Le dessin de presse affirme son genre

ExpositionÀ Morges, Bénédicte, Caro et Coco exposent leurs dessins parus dans «Vigousse». Leurs crayons sont acérés, leur contenu ose la provocation.

La sécheresse vue par Bénédicte.

La sécheresse vue par Bénédicte.

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La nouvelle exposition de la Maison du dessin de presse, à Morges, est inaugurée aujourd’hui et ce n’est pas un hasard. Stéphanie Billeter, sa commissaire, arrivée à Morges il y a une année, voulait mettre son genre à l’honneur dès cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. «C’est une idée que j’avais depuis très longtemps. J’adore le dessin de presse et j’ai toujours défendu la cause des femmes. Donc mettre sur pied une exposition avec des artistes d’ici était logique.»

Mais, s’il y a beaucoup d’illustratrices dans la région, qu’on appelle souvent pour des sujets de société, si les bédéistes femmes se font plus nombreuses, les dessinatrices de presse romande se comptent encore comme les mains: par deux. Stéphanie Billeter a dû annexer Annemasse pour ajouter Coco à ses cimaises, où elle retrouve Bénédicte et Caro, soit les trois plumes féminines du magazine satirique Vigousse.

«Prendre leur travail dans Vigousse était intéressant parce que c’est là qu’elles se lâchent le plus. Les dessins de Bénédicte, par exemple, sont très différents de ceux qu’elle propose dans 24 heures. Ils sont plus engagés, plus osés.» Thierry Barrigue, le fondateur du magazine, ou Mix & Remix ont beaucoup fait pour donner confiance aux dessinatrices, avance l’administratrice de la Maison du dessin de presse. Qui n’aime pas qu’on lui demande s’il y a un style féminin.

«Coco me disait que beaucoup de ses lecteurs croyaient que c’était un homme à la plume, vu le côté cru des dessins.» L’Annemassienne, connue aussi à Charlie Hebdo ou aux Inrockuptibles, a débuté dans l’hebdo romand. «Son truc à elle, c’est la férocité», affirme Stéphane Babey, le nouveau rédacteur en chef. Cette fan des Idées noires de Franquin ne recule en effet devant rien pour faire passer ses messages.

Caro, la Biennoise, a débuté dans son quotidien local dès 1994, où elle pose son trait rond et plus rond, dans une fausse candeur qui lui permet de glisser ses provocations. «C’est amusant de voir le résultat de ces presque dix ans de collaboration, estime Stéphanie Billeter. Chacune a pris de l’assurance, a perdu sa timidité de départ. Caro, par exemple, avait de la peine à faire la une. Ça a bien changé.»

Et, conclut-elle, «le fait qu’elles soient des femmes leur donne presque plus de liberté, elles n’hésitent pas à faire des dessins percutants ou plus coquins là où certains hommes se mettraient un frein».

Morges, Maison du dessin de presse

Jusqu’au 20 mai (me, je, ve et di 14 h-18 h, sa 10 h-18 h)

www.mddp.ch

(24 heures)

Créé: 08.03.2018, 10h52

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