Passer au contenu principal

Le «croco» de Plateforme 10 cache aussi un trésor

La sculpture placée devant le MCBA a l'apparence d'une oeuvre numérique. Vert sapin et intrigante.

L’œuvre a été choisie par un jury formé de directeurs de musée ainsi que d’autres historiens de l’art et artistes.
L’œuvre a été choisie par un jury formé de directeurs de musée ainsi que d’autres historiens de l’art et artistes.
Odile Meylan

Un énorme drap blanc recouvrait la bête mardi matin: «Crocodile», de l’artiste suisse Olivier Mosset et du Français Xavier Veilhan, dort, tel un monstre assommé, encore enseveli à quelques mètres du MCBA.

----------

A lire:Le MCBA montre enfin ce qu’il a dans le coffre

----------

Avant que l’œuvre soit découverte, une grue dépose tout près, depuis les airs, une plaque circulaire en béton. C’est une partie du mobilier urbain du nouveau site Plateforme 10, également verni ce mardi et servant pour l’heure de socle aux discours des politiques. En forme de soucoupe, l’installation s’appelle «Circulator» et est déplaçable à l’envi. Comme une aire de repos mobile pour pique-niques, siestes ou discussions postmuséales. Une douzaine a été fabriquée sur place, à partir du sol. Gardant toutes ses traces et aspérités.

Des proportions identiques à l'originale

Puis, le moment venu, les officiels ont du mal à enlever le tissu de «Crocodile», qui finit par glisser rapidement, comme par magie. On applaudit. L’œuvre d’art, dont la forme s’inspire de la très ancienne locomotive suisse du même nom, pèse 6,8 tonnes et mesure 17 mètres de long, 2,5 mètres de large et 3,3 mètres de haut. Vert sapin, ses proportions sont identiques à l’originale. Mais ses lignes, contrairement à l’ancienne mécanique, sont très abstraites, comme sorties d’un programme informatique.

----------

A lire:Avec six artistes présents dans l'exposition du MCBA

----------

«Crocodile» représente un élément de l’imaginaire collectif suisse, explique Xavier Veilhan. Pour que cette projection mentale passe dans la réalité, il a fallu faire preuve de rigueur. On se trouve aussi devant un musée qui porte une tradition minimaliste. Et on a voulu concevoir un objet à mi-chemin entre le monde des beaux-arts et celui de la technologie.» D’accord.

«Tout part d’un rêve»

Et son collègue Olivier Mosset d’ajouter: «Tout part d’un rêve. J’ai rêvé de crocodiles, avant d’avoir l’idée de cette locomotive mythique.» Que se passe-t-il au loin? Une poignée de personnes se rassemble derrière la structure, bien à l’écart des regards, et traverse une petite porte pour pénétrer dedans. «Vous pouvez entrer, dit quelqu’un. Mais cette partie ne sera plus accessible au public. C’est seulement pour le nettoyage.» Dommage.

Mais quel bonheur de découvrir un secret! À l’intérieur, une charpente fait penser à la coque d’un bateau renversé et échoué sur les côtes. Une lumière traversante découpe les volumes. C’est beau et magique. Tout le monde reste silencieux. Aucun discours n’est ici nécessaire.

----------

Visite guidée du MCBA avec son architecte, Fabrizio Barozzi

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.