Ça frétille à l’Espace Romandie

Bande dessinéeMenu fin pour cette 13e édition de BDFIL: Anna Sommer, Steinlen et plein d’autres chats, Zep, Mix, Herr Seele, «Drozophile»…

Rouge et noir: l’exposition consacrée à Steinlen résonne de ses deux couleurs, une manière de saluer son anarchisme. 
FLORIAN CELLA

Rouge et noir: l’exposition consacrée à Steinlen résonne de ses deux couleurs, une manière de saluer son anarchisme. FLORIAN CELLA

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Il date de 1963 et n’aspire plus les foules que pour BDFIL. L’ancien Cinéma Romandie (sur la Riponne) retrouve alors le sourire. Ses murs explosent de couleurs, ses recoins bruissent d’art. Dans l’escalier, cette année, c’est Drozophile qui ouvre le bal. Ce curieux animal sérigraphié fête ses 20 ans. Et pour produire tant de rares beautés, il faut un atelier (trentenaire lui), celui de Christian Humbert-Droz. A côté de la revue genevoise, les affiches et les tirages somptueux où Exem, Poussin et Aloys se mélangent à Tardi, Will Eisner ou Moebius. Sa vision futuriste de Paris a nécessité 44 passages en machine. Christian Humbert-Droz ne lésine jamais sur la réussite.

Zep et son 15e Titeuf ( A fond le slip! ) se croquent en parallèle au Drozo, sur une petite plate-forme suspendue… au fameux platane de la cour de récré. Belles, les planches en noir et blanc! La microrétrospective en englobe une de 1992 échappée de Dieu, le sexe et les bretelles (premier album de la série). Plus bas, avant d’entrer chez Anna Sommer, un espace cinématographique nous rend les mains de Mix & Remix. Oui, il dessine grand format lors d’un duel face à Blutch filmé en 2015. Même les vieux murs du Romandie murmurent d’émotion.

On retrouve un portrait de Mix dans les papiers découpés d’Anna Sommer. Sa rétrospective sous forme de grands livres ouverts débute par la gravure. Devant les originaux à la plume de Remue-Ménage, l’artiste lâche: «C’est intéressant de les voir vingt ans plus tard et de constater la mauvaise qualité du papier, en fait celui des photocopieuses. Aujourd’hui, j’éprouve beaucoup de plaisir à dessiner sur de bons papiers.» Ne ratez pas les trois poupées, Anna n’en fabrique plus! Et jetez un œil sur ses premiers travaux au cutter qui remontent à 1993. Noir et blanc, très inspirés par l’œuvre de J. Borges, maître xylographe brésilien, et très bruts en regard de ceux des Grandes filles.

A l’emplacement des gradins de l’ancien cinéma, dans une ambiance de théâtre d’ombres, se découvrent les 51 hommages, félins en diable, que les bédéastes d’aujourd’hui et de partout ont adressé à Théophile-Alexandre Steinlen. On sait l’amour des chats de ce Lausannois attaché au fameux cabaret parisien du Chat Noir. Dominique Radrizzani, directeur artistique de BDFIL, se trémousse devant les deux planches originales «Le chat, l’enfant et la tartine» et «Comment l’amour vient aux chats», les deux de 1884: «J’adore!» Il confesse que Steinlen est dans son cœur depuis longtemps et fait remarquer qu’un autre original porte un texte autographié d’Aristide Bruant. Tout ça alors que le cinéma s’apprêtait à pointer le bout de son nez.

Le passé tient une place au chaud dans l’œuvre peint de Herr Seele. Ses acryliques dérident les classiques de l’art. Père, avec son compère Kamagurka, du personnage loufoque de Cowboy Henk, une sorte d’antihéros à la logique déroutante et portant une mèche aussi jaune que celle de Titeuf, ce Flamand possède la technique des maîtres d’autrefois et la provocante dérision de l’après-dada. Parmi ses multiples facettes, l’expo montre les dessins d’actu (très arty) qui paraissent dans le journal Humo, comme les autoportraits auxquels ce dandy s’astreint tous les jours.

Devant un gros morceau d’emmental, Cowboy Henk se plaint du courant d’air et demande s’il n’est pas possible de «fermer» le fromage. Cet humour a fait réagir Umberto Eco: «Cowboy Henk, ce n’est pas toujours bien, mais quand c’est bien, alors c’est vraiment bien!»

Plus bas, au milieu du royaume des enfants entièrement redéployé par Anouk Ricard, on retrouve Drozophile et les bacchantes du maître qui initie les petits à la sérigraphie. En sortant, c’est le strip géant de Herr Seele qui nous hèle. On en parlera demain.

Lausanne, divers lieux Jusqu’au lu 18 septembre www.bdfil.ch

Créé: 14.09.2017, 19h42

Sept occasions à saisir

Les nouveaux talents s’exposent au Théâtre Boulimie. Sur 245 planches reçues de 32 pays, le 1er Prix va à la Vaudoise Laurence Pernet.
La microédition occupe le Forum de l’Hôtel de Ville pour la première fois et dans une nouvelle ampleur. On parle même de festival à l’intérieur du festival.
«Drozophile No 9», le dernier numéro de cette revue hors pair et décidément pas comme les autres se fera en deux tomes. Le premier sortira samedi 16 septembre à 15 heures au Bar Tentacule du festival sur la place de la Riponne.
Quatre duels graphiques auront lieu à l’Aula du Palais de Rumine. Herr Seele affrontera Zep le vendredi entre 16 h 30 et 17 h 30. Jean-Claude Menu croisera la plume avec Anna Sommer le samedi entre 18 h et 19 h. Florence Dupré la Tour se mesurera à Morgan Navarro dimanche entre 16 h et 17 h. Et Yannis La Macchia sera face à Frederik Peeters le même jour entre 18 h 30 et 19 h 30.
Steinlen toujours, la Galerie Univers (rue Centrale 5) sort de sa collection quelques perles (aquarelles, dessins originaux, lithographies et gravures
de presse en couleurs) du maître lausannois.
La Sonnette (place de la Cathédrale 5A) expose des travaux de Patrice Killoffer et de Denis Kormann et des sérigraphies autour de la peur du collectif Aristide.
Cosey s’expose, lui, à la Galerie Catherine Niederhauser du 14 septembre au 21 octobre. Le 14 octobre, il y dédicacera Calypso,
en noir blanc chez Futuropolis.

Christian Humbert-Droz, maître du «Drozophile», croqué par Exem.

Autoportrait à 40 ans d’Anna Sommer en papiers découpés.

Un visage dans la silhouette du Cowboy Henk de Herr Seele.

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