on ne l’aurait imaginé d’Arnold Odermatt; il rejoindra les sensations vécues sur les 500 m2 de la façade de la BCV, notamment avec Cindy Sherman. Il y a aussi l’extatique «Reine du Carnaval de Tenerife» qui, même décolorée par Cyril Porchet, s’ajoutera aux enivrements imprimés sur la façade de l’ancienne prison, dont ceux de Renate Buser. Alors que la «Narrow House» d’Erwin Wurm restera, comme tant d’expériences singulières devenues la signature des expositions de la Salle del Castillo.

En plus d’offrir un bain d’images, le festival en fabrique. Chacune de ses éditions ajoutant à la mémoire d’un lieu, maintenant en vie ceux qui ont disparu (l’ex-EPA), permettant d’en découvrir d’autres, momentanément inoccupés. Cette année… les appartements de la gare CFF ou la droguerie désaffectée, littéralement hantée par les univers d’Augustin Rebetez et de Lorenzo Castore. Des images à voir, à vivre, à se faire, sur trois semaines, c’est peu dire que le public a suivi. Et le directeur du festival, Stefano Stoll, ne se fait pas prier pour le dire, précédant même la question à quelques heures de la clôture. «Nous sommes pris dans un tsunami de gens heureux. Alors que, de notre côté, nous le sommes aussi. Fiers d’arriver à intéresser un public très large par la qualité de nos projets comme les spécialistes qui font le déplacement, sachant que des choses uniques et inspirantes se passent à Vevey. Chaque pièce étant pensée et réfléchie pour le lieu où elle est montrée.»

En chiffres – les décomptes plus précis sont encore à faire –, la direction du festival estime à 2,5 millions de francs les retombées pour l’économie locale, sans compter les nuitées. «Nous avons des comptages dans chaque lieu d’exposition intérieur, ce qui nous permet de savoir que, pour le seul lundi du Jeûne, plus de 3000 personnes ont visité la chambre de l’Hôtel des Trois Couronnes et que, sur l’ensemble de la manifestation, la Salle del Castillo a vu défiler entre 45 000 et 50 000 visiteurs uniques. Si l’on prend le total cumulé des entrées dans les espaces intérieurs, on arrive à 165 000 visites», se réjouit Stefano Stoll.

Entre émotion et leçon de choses

Pour avoir la preuve de cette diversité, il n’y avait qu’à se faufiler, samedi encore, entre les visiteurs de la dernière minute. Le pas pressé pour en voir le plus possible, la curiosité au bout du nez, l’indispensable programme entre les mains. Hôte – et même mise en abyme – des selfies vertigineux de Jun Ahn, l’Hôtel des Trois Couronnes tenait presque du hall de gare à l’heure de pointe, alors que dans le musée voisin de la Confrérie des Vignerons, les «Nuisibles» rendus à l’extravagance – le thème 2018 – de leurs détails par Elisa Ribeiro attiraient comme le miel les mouches.

Il y avait foule même un peu à l’écart, dans les jardins du Panorama, là où l’identité se vole ou se copie, là où Pachi Santiago, en se glissant dans les traits de Claudia Schiffer, servait de leçon de choses à une maman pour sa fille. «On l’a vu cette année encore: en plus des 5000 élèves qui ont bénéficié d’une visite, les jeunes sont très présents, et parfois, se félicite le directeur, ce sont eux qui entraînent leurs parents. À l’heure où le monde ne tourne bientôt plus qu’avec des images, le festival sert aussi à leur apprendre à les décoder.»

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