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Fidèle des Biennales de tapisserie, Magdalena Abakanowicz n’est plus

Pionnière de l’art textile et figure de la sculpture contemporaine, la Polonaise laisse nombre d’œuvres à Lausanne où elle avait ses habitudes.

L’Abakan rouge exposé ici en 1969 à Lausanne est désormais dans les collections de la Tate Gallery à Londres.
L’Abakan rouge exposé ici en 1969 à Lausanne est désormais dans les collections de la Tate Gallery à Londres.
FONDATION TOMS PAULI

Quand Magdalena Abakanowicz se confiait mi-mutine, mi-sérieuse dans la Gazette de Lausanne du 21 juillet 1962: «Je cuisine d’une main, je tisse de l’autre», c’est aussi une vérité que la Polonaise livrait… Quand plus de septante musées dans le monde pleurent une figure majeure de la sculpture contemporaine décédée vendredi à l’âge de 86 ans, c’est aussi une vérité. «Une carrière internationale qui a éclos à Lausanne dès sa participation à la première Biennale de tapisserie en 1962, où elle tend déjà vers l’abstrait, souligne Magali Junet, conservatrice adjointe de la Fondation Toms Pauli. Mais c’est vraiment lors de l’édition de 1969 qu’elle crée la sensation. A la recherche de la sculpture souple et dans une volonté d’affranchir la tapisserie de son support, elle suspend une immense pièce rouge de 3 mètres cubes – un abakan – dans l’espace. Le monde entier en a parlé et… y pense encore.» Et notamment dans les allées de la Tate Gallery à Londres qui l’a fait entrer dans ses collections en 2009.

Magdalena Abakanowicz créait alors derrière le rideau de fer, c’est là que Pierre Pauli – fondateur des Biennales avec Jean Lurçat – avait rencontré l’artiste, mais c’est un jury national polonais qui l’avait sélectionnée pour l’événement lausannois.

Matériaux inédits

Tirant parti de matériaux inédits comme le sisal ou le crin, flirtant déjà avec la sculpture Magdalena Abakanowicz a suivi l’aventure des Biennales de tapisserie avec une rare fidélité, participant à dix des seize éditions en même temps qu’elle exposait à la Galerie Alice Pauli. «Ce qui fait que son œuvre est très présente dans les collections alors que de notre côté à la Fondation grâce aux couples de collectionneurs Pauli et Magnenat, nous possédons une cinquantaine de pièces – tapisseries et dessins –, soit l’une des collections institutionnelles les plus importante au monde.»

Lancée dans une quête du «mystère organique» après des études très classiques à l’Académie des beaux-arts de Varsovie, Magdalena Abakanowicz a créé dans le souci de la matière, cherchant toujours à aller au bout de ses possibles. Mais elle a aussi œuvré en humaniste questionnant le thème de la foule susceptible d’engloutir les individus comme de les élever. Elle aimait aussi faire circuler les gens entre ses œuvres.

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