Daniel Frank orchestre les «peut-être» de l’existence

ExpositionLe peintre lausannois expose ses «banalités sacrées» à la Galerie Zwahlen à Orbe.

«Les banalités sacrées», puisent leurs indices dans les travaux précédents de l'artiste et s’ajoutent désormais à ses autres séries.

«Les banalités sacrées», puisent leurs indices dans les travaux précédents de l'artiste et s’ajoutent désormais à ses autres séries. Image: DR

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Peut-être que ces créatures – des femmes, des mères, des filles – n’ont pas pied dans notre réalité. Peut-être ont-elles passé de l’autre côté du miroir, dans l’immuable, dans l’intouchable, comme pétrifiées dans leur propre histoire. Mais peut-être que ces figures surgissant d’une lointaine tranquillité, à la fois individualisées et universelles, pénètrent notre espace. Dans ses «Banalités sacrées» exposées à la Galerie Zwahlen à Orbe, Daniel Frank entretient le doute, il le met en scène. Il le peint aussi.

Parce que c’est en peintre que le Lausannois traite de l’existence et lui donne cette dimension oscillant entre un peut-être et un autre, donc autant de possibles. Un peintre qui figure, mais qui abstrait l’essence de la vie, les deux dimensions se mêlant à la surface de ses toiles. Alors… peut-être connaît-on tous la femme du triptyque allaitant son gosse ou cette autre qui avance vers nous dans la rue, souriant de ses propres pensées!

Réalisme flamand

Il y a encore ces portraits serrés ou ces autres mères surprises dans un moment d’échange avec leur enfant, comme sorties d’un album de photos de famille. Les chairs vibrent, les regards flottent quand ils ne se détournent pas, ce sont donc les couleurs violaçant un parc, bleuissant l’atmosphère d’une rue ou verdissant un mur de pierre qui figent les choses, pendant que les perspectives, zoomées, créent l’étrangeté. Dans la peinture de Daniel Frank comme dans celle des Flamands du XVe siècle, les strates matérielles comme sensorielles s’additionnent pour conjuguer une infinie tendresse à une inquiétante indifférence. Mais sans jamais décrire et encore moins raconter: tout reste en suspens, comme autant de «peut-être».

Le cinéma, la peinture? À ses débuts, l’artiste a hésité. Descendu de Zurich, il a suivi un cursus «écalien» pour ne pas avoir à choisir. Aujourd’hui, le quinquagénaire peint, il cadre, illumine ou obscurcit, joue des apparences comme des transparences, en voyageur pris dans le tourbillon d’une recherche permanente. La montagne, les gens, la nature, Daniel Frank va et vient – l’accrochage le suit – on l’a compris, il aime brouiller les pistes.

Créé: 19.05.2019, 09h24

L'expo

Orbe, Galerie Zwahlen

Jusqu’au 30 juin,

du jeudi au dimanche (14h-18h).

www.galerie-zwahlen.ch

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